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Photo du Jeudi: Molson Stadium.

 Aucun Commentaire | Article écrit le 20/08/15 par Martin
Stade Mémorial Percival-Molson,  Gravure de 1913.

Stade Mémorial Percival-Molson, Gravure de 1913.

Il est impossible aujourd’hui de voir un amphithéâtre sans commanditaire. À Montréal, on a des exemples sur toutes les rues et ce n’est pas que pour le sport. C’est le Théâtre Corona Virgin Mobile, le théâtre Telus, ou L’Astral. Les droits de nomenclature aident dans le financement de ces endroits et franchement, ça passe souvent presque inaperçu. Vous rappelez-vous la dernière fois que vous avez parlé de l’esplanade SunLife ?

EN 2002, Bell Canada achète les droits de nom de l’aréna des Canadiens de Montréal pour un coût ridiculement bas de 100 millions de dollars pour 20 ans, une aubaine. Québécor paiera environ 63$ millions pour les droits sur le nouvel amphithéâtre de Québec si la vieille capitale réussit à accueillir un club de la LNH. Encore moins cher qu’à Montréal. Alors qui en sort gagnant ? Molson!

Il y a une exception à la règle, le Stade Mémorial Percival-Molson de l’université McGill. Le centre sportif de l’université n’est pas financé par la brasserie de la Rue Notre-Dame, il est nommé en honneur d’un des plus grands sportifs de toute l’histoire de Montréal, l’arrière-arrière-arrière-arrière-petit-fils de John Molson, Percival Molson. (1880-1917)

Percival Molson, 1898. Photo collection du Musée McCord.

Percival Molson, 1898. Photo collection du Musée McCord.

Pour vous donner une petite idée en 1897, à 16 ans seulement, Percy gagne la Coupe Stanley avec les Victorias de Montréal. Durant son séjour à l’Université McGill, il est membre de l’équipe de football, d’athlétisme, de soccer et de tennis. Après son diplôme en 1903, il bat le record du monde de saut en longueur. En 1904, il arrive 7e aux 400 mètres des Olympiques d’été de St-Louis, et ce pendant qu’il continue sa carrière de joueur de football, capitaine du Montreal Amateur Athletic Association Football Club. Bon joueur et fier compétiteur Molson est reconnue comme l’incarnation du « fair-play » gagnant le titre du sportif par excellence de l’université à trois reprises.

En 1911, il mène une campagne pour doter l’université d’un stade et d’installations sportives de classe mondiale. La Première Guerre mondiale vient contrer ses plans. Nous sommes en 1915 et Molson forme avec d’anciens diplômés de McGill un groupe d’infanterie de renfort à la « Princess Patricias Canadian Light Infantry ». Le 2 juin 1916 durant la Bataille de Mount Sorrel, les « Patricias » occupent le Hill 62 de Sanctuary Wood. L’infanterie fut pratiquement anéantie, mais Percival survécut de peine et de misère. Selon ses supérieurs, malgré ses blessures Percival a mené une résistance désespérée et couronnée de succès aux attaques allemandes », il reprend le combat en juillet 1917 pour décéder d’un coup direct de mortier pendant la bagarre D’Avion dans la région du Pas-de-Calais le 5 juillet 1917 à l’âge de 36 ans.

Capitaine Percival Molson

Capitaine Percival Molson

Il lègue 75 000$ à l’université pour l’achèvement du stade d’athlétisme. Environ 12 000 000$ en dollars de 2015 selon le calculateur de la Banque du Canada. Le stade en chantier depuis 1914, inauguré en 1915 sera renommé quelques années plus tard en honneur de l’athlète qui a fait la fierté de l’université McGill. Le stade a depuis été l’hôte des olympiques, de la visite de la reine et d’une multitude de sports, de Coupes Grey, de coupes Dunsmore et de Coupes Vanier.

En dommages collatéraux, grâce aux prouesses d’un des leurs, la Brasserie Molson aura son nom associé à un stade universitaire par tous ceux et celles qui n’ont aucune idée que le nom entier de l’immeuble hôte des Redmens et des Alouettes est le Stade Mémorial Percival-Molson en honneur d’un Montréalais et non acheté par le brasseur comme Bell ou Québécor peuvent avoir fait de nos jours.

Photo. Banq.qc.ca

Photo. Banq.qc.ca

Le Stade suite à l'agrandissement.

Le Stade suite à l’agrandissement.


Rencontre PM: François Cardinal

 Aucun Commentaire | Article écrit le 17/08/15 par Martin
François Cardinal

Il y a quelques jours, j’ai eu le privilège de m’asseoir au Tommy Café de la rue Notre-Dame Ouest avec le journaliste François Cardinal pour parler de cette belle ville qui nous entoure. Un blogueur, en l’occurrence moi, face à ce journaliste de La Presse, qui incarne la référence des débats montréalais. Auteur, journaliste, chroniqueur, père de famille, écologiste et… Lambertois. Comme quoi même François Cardinal ne peut être parfait. Blague à part, j’ai eu l’honneur d’échanger question et réponses avec lui, et du coup, j’ai beaucoup appris sur ce journaliste, ce qui va me rendre la lecture de ses chroniques encore plus intéressantes. En voici le résultat.

Propos Montréal: Qui est François Cardinal? La personne, pas le chroniqueur?
François Cardinal: Tout d’abord, je suis le père d’un petit garçon de 11 ans et beau-père de deux belles filles, mes belles-filles. Ma première allégeance est donc familiale, après vient le chroniqueur, le journaliste qui couvre Montréal. J’aime dire que je suis un « grand-Montréalais », avec un petit « g » et un trait d’union. Je m’intéresse à Montréal la ville, l’île, mais aussi la région. C’est quelque chose qui manque à certains observateurs urbains, une vision qui sort des quartiers centraux. Je n’habite pas Montréal, personnellement, j’ai donc une vision « grand Montréal » par la force des choses. Je suis presque toujours à Montréal, je travaille en ville, mais à la fin de la journée, je traverse un pont.

PM: Le métier de journaliste, une erreur ou un choix ?
FC: À la sortie de l’université, j’hésitais entre garde forestier et journaliste… D’une certaine façon, les deux se sont rejoints : je suis devenu journaliste en environnement pendant plusieurs années. Le journalisme est donc clairement un choix.

PM: Mais pourquoi journaliste municipal ?
FC: De manière circonstancielle, au départ, quand je travaillais au Devoir il y a une quinzaine d’années. Kathleen Lévesque a quitté pour un congé de maternité. On m’a alors demandé de la remplacer et c’est à ce moment que je me suis intéressé à la scène municipale. Un secteur qui m’a toujours intéressé par la suite, même quand j’écrivais sur l’environnement. L’écologie urbaine comptait pour beaucoup, le transport en commun, le vélo, l’agriculture urbaine, etc. Le municipal a ainsi toujours été un sujet dominant dans ma carrière, je dirais même une passion.

PM: Auteur de trois livres, « Le mythe du Québec vert » par l’écologiste, « Perdus sans la nature » par le père de famille et « Rêver Montréal » par le journaliste urbain. Pourquoi des sujets aussi différents ?
FC: Si je ponds un quatrième livre, je vais probablement mettre une quatrième facette de ma personnalité de l’avant… (rire) Un livre, c’est un marathon, il faut avoir du souffle, il faut que le sujet te passionne et que tu aies le goût de passer beaucoup de temps avec lui. Je suis content, cela dit, que quelqu’un remarque que mes trois thèmes chéris sont dans ces trois livres!

livres-francois-cardinal

PM: Plus ou moins 15 ans à couvrir la ville de Montréal : qu’est-ce qui a le plus changé pendant cette période ?
FC: La ville était plus petite avant 2000, plus facile à couvrir pour un journaliste. On avait beaucoup plus accès aux documents qu’aujourd’hui. Depuis les fusions, les défusions, la décentralisation qui a suivi, la ville a grandi et elle a énormément changé. En bien et en mal. On s’occupe beaucoup des quartiers centraux, particulièrement du Plateau, mais il se passe tellement d’autres choses ailleurs, dans les arrondissements excentrés, dans l’agglomération, dans les proches banlieues. Longueuil et Laval sont devenues considérables. D’où l’importance de garder une vision régionale, plus encore qu’il y a 15 ou 20 ans.

PM: Les changements dans les médias, l’avènement des médias sociaux, la proximité des lecteurs rendent-ils le travail journalistique plus difficile ?
FC: C’est plus difficile, oui, mais en même temps, on est plus connectés au lectorat que jamais. Il y a quinze ans, quand j’écrivais un texte, je pouvais recevoir deux messages dans ma boîte vocale et trois lettres au cours des semaines suivantes. Aujourd’hui, je fais une chronique et si moindrement elle fait réagir, je peux recevoir plus de 200 courriels. Ça rend la tâche plus compliquée parce que j’aimerais répondre à tous ces gens-là. Mais si je le faisais, j’écrirais un texte par mois. Surtout quand on ajoute Twitter et Facebook. Il y a donc une difficulté à gérer tout ça. Mais l’avantage, c’est tu vois tout de suite quand tu touches une corde sensible.

PM: T’es-tu déjà retrouvé dans le club des mal-cités ?
FC: Voilà quelques semaines j’écrivais un article critique sur un des projets du maire Coderre. Des lecteurs m’ont écrit pour me dire que « mon jupon dépassait », que ça paraissait que je n’aimais pas le maire. Or quelques jours avant, je l’appuyais dans son projet de réaménagement de l’Agora du Square Viger. Et Dieu sait qu’il n’a pas beaucoup d’amis dans ce projet! Mais c’est un classique : on lit ce qu’on veut bien lire dans les chroniques, ce qui fait des chroniqueurs d’éternels mal-cités.

PM: Es-tu tanné qu’on ramène constamment l’état des rues, comme s’il s’agissait du seul enjeu d’importance à Montréal?
FC: Oui. Il suffit que Denis Coderre parle du retour des Expos sur Twitter pour lire 108 commentaires du genre : «peut-on s’occuper des nids-de-poule avant !» C’est bien mal comprendre la ville et le travail d’un maire. Comme Denis Coderre le dit lui-même, il est capable de marcher et mâcher de la gomme en même temps. Il peut être sur Twitter, parler des Expos en conférence de presse, mais aussi piloter la réfection de la rue Ste-Catherine, élaborer une politique du stationnement et travailler en coulisse pour ramener le Vieux-Port dans le giron de la Ville. Si on fait une chose ou mille, ça ne veut pas dire qu’on ne s’occupe pas des nids-de-poule en même temps!

PM: Alors quelle est ton opinion de Denis Coderre depuis son arrivée en poste ?
FC: Contrairement à ce que certains peuvent penser, mon opinion du maire Coderre est très positive quand on prend du recul, qu’on regarde le travail accompli en général. Chose qu’on fait rarement comme chroniqueur, d’ailleurs. On prend habituellement les sujets par le petit bout de la lorgnette, c’est-à-dire dossier après dossier. On s’attarde aux thèmes lorsqu’un grain de sable enraye l’engrenage. Donc par accumulation, forcément, on donne l’impression d’avoir une opinion négative du travail du maire.

Je n’étais pas un fan de la première heure. Mais en regardant ce qu’il a fait depuis son élection, je dois avouer qu’il a fait jusqu’ici un très bon travail. D’abord et avant tout, il a ramené un certain dynamisme à l’hôtel de ville, ce qui manquait cruellement pendant les trois mandats de Gérald Tremblay. Il a ramené de la fierté à Montréal, aussi, en représentant de belle manière la ville à l’étranger, en organisation des événements comme la rencontre « vivre ensemble », en rencontrant le commissaire du baseball, etc. Quand il dit que « Montreal is back », il a raison.

PM: Vois-tu des similitudes entre les maires Coderre et Drapeau, dans leur centralisme par exemple?
FC: Oui il y a des similitudes. On voit du Camillien Houde en Coderre, mais on y voit aussi du Jean Drapeau. Tu as raison, c’est un centralisateur, tout comme l’était Drapeau. Les deux n’avaient pas une vision pour la ville, ils ont choisi Montréal par la force des choses. Après s’être dit qu’il n’irait pas au provincial, Drapeau a finalement choisi le municipal sans avoir nécessairement une vision ou des idées propres pour le développement de la ville. Également, Coderre est un bon porteur de ballon, comme l’était Drapeau. Il faut se rappeler, d’ailleurs, que le métro n’était pas son idée. C’était celle de Saulnier (Laurent), qu’il a poussé avec succès. Et la première personne à avoir déposé la candidature de Montréal pour les Olympiques, ce n’était pas Drapeau non plus, c’était Camillien Houde.

PM: Et son côté Camillien Houde, justement ?
FC: Coderre possède beaucoup de Houde dans sa proximité. Je trouve que c’est une force de Denis Coderre, c’est ce que tu t’attends d’un maire, c’est-à-dire, être proche des gens, partager les préoccupations des résidents, mais aussi avoir des idées plus larges qui dépassent le simple enjeu quotidien. Je trouve qu’il est à cheval entre Houde et Drapeau. Drapeau travaillait de son bureau et on a beau rire de Denis Coderre parce qu’il est sur Twitter, mais en même temps, c’est une façon d’être lui aussi sur le terrain.

PM: Quelle est l’opinion de François Cardinal sur Montréal, la ville, l’île, l’agglomération ?
FC: Plutôt positive. On part de loin, rappelons-le. Je pense à d’anciennes administrations de Montréal, mais aussi à Longueuil ou à l’administration Vaillancourt à Laval. On en a fait du chemin en très peu de temps et nous sommes sur une lancée positive. Maintenant, il faut réussir à convaincre les Montréalais et les résidents de la région que les villes sont plus que l’addition de leurs problèmes. Il y a des éléments qui fonctionnent bien et si on s’arrête pour demander aux touristes autour de nous dans le vieux Montréal, on a de très bonnes chances d’avoir plus de réponses positives que négatives sur leur appréciation de la ville dans son ensemble. Montréal a beaucoup d’éléments qui peuvent rendre les résidents fiers, il suffit de voyager un peu pour relativiser l’opinion que nous avons de la ville.

PM: Montréal fait-il bien de se comparer à des villes comme Toronto ou New York ?
FC: On s’est fait dépasser voilà une cinquantaine d’années par Toronto et à cause de ça, on a développé un traumatisme duquel on arrive plus à se sortir. On était la plus grosse ville, on ne l’est plus et on pense qu’on a ainsi perdu notre âme. Or Montréal n’aurait probablement pas pu devenir la métropole francophone importante qu’elle est devenue tout en étant la plus grande ville d’un pays à majorité anglophone. Montréal a pris un carrefour, il a laissé à Toronto le titre de métropole du Canada et a développé sa singularité francophone. Montréal est justement unique en Amérique du Nord et ce n’est pas en se comparant qu’on va découvrir notre richesse, c’est en reconnaissant notre spécificité de grande ville accueillante, à échelle humaine qui est hypersécuritaire le jour comme la nuit. Une ville où, oui il y a des problèmes de congestions, mais tellement pas aussi importante que d’autres villes comme Los Angeles par exemple. Le prix des propriétés est encore relativement accessible pour une grande ville. C’est une ville événementielle, aussi, et ça, c’est une richesse.

PM: Il se passe de gros projets à Montréal en ce moment, redonner les berges aux résidents, le bain dans le Vieux-Port, le retour du baseball, la réforme de la gestion du transport en commun. Quel projet devrait-on mettre une croix dessus et passer à autre chose ?
FC: Le projet qui m’inquiète le plus actuellement est celui des véhicules électriques en libre-service. Le retour des Expos ne fait pas de mal à personne, en parler ne coûte encore rien à la Ville, c’est du lobbying de la part du maire et c’est de bonne guerre. Ce que je trouve intéressant en ce moment, c’est que les gros projets qui ne débouchaient jamais semblent vouloir décoller les uns après les autres.

Par contre, quand on regarde les véhicules électriques en libre-service. En théorie c’est une très bonne idée, mais pas s’ils se font sur les cendres de l’industrie actuelle. J’aurais préféré qu’on améliore l’industrie actuelle, qu’on pousse Car2Go et Auto-mobile vers l’électrification, plutôt que de tout recommencer à zéro. Ma phrase fétiche est que le mieux est l’ennemi du bien. Je suis un étapiste du municipal, je préfère avancer tranquillement que de se perdre dans de grands projets qui ne voient jamais le jour. Ce n’est pas toujours nécessaire de faire la révolution.

Les 250 Smart dans un stationnement dans le Rond Point Décarie.

Les 250 Smart dans un stationnement dans le Rond Point Décarie.

PM: Est-ce qu’il y a des sujets intouchables ? As-tu une ligne éditoriale directrice à La Presse ? Entre Le Devoir et La Presse, on s’entend que ce n’est pas le même combat.
FC: Pas au municipal, la seule ligne directrice différente entre les deux médias est la ligne constitutionnelle et ça ne touche pas vraiment le municipal. Même si Coderre a déjà été libéral, il faut reconnaître qu’il est un maire sans allégeance.

PM: Et maintenant, quelques questions rapides. Quel est ton quartier préféré de Montréal ?
FC: (longue pause….) Le Vieux Montréal, parce qu’il représente bien la ville, ce qu’elle était, ce qu’elle devient, son petit côté chaotique, du français et de l’anglais. Les deux pieds dans le passé tout en ayant le regard vers le futur. Rappelons-nous que dans les années 80, le quartier était un réel « no man’s land ». Aujourd’hui, comme Montréal, le Vieux «is back»!

PM: Je passe 24h à Montréal, François Cardinal m’amène où ?
FC: Je commence par les lieux évidents, incontournables. Je pense au Vieux, au Canal Lachine, aux marchés Jean-Talon et Atwater. Après la visite de ces endroits, j’amène le touriste dans des endroits où il ne s’aventurerait pas autrement. Les vieux quartiers ouvriers, par exemple. Les maisons typiques de Pointe-St-Charles et de St-Henri. Le Mile-End de Richler. Outremont en bas, mais aussi en haut. Les petites artères commerciales, Masson, Mont-Royal, Wellington, Fleury.

PM: Plante, Dryden, Roy ou Price ?
FC: Je suis plus… Tim Raines! J’ai vu davantage de baseball que de hockey. C’était plus abordable. Je me rappelle encore du tableau brun et noir du Stade, avec les poules qui caquettent. Je suis un nostalgique du baseball, sans en être le plus grand fan. Quand j’étais jeune, je ne voulais pas être Dawson ou Carter, moi, c’était donc Tim Raines.

PM: On fonde un temple de la renommée de Montréal demain, qui sont tes trois premiers intronisés ?
FC: Trois maires, parce que c’est ceux qui ont le plus d’influence tous domaines confondus. J’irais donc avec Camillien Houde, Jean Drapeau et Jean Doré qui, chacun à sa façon, a réussi à développer et appliquer une vision pour Montréal. Et on peut voir les traces de ces héritages respectifs encore aujourd’hui.

PM: L’héritage du 375e de Montréal et tous ses projets, c’est un but ou une raison ?
FC: Le 375e est un prétexte, à mes yeux. Oui, c’est une fête à souligner, mais c’est surtout un moment charnière après les années difficiles qu’a connues Montréal. Il nous fallait un ultimatum pour mener des projets à terme et 2017 est devenu comme l’échéance ultime pour ces projets. Pas nécessairement parce qu’on retape l’Oratoire ou qu’on agrandi le Musée de la Pointe-à-Callière, mais parce qu’on a une ville à laquelle on peut encore croire aujourd’hui. Et 2017 est l’occasion de se le rappeler.

PM: En conclusion, qu’est ce qu’il nous manque pour avoir le Montréal parfait ?
FC: Le principal défaut de Montréal à l’heure actuelle c’est sa rigidité. Il manque de fluidité, de souplesse. Tout est compliqué, la machine bureaucratique est une force d’inertie incroyable et on peut le voir dans tous les domaines. Montréal doit aussi retrouver le goût de l’initiative. Tout est très compliqué, trop compliqué. Si Montréal avait une qualité à développer, c’est de redevenir une ville où les projets peuvent voir le jour de manière assez rapide, simple et abordable.

Comme vous avez remarqué, j’avais devant moi un amoureux de la ville, qui a Montréal tatoué sur le cœur. Et c’est pour cette raison que ses chroniques autant écrites qu’à la radio sont toujours remplies des meilleures intentions. La vie municipale, il en mange matin, midi et soir. Et du coup j’ai aussi rencontré un auteur, journaliste, chroniqueur, père de famille, écologiste et même s’il traverse un pont tous les jours. Bref, un Grand Montréalais, avec un grand G.

Vous pouvez lire François Cardinal dans La Presse et sur La Presse+. Il poursuivra aussi ses chroniques tous les mercredis matins, dès cet automne à la radio de Radio-Canada, à la nouvelle émission Gravel le matin.


Photo du Jeudi: Le Masque.

 Aucun Commentaire | Article écrit le 13/08/15 par Martin
Le masque de Clint Benedict..

Le masque de Clint Benedict..

Je sais que nous sommes à plusieurs semaines, mais à Montréal, la saison de hockey n’est jamais vraiment loin. Notre photo du jeudi est donc une photo de notre sport national.

Quand je parle de masque de gardien, les noms de plusieurs « goalers » vous viennent à l’esprit. Gerry Cheevers avec ces cicatrices, le bleu-blanc-rouge de Ken Dryden ou les aigles d’Ed Belfour. Mais si je parle des débuts du masque de gardien, probablement que 99,9% d’entre vous vont me nommer Jacques Plante. Voici l’histoire telle que nous la connaissons. Plante croyant avec raison que son visage ne devrait pas « manger du rubber » décide de créer un masque pour protéger son joli minois. Toe Blake ayant l’impression que le masque empêcherait son gardien vedette de bien voir la rondelle ou le jeu dans son ensemble refuse que celui-ci porte le masque sur la glace durant les matchs, le permettant pour les entraînements. Durant un match à New York, Bathgate des Rangers fracture le nez de Jacques Plante. Presque 200 points de suture plus tard, il réussit à convaincre le « coach » de lui permettre de porter son masque sinon il ne revient pas dans le match. Les Canadiens gagnent 3-1, Plante garde le masque durant sa guérison et les Habitants continuent sur leur séquence victorieuse. Prouvant à Toe Blake que le masque n’est pas un problème après tout.

Le visage du gardien Terry Sawchuck capturé par Life Magasine. avant l'arrivé des masques.

Le visage du gardien Terry Sawchuck capturé par Life Magasine. avant l’arrivée des masques.

Dès lors, Jacques Plante est reconnu pour l’invention du masque de gardien, mais voilà, le masque a fait plusieurs apparitions avant ce match de novembre 1959. Le Montreal Gazette mentionne dans son édition du 18 décembre 1903 qu’un gardien des Malboros de Toronto, Eddie Giroux, avait commencé la partie avec un masque de receveur de baseball, mais l’enleva avant même la fin du match trouvant sa vision réduite. En 1927, Elizabeth Graham jouant pour l’équipe féminine de l’Université de Queens porte un masque d’escrime pour un match. Ici et la des gardiens recherchent de différentes façons de se protéger, mais jamais dans les grandes ligues majeures.

Elizabeth Graham et son masque en 1927

Elizabeth Graham et son masque en 1927

C’est en 1930 que Montréal a le droit à son premier justicier masqué. Clint Benedict aussi surnommé « Praying Bennie », un Ottavien portant les couleurs des Marroons de Montréal. Benedict prend la décision, après un lancer foudroyant d’Howie Morenz qu’il reçoit en plein visage durant un entraînement, de se présenter sur la glace lors du prochain match contre Chicago arborant un masque moulé en cuir. Le masque ne durera qu’un seul match, une défaite de 2-1. et le machin de cuir ne reviendra qu’en entraînement, ne revoyant jamais plus un match officiel, Bennie trouvant que le masque lui obstruait la vue.

Les masques ne font tout de même pas légions et ce n’est pas avant les années 60 que le port d’un équipement protecteur pour le visage devient normal. Ce n’est pas avant la saison 2010-2011 que la règle de la Ligue Nationale de Hockey est changée. Il est maintenant possible d’y lire que le gardien DOIT porter un masque quand auparavant il était possible de lire que le gardien PEUT porter un masque, une nuance un tant soit peu quand même importante vous ne trouvez pas?

Jacques Plantes, 1er novembre 1959.

Jacques Plantes, 1er novembre 1959.


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