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Une hauteur limite.

 Aucun Commentaire | Article écrit le 28/06/15 par Martin

C’est dès 1987 suite à une victoire plutôt écrasante sur la dynastie de Jean Drapeau en poste depuis 1955 que Jean Doré parle déjà d’un plan d’urbanisme pour la métropole. Ce document, d’une immense importance au bon développement d’une ville guide une ligne directrice qui, si bien appliqué, permet d’assurer une cohérence entre les choix dans les dossiers d’habitations, de commerces, de transports, de protections de l’environnement, des loisirs ou d’autres éléments municipaux tout en tenant compte des contraintes d’aménagement du milieu naturel et du patrimoine déjà bâti. Ce document doit également prendre en considération les attentes de ses citoyens et des organismes lors de consultations publiques. En résumé, ce document guide les élus dans leurs décisions et fait place à des règles qui permettent le bien vivre de tous. Ceci étant dit, avant Doré, Montréal ne possède pas de plan d’urbanisme officiel, ce qui durant l’ère Drapeau aura eu autant de ratés que de réussites, qui fait de l’ancien Maire un homme assez controversé, selon à qui vous en parlez.

Jean Doré et le comité exécutif décident dès le printemps 1987 de doter Montréal d’un plan d’urbanisme autant pour le centre-ville que pour les arrondissements de l’ancienne ville de Montréal. Je dis « ancienne » car la ville de Montréal tel que nous la connaissons aujourd’hui créée des fusions et dé-fusions de 2002 et 2006 respectivement n’est pas encore réalité. Ce n’est qu’en décembre 1992 après plusieurs audiences publiques et études sur l’arrondissement Centre, appelé Ville-Marie depuis 2002, que le plan est adopté coordonnant avec les fêtes du 350e de la ville.

Je pourrais faire mille articles sur le plan d’urbanisme, mais cette fois-ci je me concentre que sur une de ces règles, celle qui a probablement un des plus grands impacts sur la ville de Montréal. La restriction dans la hauteur de constructions en respectant l’importance du Mont Royal. Cette règle est probablement une des plus controversée du plan et je vais faire mon possible de vous expliquer pourquoi. Aussi tôt qu’en 1920, Montréal possède une législation empêchant les édifices de plus de 10 étages, cette limite fût poussée à 33 étages au cours des année 30, aujourd’hui avec le plan original de 1992 on peut y lire les paragraphes suivants.

Le paysage urbain montréalais est ponctué d’éléments significatifs qui jouent le rôle de points de repère ou de symboles et contribuent à l’identité de la ville.

Le Mont Royal, le fleuve Saint-Laurent, les îles et la silhouette du centre des affaires sont autant d’éléments dominants dont il convient d’assurer la mise en valeur et d’accroître la visibilité, pour renforcer leurs rôles respectifs.

La stratégie mise en oeuvre a pour but de conserver l’importance du Mont Royal dans la silhouette de Montréal en restreignant la construction sur ses flancs et en y imposant des limites de hauteur relativement restrictives. Cette règle de hauteur aide aussi dans la confirmation du centre d’affaire comme lieu privilégié de l’implantation de sièges sociaux et de tours à bureaux de prestige. par son caractère dense, le centre-ville permet la concentration d’assurer aux travailleurs, aux touristes et à la clientèle une excellente accessibilité aux transports en commun, aux équipements d’affaires comme le Palais des Congrès et la Place Bonaventure ainsi qu’aux loisirs comme les musées, salles de spectacles ou même le Centre Bell. Dans ce simple paragraphe, vous pouvez sûrement voir l’erreur de l’emplacement des installations olympiques dont le Stade qui, dans la nature même du plan d’urbanisme, éloigne le visiteur type du centre de la ville.

Le point 5.1 de la plus récente mouture du plan d’urbanisme de 2004 renforce la prédominance du Mont Royal en offrant les dispositions, tout comme en 1992, pour mettre en valeur les vues vers et à partir de la montagne Montérégienne et préserver la distinction des deux massifs formés par la montagne et les immeubles du centre. Fait à noter que la ville de Vancouver a plus ou moins la même règle que Montréal et même si les Montagnes North Shore de la Chaîne Côtière sont légèrement plus élevées que notre colline Montérégienne, leur plus haute tour ne dépasse pas les 200m.

Le point 5.1.1 stipule que la réglementation d’arrondissement ne peut permettre une hauteur de bâtiment supérieure à la moins élevée des hauteurs suivantes soit, 232,5 mètres au-dessus du niveau de la mer ou une hauteur de 200 mètres. Chaque lot de la ville possède une hauteur à respecter. Je vous invite à cliquer sur l’image suivante pour voir un fichier PDF de la carte de l’arrondissement de Ville-Marie pour comprendre un peu plus en détail.

Cliquer pour visualiser le fichier PDF en grand format.

Cliquer pour visualiser le fichier PDF en grand format.

La disposition impose également le respect d’une silhouette donnée. La réglementation de Ville-Marie doit prévoir qu’un bâtiment doit s’insérer dans la silhouette du centre telle que présentée dans l’illustration suivante. Ce qui a comme effet de combattre la construction d’édifice type « Tour Montparnasse ». Imaginez une tour de 200 mètres au beau milieu de Verdun ou de Villeray, l’impact visuel sur la ville, sur sa silhouette et sur ses résidents serait plutôt désastreux.

Silhouette à respecter selon le point 5.1.2

Silhouette à respecter selon le point 5.1.2

Finalement, le dernier point sur les limites de hauteurs, le point 5.1.3 impose que des critères assurant qu’un projet de construction d’un bâtiment doit maintenir des vues prédéfinies sur la montagne et sur le fleuve lorsque ce bâtiment est sur le parcours d’une vue identifiée dans les deux cartes suivantes. En d’autres mots, nul ne peut cacher le Mont Royal. C’est cette règle qui a été mise de l’avant lorsque le propriétaire de la défunte Maison Redpath a voulu raser cette dernière et la remplacer par une tour de plusieurs étages. La vue de la Rue du Musée étant obstruée, ce dernier, même s’il a finalement gagné la démolition de la maison, a dû revoir à la baisse la nouvelle construction.

Vues depuis le Mont Royal

Vues depuis le Mont Royal

Vues vers le Mont Royal

Vues vers le Mont Royal

Je vous épargne les technicités de ces trois règles à suivre pour toute nouvelle construction ou agrandissement à un édifice existant, mais les grandes lignes du point 5.1 sont claires. Le Mont Royal doit être prédominant dans la silhouette de la ville. C’est plus ou moins la même chose pour le point 5.2 qui couvre la spécificité des parcours riverains du Fleuve, de la Rivière, du Canal Lachine et du Canal de l’Aqueduc. Mais je n’élaborerai pas sur celui-ci, car ce qui m’intéresse ici c’est la hauteur et la montagne.

Des dérogations à ces règles sont demandées sur une base régulière, la plus récente est par la torontoise Cadillac Fairview pour son projet Quad Windsor. Les tours proposées originalement dans une zone à hauteur limite de 120m se sont vu offrir une petite mise à jour quand la ville, dans un plan particulier d’urbanisme pour le nouveau Quartier des Gares, a augmenté la limite de ces lots au sud du Centre Bell. Le promoteur a alors bonifié sa proposition pour y offrir deux tours de 170m, 50m plus élevé que les propositions originales. Or, voilà que le ce dernier aimerait la même chose se produire pour les tours #3 et #4 du projet Quad Windsor. Cadillac Fairview veut une limite augmentée à 210m au lieu du 120m actuel. La ville doit étudier ces demandes sérieusement, en prenant en considération de ne pas déroger aux points 5.1 du plan d’urbanisme que nous avons mentionné auparavant.

Montréal est pour une raison ou une autre en pleine ébullition et les tours en constructions en sont une belle preuve, des acheteurs étrangers, surtout venue d’Asie se lancent pour acheter à coup de millions les nouveaux condos dans ces constructions qui sortent à peine de terre au moment où j’écris ces lignes. Montréal a déjà été une métropole importante à l’international. L’Édifice New York Life Insurance sur la Place d’Armes est considéré comme le premier gratte-ciel de Montréal. Le Building Sun Life Rue Metcalf fut, à sa construction en 1931, le plus grand édifice en pied carré dans tout l’empire britannique et pas plus tard que dans les années 60, la Place Ville-Marie est à sa construction, le troisième plus haut gratte-ciel à l’extérieur des États-Unis et est dépassé par la tour de la Bourse comme plus haut gratte-ciel du Canada. Mais voilà que la question se pose plus que jamais, ces règles de limites de hauteur ont-elles empêché et empêchent-elles vraiment Montréal d’avoir des édifices de 300 ou 400 mètres? Je pose la question d’une autre façon, si demain, la ville abolissait la règle 5.1 de son plan d’urbanisme, verrions-nous des tours de 80 étages pousser sur René-Lévesque ou sur Ste-Catherine? Si oui, qu’elle serait leurs avantages et désavantages pour le Montréalais moyen?

Pour le moment, le titre de plus haute tour à Montréal revient au 1000 de la Gauchetière à 205m au toit. Le titre est disputé par le 1250 René-Lévesque qui à cause de son antenne de 40m atteint les 230m bien sonnés, tout dépend si vous êtes pro-antenne ou non. Les tours du Quad Windsor pourraient venir tout chambarder cette liste de plus hautes tours à Montréal et ce assez rapidement. Avec les nouvelles tours en constructions et celles encore sous la loupe de l’Office de Consultation Publique de Montréal, la ville verra un changement majeur au cours de la prochaine décennie et ça, à ce point précis dans le temps, qu’on le veuille ou non. Mais une chose est certaine, la silhouette de Montréal, malgré sa densification, verra que peu de changement puisque les règles du plan d’urbanisme datant de 1992 en dicte encore le résultat et la forme finale.

Voici une liste des 11 plus hauts édifices de Montréal sans les antennes.

  • 1000 de la Gauchetière, 205m
  • 1250 Boul. René-Lévesque, 199m
  • Tour de la Bourse, 190m
  • Place Ville-Marie, 188,1m
  • Tour CIBC, 187m
  • Tour du Stade Olympique, 175m
  • L’Avenue (en Construction), 175m
  • Tour des Canadiens (En Construction), 168m
  • 1501 McGill-College, 158m
  • Tour Sud du Complexe Desjardins, 152m

20 faits sur Montréal, 7e édition

 Aucun Commentaire | Article écrit le 31/05/15 par Martin

Avec cette 7e édition de « 20 faits sur Montréal que vous ne savez probablement pas » c’est plus de 140 faits cocasses, inusités, utiles et différents que ProposMontréal vous présente sur notre belle ville, du premier décès en automobile jusqu’à la quantité de cubes dans Habitat 67. Ce genre de liste vous intéresse? Ne manquez pas les éditions précédentes et faites-le nous savoir si vous avez appris quelque chose de nouveau.

1ère partie, 2e partie, 3e partie, 4e partie, 5e édition, 6e édition

  • Edward Stranger, journaliste aux affaires maritimes du quotidien The Gazette est celui qui a eu le scoop international sur l’incident du Titanic le 14 avril 1912. ah oui et The Gazette, avait un journaliste pour les affaires maritimes.
  • Dans le comics édition #34 de novembre 1967 appelé, To squash a beetle!, le héros Daredevil est capturé par le méchant, The Beetle, et est apporté à l’Expo 67 ou le méchant à l’intention de démasquer le super héros en direct à la télé. Montréal a aussi apparu dans Batman, Hulk, X-Men et d’autres comics de Marvel et DC. en 1993, les Expos de Moises Alou se sont retrouvés aux côtés de SpiderMan.
  • Daredevil et Spideran à Montréal.

    Daredevil et Spideran à Montréal.

  • Cadeaux de Louis XIV en 1701, l’horloge sur le Vieux Séminaire des Sulpiciens est la plus vieille horloge encore en fonction en Amérique du Nord.
  • La statue d’un homme lisant un journal, « Catching Up » de John Sewart Johnson II devant le 4141 Sherbrooke Ouest lit l’édition de The Gazette du 4 juillet 1985 mettant en vedette Bruce Springsteeen.
  • Catching up de J. Seward  Johnson II

    Catching up de J. Seward Johnson II

  • Dans la trilogie « Le seigneur des Anneaux », l’acteur Viggo Mortenson, un fan des Canadiens de Montréal a porté un t-shirt de l’équipe durant tout le tournage.
  • Avec 125 points d’ancrages, la Station Bixi au coin de la Rue de la Commune et King est la plus grande du réseau en Amérique du Nord.
  • De 1940 à 1943, le fort de l’Île Ste-Hélène, aujourd’hui le Musée Stewart était le Camp S/43. Plus de 400 italiens jugés fascistes et sympathisants de Mussolini durant la 2e grande guerre y sont emprisonnés par la couronne Britannique.
  • Camp S/43, Photo: Bibliothèque et Archives Canada

    Camp S/43, Photo: Bibliothèque et Archives Canada

  • L’oeuvre de la station Peel par Jean-Paul Mousseau se nomme « 54 cercles » mais n’en compte maintenant que 37.
  • Vous connaissez Montréal-Nord, Montréal-Est et Montréal-Ouest mais saviez-vous qu’il a existé une ville au nom de Montréal Sud? La ville se situait aujourd’hui où se trouve le Métro Longueuil et la Place Charles-Lemoyne.
  • La Ville de Montréal possède 6 550 km de trottoir sur son territoire, Soit la distance à vol d’oiseau entre Montréal et Rome (pas le Boulevard de la rive-sud, mais la ville en Italie où tous les chemins mènent).
  • Selon mes calculs très scientifiques à l’aide de Google Maps. Le Canal de l’Aqueduc est d’une longueur de 8.12km. Du Boulevard Lasalle jusqu’à la Station de Pompage Atwater. Vous seriez surpris combien de gens n’ont aucune idée que ce canal existe.
  • La Rue Ontario porte cette désignation depuis 1842, soit, 25 ans avant que la province du même nom soit nommée en 1867 par la confédération canadienne. La rue Montréalaise porte son nom en honneur du lac et non de la province.
  • Le bâtiment de la Banque de Montréal sur la Place d’Armes se veut une réplique du Panthéon de Rome.
  • Rome à gauche,  Montréal à droite

    Rome à gauche, Montréal à droite

  • La grande région de Montréal est le seul endroit dans le monde où il est possible de trouver toutes les pièces et de fabriquer un avion de ligne en entier tout en restant dans un radius de 30km.
  • L’Agence Mondiale Antidopage est une fondation internationale indépendante, chargée de promouvoir, coordonner et superviser la lutte contre le dopage dans le sport incluant les olympiques, les sports professionnels et les autres compétitions internationales. Créé en 1999 par le Comité Organisateur Olympique, son siège social se trouve dans la Tour de la Bourse de Montréal depuis 2002.
  • En 2008, l’Astronaute Greg Chamitoff apporta 18 bagels de chez Fairmount Bagels dans la Station Spatiale Internationale
  • Jusqu’en 1880, le Square St-Louis était en fait un réservoir à air ouverte contenant trois millions de litres d’eau potable.
  • Carte postale du Square Saint-Louis

    Carte postale du Square Saint-Louis

  • La Victoria Skating Rink a été l’hôte du premier match de hockey organisé à l’Intérieur, ça je l’ai déjà mentionné dans ce billet de 2012. Mais un autre fait d’armes intéressant de l’arena, c’est le premier bâtiment à être électrifié au canada.
  • Arena Victoria Rink

    Arena Victoria Rink

  • La Rue Jarry et le Parc Jarry sont nommés en honneur de deux différentes personnalités. Le parc pour Raoul Jarry, conseillé municipal dans Villeray tandis que la rue est nommée en rappel de Stanislas Blégnier dit Jarry, cultivateur à qui appartenait ces terres au moment de l’ouverture de ce chemin. Fait bonus, le Parc Jarry a été nommé le Parc Jean-Paul II de 1985 à 1987 en honneur du passage du Pape en 1984.
  • L’ingénieur informatique Neil Papworth, première personne à avoir envoyé un message texte en 1992 habite aujourd’hui à Montréal. Il travaille pour Oracle. Son message de 1992 était « Merry Christmas ».

Avez-vous appris quelque chose de nouveau? Utiliserez-vous ces nouvelles connaissances lors de vos conversations. Si oui, je vous demande de partager cet article.


La Cité-Jardin du Tricentenaire.

 Aucun Commentaire | Article écrit le 16/05/15 par Martin

Ce concept d’urbanisme britannique aussi appelé « City Beautiful Movement » est relativement simple. Repenser la ville en opposition à l’industrialisation des grandes villes. Un quartier avec une densité faible dans des rues cul-de-sac pour en réduire la circulation, entouré de verdure ou même de terres agricoles avec ses éléments publics comme les parcs et les centres culturels au milieu du quartier pour une utilisation minimale de l’automobile. À Montréal, nous sommes au début des années 40, au début de la 2e grande guerre, l’étalement urbain n’est pas encore tout à fait une réalité et l’automobile n’est pas encore déclarée comme ennemi numéro un. Il faut se placer en contexte, nous sommes tout de même à l’époque ou fumer n’était pas néfaste pour la santé, les québécoises viennent tout juste d’avoir le droit de voter et le salaire annuel de la classe moyenne se situe autour du 2 000$. Dernièrement des plans pour une cité-jardin qui devait voir le jour à Villeray par l’architecte-paysagiste Jacques Greber dans le domaine Saint-Sulpice ont été découvert. Ce plan ne verra jamais le jour et il faudra attendre à la 2e grande guerre pour voir une première cité-jardin voir le jour à Montréal.

En 1940, avec l’aide de la communauté religieuse des Jésuites par l’entre-mise de Père Jean-d’Auteuil Richard, du Mouvement Desjardins et de l’Avocat Auguste Gosselin, est créée l’Union Économique d’Habitation visant à offrir aux familles de la classe ouvrière la possibilité d’accéder à la propriété, loin des plex des quartiers ouvriers d’Hochelaga ou du Faubourg à m’l’asse plus au sud. L’U.É.H. prend possession des terrains dans Rosemont, entre les rues Sherbrooke Est, Viau, Dickson et Rosemont. Fortement inspiré du quartier Radburn au New-Jersey, USA, la création des plans est alors offerte à l’urbaniste Samuel Gitterman, un gradué en architecture de l’Université McGill qui donne la forme finale de ce qui deviendra un legs pour le 300e anniversaire de la fondation de Montréal en 1942. Des rues de formes serpentins terminant sur des passages piétonniers menant vers un bâtiment commun qui sera utilisé comme bureaux pour l’Union, de Coop alimentaire et d’espaces religieux. Beaucoup de verdure et d’arbres longent les rues offrant beaucoup ombre et très peu d’îlot de chaleur. L’aménagement paysager est même sous la direction technique du jardin Botanique de Montréal qui aidera les citoyens à planifier leur plantation, tout en remplaçant les arbres au fil des années suivantes lorsque cela sera nécessaire. La toponymie nous rappelle les essences particulières d’arbres qui les bordent, Rue des Sorbiers, des Cèdres, des Tilleuls ou des Sapins. Le nouveau quartier embrassera son titre de cité-jardin jusque dans le nom de ses rues.

La Cité jardin du tricentenaire de l'Union économique d'habitations. 1945. Source : Université du Québec à Montréal. Service des archives et de gestion des documents, Fonds d'archives de l'Union économique d'habitations, 72P9a/2.

La Cité jardin du tricentenaire de l’Union économique d’habitations.
1945.
Source : Université du Québec à Montréal. Service des archives et de gestion des documents, Fonds d’archives de l’Union économique d’habitations, 72P9a/2.

La construction débute en 1941 dans l’Avenue des Marronniers avec les premiers résidents prenant possession de leur demeure en 1942. Les acheteurs ont le choix de quelques types de maisons modèles, le « Chalet Suisse », « Maison Canadienne-Française » ou la « Maison Victoire ». Facile et rapide à construire dans les règles de l’art de fabrication du moment. 48 nouvelles résidences sont érigées Rue des Mélèzes et années après années de nouveaux chantiers sont ouverts. En 1947, la cité-jardin compte 167 maisons sur les 300 à 600 projetées. Cette même année, suite à des problèmes internes de gestion et au succès mitigé du projet, l’Union Économique d’Habitation plie baguage et fait faillite. Une liquidation vendra les maisons et cédera les rues à la Ville de Montréal en 1948, l’U.É.H. disparaît finalement en janvier 1964.

Le plan original versus ce qui a été construit entre 1941 et 1947.

Le plan original versus ce qui a été construit entre 1941 et 1947.

La cité-Jardin de Rosemont se voulait une expérience sur l’installation d’une banlieue viable et utile où, malgré la présence importante de l’automobile pour une utilisation quotidienne, elle pouvait rester stationnée durant la fin de semaine. Profiter de la ville tout en habitant une campagne et profiter de la nature, de Dieu (on se rappelle, les Jésuites sont derrière le projet) et d’un loyer abordable. La construction fut plus longue que prévu et les coûts explosèrent, les résidences prévues pour la classe moyenne sont plutôt la proie de la petite bourgeoisie qui ont les moyens de se payer les nouvelles maisons. Plusieurs des gestionnaires du projet même furent séduits par le projet et comptèrent parmi les premiers acheteurs, dérogeant au profil de l’acheteur voulu. Le bâtiment commun est transformé en école primaire pour le baby-boom d’après guerre.

Rues des Marronniers 1942vs2014. Les maisons sont les mêmes avec plusieurs changements apportés.

Rues des Marronniers 1942vs2014. Les maisons sont les mêmes avec plusieurs changements apportés.

Aujourd’hui dans l’ombre de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, du Stade et des Pyramides Olympiques, le secteur est où la densité habitée est parmi les plus basses à Montréal. Il est possible de voir un clivage important entre les résidents anciens qui sont de la première époque et dont la maison est passée de générations en générations et les résidents récents, qui se sont procurés ces maisonnettes à coût de plusieurs centaines de milliers de dollars s’approchant grandement du million. Les rutilantes BMW, Range Rover et Mercedes longent les rues aux côtés des Hyundai et des Honda plus bas de gamme. Des agrandissements et autres interventions radicales pas toujours nécessaires de plusieurs des constructions originales en détruiront l’héritage du patrimoine exceptionnel qu’était cette expérience du début des années 1940. Depuis, la Ville de Montréal et l’Arrondissement Rosemont-Petite-Patrie se sont dotés d’un plan d’implantation et d’intégration Architecturale. La disparition de certains sentiers pour piétons par des propriétaires voulant agrandir leur terrain est un exemple de mal déjà fait. le P.I.I.A. est venu mettre au clair les règles pour ce patrimoine bâti de l’Est de la ville. Reste qu’aller se promener dans les rues curvilignes de cette cité-jardin demeurent une expérience un brin déroutante, il est déconcertant de savoir que nous sommes qu’à quelques mètres du métro-boulot-dodo sans avoir à se taper la traversée d’un pont pour se rendre dans le « sprawl » tout autour de la ville centre.

Rue des Plaines, Rosemont-Petite-Patrie.

Rue des Plaines, Rosemont-Petite-Patrie.


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