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La Cité-Jardin du Tricentenaire.

 Aucun Commentaire | Article écrit le 16/05/15 par Martin

Ce concept d’urbanisme britannique aussi appelé « City Beautiful Movement » est relativement simple. Repenser la ville en opposition à l’industrialisation des grandes villes. Un quartier avec une densité faible dans des rues cul-de-sac pour en réduire la circulation, entouré de verdure ou même de terres agricoles avec ses éléments publics comme les parcs et les centres culturels au milieu du quartier pour une utilisation minimale de l’automobile. À Montréal, nous sommes au début des années 40, au début de la 2e grande guerre, l’étalement urbain n’est pas encore tout à fait une réalité et l’automobile n’est pas encore déclarée comme ennemi numéro un. Il faut se placer en contexte, nous sommes tout de même à l’époque ou fumer n’était pas néfaste pour la santé, les québécoises viennent tout juste d’avoir le droit de voter et le salaire annuel de la classe moyenne se situe autour du 2 000$. Dernièrement des plans pour une cité-jardin qui devait voir le jour à Villeray par l’architecte-paysagiste Jacques Greber dans le domaine Saint-Sulpice ont été découvert. Ce plan ne verra jamais le jour et il faudra attendre à la 2e grande guerre pour voir une première cité-jardin voir le jour à Montréal.

En 1940, avec l’aide de la communauté religieuse des Jésuites par l’entre-mise de Père Jean-d’Auteuil Richard, du Mouvement Desjardins et de l’Avocat Auguste Gosselin, est créée l’Union Économique d’Habitation visant à offrir aux familles de la classe ouvrière la possibilité d’accéder à la propriété, loin des plex des quartiers ouvriers d’Hochelaga ou du Faubourg à m’l’asse plus au sud. L’U.É.H. prend possession des terrains dans Rosemont, entre les rues Sherbrooke Est, Viau, Dickson et Rosemont. Fortement inspiré du quartier Radburn au New-Jersey, USA, la création des plans est alors offerte à l’urbaniste Samuel Gitterman, un gradué en architecture de l’Université McGill qui donne la forme finale de ce qui deviendra un legs pour le 300e anniversaire de la fondation de Montréal en 1942. Des rues de formes serpentins terminant sur des passages piétonniers menant vers un bâtiment commun qui sera utilisé comme bureaux pour l’Union, de Coop alimentaire et d’espaces religieux. Beaucoup de verdure et d’arbres longent les rues offrant beaucoup ombre et très peu d’îlot de chaleur. L’aménagement paysager est même sous la direction technique du jardin Botanique de Montréal qui aidera les citoyens à planifier leur plantation, tout en remplaçant les arbres au fil des années suivantes lorsque cela sera nécessaire. La toponymie nous rappelle les essences particulières d’arbres qui les bordent, Rue des Sorbiers, des Cèdres, des Tilleuls ou des Sapins. Le nouveau quartier embrassera son titre de cité-jardin jusque dans le nom de ses rues.

La Cité jardin du tricentenaire de l'Union économique d'habitations. 1945. Source : Université du Québec à Montréal. Service des archives et de gestion des documents, Fonds d'archives de l'Union économique d'habitations, 72P9a/2.

La Cité jardin du tricentenaire de l’Union économique d’habitations.
1945.
Source : Université du Québec à Montréal. Service des archives et de gestion des documents, Fonds d’archives de l’Union économique d’habitations, 72P9a/2.

La construction débute en 1941 dans l’Avenue des Marronniers avec les premiers résidents prenant possession de leur demeure en 1942. Les acheteurs ont le choix de quelques types de maisons modèles, le « Chalet Suisse », « Maison Canadienne-Française » ou la « Maison Victoire ». Facile et rapide à construire dans les règles de l’art de fabrication du moment. 48 nouvelles résidences sont érigées Rue des Mélèzes et années après années de nouveaux chantiers sont ouverts. En 1947, la cité-jardin compte 167 maisons sur les 300 à 600 projetées. Cette même année, suite à des problèmes internes de gestion et au succès mitigé du projet, l’Union Économique d’Habitation plie baguage et fait faillite. Une liquidation vendra les maisons et cédera les rues à la Ville de Montréal en 1948, l’U.É.H. disparaît finalement en janvier 1964.

Le plan original versus ce qui a été construit entre 1941 et 1947.

Le plan original versus ce qui a été construit entre 1941 et 1947.

La cité-Jardin de Rosemont se voulait une expérience sur l’installation d’une banlieue viable et utile où, malgré la présence importante de l’automobile pour une utilisation quotidienne, elle pouvait rester stationnée durant la fin de semaine. Profiter de la ville tout en habitant une campagne et profiter de la nature, de Dieu (on se rappelle, les Jésuites sont derrière le projet) et d’un loyer abordable. La construction fut plus longue que prévu et les coûts explosèrent, les résidences prévues pour la classe moyenne sont plutôt la proie de la petite bourgeoisie qui ont les moyens de se payer les nouvelles maisons. Plusieurs des gestionnaires du projet même furent séduits par le projet et comptèrent parmi les premiers acheteurs, dérogeant au profil de l’acheteur voulu. Le bâtiment commun est transformé en école primaire pour le baby-boom d’après guerre.

Rues des Marronniers 1942vs2014. Les maisons sont les mêmes avec plusieurs changements apportés.

Rues des Marronniers 1942vs2014. Les maisons sont les mêmes avec plusieurs changements apportés.

Aujourd’hui dans l’ombre de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, du Stade et des Pyramides Olympiques, le secteur est où la densité habitée est parmi les plus basses à Montréal. Il est possible de voir un clivage important entre les résidents anciens qui sont de la première époque et dont la maison est passée de générations en générations et les résidents récents, qui se sont procurés ces maisonnettes à coût de plusieurs centaines de milliers de dollars s’approchant grandement du million. Les rutilantes BMW, Range Rover et Mercedes longent les rues aux côtés des Hyundai et des Honda plus bas de gamme. Des agrandissements et autres interventions radicales pas toujours nécessaires de plusieurs des constructions originales en détruiront l’héritage du patrimoine exceptionnel qu’était cette expérience du début des années 1940. Depuis, la Ville de Montréal et l’Arrondissement Rosemont-Petite-Patrie se sont dotés d’un plan d’implantation et d’intégration Architecturale. La disparition de certains sentiers pour piétons par des propriétaires voulant agrandir leur terrain est un exemple de mal déjà fait. le P.I.I.A. est venu mettre au clair les règles pour ce patrimoine bâti de l’Est de la ville. Reste qu’aller se promener dans les rues curvilignes de cette cité-jardin demeurent une expérience un brin déroutante, il est déconcertant de savoir que nous sommes qu’à quelques mètres du métro-boulot-dodo sans avoir à se taper la traversée d’un pont pour se rendre dans le « sprawl » tout autour de la ville centre.

Rue des Plaines, Rosemont-Petite-Patrie.

Rue des Plaines, Rosemont-Petite-Patrie.


Le père Récollet et Ahuntsic

 Aucun Commentaire | Article écrit le 19/04/15 par Martin
lecrime

Un soir brumeux, des voyageurs descendent la Rivière-des-Prairies et s’installent sur les berges des rapides, sur l’île des Jésuites où se trouve de nos jours le Parc de la Berge des Écores. Nos voyageurs remarquèrent la lueur d’un feu de camp, pour se divertir ou par curiosité, trois d’entre eux décidèrent de rejoindre les canotiers qui se réchauffent au bord de ce feu. Une fois sur les lieux, aucun canot, aucun voyageur, un seul homme se chauffait, la tête entre les mains, les coudes appuyés sur ses cuisses. Le sauvage immobile, les gouttes d’eau qui tombaient de son corps mouillé sans tremper le sable sous lui. Le feu, bien qu’ardent, ne brûlait ni les mains, ni l’écorce que nos voyageurs y jetèrent.

Pour convaincre leurs compagnons de voyage restés au campement, ils apportèrent dans leurs mains un tison du feu. Au moment où chacun était à examiner ce feu magique, un énorme chat noir poussant des miaulements épouvantables se mit à faire le tour du groupe, s’élançant sur leur embarcation, mordant de rage le canot. Pour l’en éloigner, un des canotiers lui lança le tison du huron. L’animal le ramassa dans sa gueule et disparut dans la forêt après avoir jeté un regard furieux au groupe. Ces derniers apprirent par la suite que ce personnage, le Noyeux, apparaissait parfois près du Sault-aux-Récollets dans lequel en 1625, il avait précipité le Père Nicolas Viel et son néophyte Auhaitsique (Ahuntsic). Le Diable, le chat, l’aurait changé en loup-garou alors qu’il se faisait sécher après avoir noyé les deux hommes.

Joseph-Charles Taché

Joseph-Charles Taché et sa Barbe

Ce conte que j’ai dû résumer, écrit par le Kamouraskois Jean-Charles Taché en 1884, raconte une légende basée sur un fait important dans l’histoire de la toponymie montréalaise. Il vous est possible de le lire en entier ici. Taché lui-même est rappelé dans la toponymie du quartier avec la Rue Taché. L’Histoire de la noyade du père Récollet Nicolas Viel et de son apprenti Ahuntsic dans les saults (rapides) de la Rivière-des-Prairies. Dans notre chronique toponymique d’aujourd’hui je vous explique d’où vient le nom de Sault-aux-Récollets et d’Ahuntsic.

Selon ma seule et unique opinion, l’emplacement de l’ancien village du Sault-aux-Récollets fait partie des points historiques les plus importants de Montréal avec le Vieux-Montréal, le Golden Square Mile et le Canal Lachine sur toute sa longueur. Pourtant, je serai surpris de connaître le résultat d’un vox-pop à la question « Savez-vous où se trouve le Sault-aux-Récollets? ». Je suis assuré que peu de gens pourraient me dire où cette ancienne ville se trouve sur la carte de la ville. Même que le nom lui-même resterait plusieurs pantois. Voici donc un peu d’aide.

Un sault, en ancien français, est un rapide. Comme les Rapides de Lachine portaient le nom de Sault-Saint-Louys, nommé par Champlain en honneur de français qui s’y noya en 1611. Tout comme ceux sur le Saint-Laurent, les rapides de la Rivières-des-Prairies entre l’île Jésus et l’île d’Hochelaga étaient dangereux et pour les Européens, moins habitués que les Hurons locaux, se devaient de faire du portage pour s’assurer le bon passage de ces saults. Or, en 1625 quand le Père Récollet voulu se rendre à Québec après avoir passé deux ans en Huronie (région de 2300 km2 au nord des Grands Lacs). Des Hurons-Wendats de la tribu Attignaouantan (Peuple de l’Ours), allant dans la même direction invitèrent le bon père et son apprenti à les accompagner dans leurs canots. Le Père Viel, y voyant une bonne occasion se joignit alors au groupe de voyageurs. À Noter qu’il y a 390 ans, nous sommes au tout début de la colonisation européenne sur l’île. Les Sulpiciens eux s’installèrent sur le Mont-Royal pour y bâtir leur fort et convertir les « sauvages » tandis que les Récollets, se rendaient dans les villages en tant que missionnaires de la foi chrétienne. Le canot d’écorce est de loin la façon la plus rapide et la moins coûteuse de voyager du point A au point B.

Si nous savons que Nicolas Viel, né à Coutances, en Normandie, arrive en Nouvelle-France vers 1623 et se rend rapidement en Huronie, l’histoire est un peu plus floue pour ce qui en est de l’origine d’Ahuntsic. À ce moment, on prétend qu’il est un Huron francisé, mais on apprendra plus tard qu’il est véritablement français et adopte le mode de vie huron-wandat, les locaux l’appellent Auhaitsique voulant dire en langue Wandat; frétillant, petit. Le jeune homme arrive en 1619, passera deux hivers à Québec avant de joindre le Père Viel pour sa mission vers les grands lacs.

Les indiens ont l’habitude de ne jamais asseoir plus d’un seul européen par canot, pourtant, selon les écrits, cinq hommes, trois locaux et nos deux comparses se lancent dans le rapide, l’eau frappe hardiment les côtés de l’embarcation, ce dernier rebondit dans les remous, le visage des trois indiens s’assombrissent et leur voix se taisent, c’est à ce moment qu’ils chavirent au dernier saut peu avant l’île de la Visitation. Le père récollet et son apprenti ne remonteront jamais à la surface vivant, ils ne se rendront jamais à Québec, leur sort en est jeté. Les corps furent retrouvé quelques jours plus tard et seront inhumé à Québec.

Malgré une certaine amitié entre les Hurons et les Français, un voyage avec entre les deux groupes n’était pas gage d’un voyage sécuritaire. Des histoires de pères jésuites pillés et abandonnés ne sont pas histoires courantes, mais ne sont pas impossible non plus. Le Père Jean de Brébeuf fut laissé dans un bois, sans vivre avant d’être secouru. En 1633, soit huit ans après la mort tragique du Père Viel, un autre drame frappe et éclairci un peu la relation entre le Peuple de l’Ours et les colons français, un coureur des bois depuis 1608, Étienne Brûlé est tué par les Hurons-Wandat qu’ils accusent de trahison et d’avoir passé aux Iroquois. Plusieurs jésuites font alors une corrélation, probablement fausse, entre la mort de Brûlé et de Viel. Des textes des Pères Leclerqc, Charron et Boisvert qui vécurent plus ou moins à différentes époques vont faire passer Viel et Ahuntsic pour rien de moins que des martyrs au même titre que Gabriel Lalemant et Jean de Brébeuf, capturés, torturés et tués par les Irqoquois en 1649.

En 1903 sont érigées devant l’église de la Paroisse de La Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie, deux statues présentant nos protagonistes les dépictant comme des martyrs. Les monuments, quoique restaurés sont encore présents de nos jours devant l’église. Les plaques que vous pouvez voir ci-bas clament et accusent haut et fort leur mort tragique aux mains de la méchante Tribu de L’Ours.

nicolasviel

ahuntsic

Nous savons les faits suivants, le Père Viel et le néophyte Ahuntsic se sont bel et bien noyés dans le rapide de la Rivière-des-Prairies. À savoir si cela était suite à une mort accidentelle ou un double assassinat, les 400 ans qui nous séparent de l’action font que nous ne le saurons probablement jamais. Même les rapides ont disparu de la Rivière-des-Prairies suite à la construction de la Centrale Électrique construite entre 1928 et 1930 en ligne avec le Boulevard St-Michel. Sa construction a ralentit le flot de la rivière et l’a retenu dans le bassin naturel qui recouvre l’endroit où ils auraient dû se trouver.

Du moins, voilà l’histoire la plus intéressante derrière le nom du Sault-aux-Récollets et d’Ahuntsic nommé en honneur de martyrs jésuites, mort pour la sainte parole. Une autre histoire, beaucoup moins piquante fut tout simplement que des Pères Récollets s’installèrent à la hauteur des rapides de la Rivières-des-Prairies au Fort Lorette et que le nom est resté pour le village.

Entre la fondation de la paroisse ne 1749 Sault-aux-Récollets, la séparation du Village d’Ahuntsic en 1896, de la création de la Paroisse de Bordeaux par détachement en 1897, de la création de sa charte de ville en 1914-1915 pour finalement être annexé à Montréal en 1916. Ce coin de Montréal aura vu beaucoup de l’histoire de la ville y passer. Une légende veut que Cartier, lors de son deuxième voyage en 1535 voulant se rendre au village d’Hochelaga a remonté le fleuve Saint-Laurent jusqu’au bout est de l’île, pour ensuite prendre, non pas le fleuve, mais la Rivière-des-Prairies. Arrêté par le rapide, il emprunte un sentier que les amérindiens prenaient pour se rendre au village. Il reste un petit bout de ce sentier piétonnier que l’on nomme le Chemin des Sauvages, aujourd’hui asphalté entre le Cimetière du Sault et le Collège Mont-Saint-Louis, séparant le Boulevard Henri-Bourrassa et l’avenue Camille-Paquet. Le passage de Jacques Cartier sur vos terres est une preuve irréfutable, s’il en est une, que l’histoire remonte à loin dans ce coin de la ville.

Le Chemin des Sauvages, Sault-aux-Récollets

Le Chemin des Sauvages, Sault-aux-Récollets

Les équipes du Collège Ahuntsic (donc je suis personnellement issu) se nomment les Indiens et les Indiennes, un parc où aurait été célébré la première messe à Montréal sur le bord de la rivière porte le nom du Père Nicolas Viel ainsi qu’une petite rue. Les quartiers de Sault-aux-Récollets et de Ahuntsic sont nommés en honneur de deux personnes qui sont peut-être, ou peut-être pas, des martyrs chrétiens de la colonisation. Je n’ai mentionné que les grandes lignes de l’histoire de la mort de Viel ici. Si vous vous sentez un peu Sherlock Holmes ou pour en savoir plus sur le débat entourant l’assassinat du bon père Jésuite et de son néophyte, je vous invite à lire ce document de 1992 (PDF) par Cité Historia qui présente les deux côtés de l’incident et à vous d’en tirer vos propres conclusions. M.Robert des Archives de Montréal a aussi fait une courte chronique sur le sujet dans l’émission Montréalité de MaTV.

Avez-vous des suggestions de quartiers, de rues ou de parcs auxquels vous aimeriez en savoir plus? Connaissiez-vous l’histoire du Père récollet et son collègue? Les indiens étaient coupables ou non? Partagez votre point de vue et surtout, bonne lecture.


Rencontre PM: LARPs, la Série.

 1 Commentaire | Article écrit le 04/04/15 par Martin
Dans l'ordre: Jonathan Silver ("Arthur"),  Elizabeth Neale ("Shane"), Jon Verrall ("Evan"), Charlotte Roger ("Brittany") et Scott Humphrey ("Will")

Dans l’ordre: Jonathan Silver (« Arthur »), Elizabeth Neale (« Shane »), Jon Verrall (« Evan »), Charlotte Roger (« Brittany ») et Scott Humphrey (« Will »)

Le concept de série web est encore relativement sous-représentée en français au Québec, les plus populaires sont souvent des productions poussées par des médias traditionnels. Que l’on pense à « En audition avec Simon » en 2010 jusqu’à la nouvelle série « 7$ par jour » qui vient d’être lancée, les deux poussées par Radio-Canada et sa plateforme Tou.tv. C’est pareil du côté de Télé-Métropole avec La Brigadière et l’Entraîneur. les séries privées se font plus rare, Urbania et Les Millionnaires et Les Presqu’Histoires me viennent à l’idée même si nous n’avons vu que des pilotes pour le moment. Je parle de vraies séries indépendantes, créé par une bande d’ami, souvent avec de petits budgets. Le Fond Indépendant de Production fait sa part en offrant des subventions pour démarrer sa série dramatique, humoristique où même animée. Reste que qu’en français, ce n’est pas si facile à trouver, oui il y a eu les Têtes à Claques qui ont rencontré un très grand succès, mais pouvez-vous m’en nommer d’autres?

Ce n’est ni le talent, ni l’inspiration qui manque et pourtant, ce genre de série est un peu plus populaire en anglais, je ne sais pas vraiment pourquoi et ne me demandez pas de l’expliquer, ce n’est pas ma spécialité. Mais ce que je sais, c’est qu’à l’exception des événements en direct, comme le sport, ma télé est rarement utilisée pour autres choses que des émissions en ligne ou Youtube et Vimeo. Une des chaînes que j’écoute, Geek and Sundry offre de petites émissions, certaines scriptées, d’autre non qui comme son nom l’indique, tourne autour de la culture geek avec en tête d’affiche la comédienne Felicia Day (Buffy; the vampire slayer et Dr. Horrible) ainsi que Wil Wheaton (Star Trek; The Next Generation, Stand by Me). Pendant que je regardais les nouvelles émissions de cette chaîne je suis tombé sur une série. LARPs: The Series raconte l’histoire de cinq amis qui se retrouvent pour jouer leurs personnages de jeu de rôle grandeur nature. Un peu comme les gens que l’on peut apercevoir les fins de semaine sur le Mont-Royal et non, je ne parle pas des Tam-tams. Je parle ici d’adultes ou de tous âges, en armure et leurs armes de styromousse se prendre pour leurs alter ego tirés directement de Donjons et Dragons. Dans cette série, je commence à reconnaître des recoins, à mon grand étonnement, cette série est tournée à Montréal. J’ai donc décidé de rejoindre l’équipe de production pour savoir si je pouvais leur poser quelques questions et partager cette série avec mes lecteurs. Ce qu’ils ont accepté, c’est Elizabeth Neale et Charlottes Rogers, les deux héroïnes de la série, qu’ils ont envoyée au bâton pour répondre à mes questions ce qu’elles ont fait avec plaisir. Alors, pour ce nouvel épisode des Rencontres PM, je vous présente, LARPs: The Series

ProposMontréal: Qui est derrière la série LARPs?
Elizabeth Neale: Conçue par Julian Stamboulieh et planifiant d’écrire lui-même la série, il a ultimement décidé de donner cette tâche à Jon Verrall qui avait à son actif plusieurs années d’expérience dans le genre en tant que joueur et maître de jeu. La première saison fut produite par Benjamin Warner et Julian par leur boîte de production, Beanduck Productions.

PM: Êtes-vous une bande de geeks où la série est basée sur des expériences personnelles?
Elizabeth: Julian est arrivé à cette idée parce qu’il voulait regarder vers les alter ego, donnez l’occasion d’être quelqu’un que vous n’êtes pas. Les personnages sont légèrement basés sur lui et ses frères. Plus de personnages furent ajoutés au moment où Jon a pris l’écriture en charge, les comédiens furent sélectionnés et les personnages prirent une évolution selon leur propre interprétation. Dans l’équipe, Jon est celui avec le plus d’expérience en jeux de rôles, mais nous sommes tous geeks et pour la plupart, aussi des gamers.
Charlotte Rogers: Jon a 15 ans d’expérience en jeu grandeur nature avec Scott Humphrey qui y a participé à quelques reprises. Après avoir terminé la première saison, nous avons tous commencé une partie de Donjons et Dragons, question de continuer de prendre de l’expérience et s’amuser dans la culture du jeu.

PM: Pour les gens qui ne connaissent pas le concept, expliquez-moi ce qu’est le jeu grandeur nature? (LARP)
Elizabeth: Tu crées un personnage en sélectionnant ces forces, faiblesses et ces différentes habiletés et tu dois jouer le personnage, ou la créature de ton choix. Il y a plusieurs types de LARP avec différents concepts et différents mondes; Steampunk, cyberpunk, vampire ou moyen âge. Un maître de jeu donne une direction au jeu et aux participants, il guide l’histoire vers différentes situations, certaine ont des combats, d’autre impliquent des centaines de joueurs. Ce qui est bien du LARP c’est que c’est assez ajustable, selon le groupe, l’histoire et les situations en générales.

PM: Dans l’équipe, est-ce qu’il y avait des comédiens qui n’avaient aucune idée sur ce qu’était cette culture?
Charlotte: Personnellement, je ne connaissais absolument rien du jeu grandeur nature quand je fus approché pour travailler sur le projet. C’était une toute nouvelle expérience d’apprendre ce qui est un hobby pour autant d’enthousiastes partout dans le monde.

LARPs-pose

PM: Comment les acteurs ont-ils été choisis, des amis ou au travers d’un système d’audition traditionnel?
Charlotte: Nous sommes tous des amis, nous étions à Concordia. Le directeur, Julian, a envoyé une annonce pour un petit groupe d’amis voulant auditionner pour la série, nous avons tous auditionné pour quelques-uns des rôles et nous avons eu les postes plus tard dans la journée.

PM: Quelle(s) série(s) web ou télévisée peuvent avoir inspiré l’idée à Julian et Jon?
Elizabeth: Jon s’est assuré de ne pas regarder la série de Felicia Day, The Guild, avant d’avoir terminé l’écriture parce qu’il ne voulait pas être influencé par une autre série. Beaucoup de son inspiration lui est venu d’expériences personnelles.

PM: Cette série était déjà sur Youtbe avant, comment Geek and Sundry vous ont-ils approché?
Elizabeth: Originalement lancé en mars 2014 et après que tous les épisodes soient sur Youtube, Felicia est tombée dessus par chance et a trouvée que ce serait un match parfait pour sa chaîne. Ils nous ont donc approché pour relancer la série pour les plus de un millions d’abonnés de Geek and Sundry en plus de nous aider dans la production de la 2e saison. Il est assez facile de deviner que nous avons accepté.

PM: Pour des raisons, disons purement scientifiques, avez-vous rencontré Felicia et sent-elle bon?
Elizabeth: Nous n’avons pas encore eu la chance de la rencontrer, j’imagine par contre qu’elle doit sentir comme un cupcake et des licornes.

PM: Si ce n’est pas trop indiscret, combien peut avoir coûté la première saison et comment fut-elle financée?
Elizabeth: La première saison fut entièrement financée par Beanduck Productions et beaucoup de bénévolat de notre part. Le budget était serré, environ 15 000$ et les journées furent longue. L’équipe extraordinaire a supportée le projet. Les armes et armures furent prêtés par la compagnie Les Artisans d’Azure

PM: La saison 2 sera plus facile à financer avec le support de la chaîne?
Elizabeth: Nous avons quelques ressources, Geek and Sundry bien sûr et notre campagne de socio-financement Indiegogo. Le budget est encore bas, mais cette fois-ci, l’équipe est payée et l’horaire sera plus facile à gérer pour tous.

PM: Justement, en parlant de la 2e saison, qu’est ce qui nous attend?
Charlotte: Nous sommes vraiment excités, cette saison sera meilleure et plus grandiose et ça, grâce à tous les amateurs. Nous avons très hâte de commencer le tournage.
Elizabeth: Nous commençons le tournage cette semaine, les scènes intérieures en avril et les scènes extérieures en mai. Les spectateurs peuvent s’attendre à des épisodes plus longs (11 minutes et le double pour la finale) plus de personnage, des scènes de bagarres plus bad-ass. Ce sera rien de moins qu’EPIQUE.

PM: Est-il possible de voir les comédiens dans d’autres projets?
Charlotte: Bien sûr. Jonathon Silver a récemment fait un peu de travail pour l’émission « Saving Hope » and pour le jeu « Assassin’s Creed ». Elizabeth Neale est au théâtre avec « Trout Stanley » et « Fuddy Meers« . Scott Humphrey participe aussi à « Fuddy Meers » en plus de se mettre à l’écriture. Tant qu’à moi, je suis aussi dans une pièce de Geordie Productions appelé « Chloe’s Choice » en plus de quelques projets cet été. Jon Verral est assez occupé avec la saison 2 et participe, grâce à son expertise en chorégraphie de combat dans différentes productions au théâtre indépendant.

PM: Maintenant, passons à Montréal, où la série est-elle filmée?
Elizabeth: A Montréal surtout dans nos propres résidences et dans quelques cafés, Cho’cola sur Monkland et Myriade sur Mackay. Les scènes extérieures sont filmé à St-Donat.

PM: Il y a quelques petits signes de Montréal dans les vidéos, par exemple la mention de Schwartz’s. Avez-vous d’autres exemples?
Charlotte: Juste Schwartz’s dans la saison 1. Jesse Sherman dans une scène de café, accueille les personnages avec un « Bonjour, Hi! » pour ajouter la touche bilingue que nous rencontrons à tous les jours à Montréal. Un sous-titrage en français-québécois est aussi disponible pour tous les épisodes.

PM: C’est quoi Montréal pour vous?
Elizabeth: Montréal pour moi et un mélange de langues et de cultures. Les plus beaux moments c’est quand les gens sortent de leur zone de confort et se laisse surprendre par la ville.
Charlotte: Mhm… probablement pour moi, Montréal c’est la maison, j’adore habiter ici et sa communauté d’acteurs. L’environnement local pour une actrice offre extrêmement de support et est très positive. Je ne peux pas assez dire à quel point c’est formidable. Les Montréalais sont assez spectaculaires et les comédiens phénoménaux.

LARPs

PM: Qu’est-ce que vous aimeriez améliorer dans notre ville?
Elizabeth: Si je pouvais cliquer des doigts et réparer toutes les rues, je le ferais, ces nids-de-poule sont assez durs pour ma pauvre voiture.
Charlotte: Oh! J’apporterais tous les tournages pour le cinéma et la télé à Montréal et tous les talents de la ville pourraient toujours avoir du boulot. Ce n’est pas trop demander non?!

PM: Comment peut-on encourager la série?
Charlotte: Partagez, aimez et commentez tous les épisodes et les vidéos sur la chaîne, un petit geste qui aide énormément. Il est aussi possible de nous encourager un participant à notre campagne Indiegogo (il ne reste que deux jours, Dépêchez-vous!!) et passez le mot à vos amis si vous aimez la série.

Elizabeth me faisait remarquer qu’elle avait aussi été approchée par le très populaire blogue L’antre du Geek qui lui ont aussi posé quelques questions, je vous invite à vous rendre sur leur très bon site pour lire leur entrevue au sujet de la série. L’Équipe a aussi eu un petit topo du côté de CBC et des articles dans The Gazette, Cult MTL et The Main.

J’aimerais voir ce genre de série vivre aussi en français, mais du contenu Montréalais, ça reste que c’est du talent local et peu importe la langue d’une série, si ça donne du travail aux artisans d’ici et que le produit est de qualité, ça mérite la mention et ça mérite d’être découvert. Connaissez-vous des séries web locales que je ne connais pas, que vous aimeriez partager, faite le et si ça pique ma curiosité, je me ferais un plaisir de le partager.

Je tiens à remercier Elizabeth et Charlotte pour le temps qu’elles m’ont offert pour répondre à mes questions. J’espère franchement que je vous aurai fait découvrir quelque chose de nouveau et que vous partagerez peut-être mon enthousiasme envers les séries en lignes. On ne sait jamais, peut-être même que vous aurez le goût d’en créer une vous-même!

Pour suivre LARPs sur Geek and Sundry, visitez la liste de lecture et suivez les extras sur leur chaîne personnelle.


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