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Le Sneckdown.

 Aucun Commentaire | Article écrit le 22/02/15 par Martin

Malgré ce que les gens aiment se faire croire, Montréal est vraiment une ville nord-américaine de la côte est où la voiture est reine de la route. Même si ce n’est pas nécessairement aussi négatif que certains maires d’arrondissements laissent croire, il y a quand même plusieurs façons d’apaiser la circulation pour rendre la vie des piétons et des cyclistes plus facile, sans avoir à rendre la vie des automobilistes plus difficile. Nos rues ne sont pas des autoroutes, les limites de vitesses varient entre 30km/h et 50km/h et franchement, ces limites peuvent être très difficiles à respecter. Moi-même automobiliste, je me vois souvent dépasser de 10km/h à 20km/h cette limite. Pourtant, je fais attention, je ne suis pas un fou du volant, vedette de Fast and Furious, je suis le flot de la circulation et je me surprends de vouloir accélérer au lieu de ralentir. C’est à cause de cette mentalité que les arrondissements et les villes recherchent des façons de ralentir la circulation. Dos d’ânes, arrêts aux quatre coins, sens-uniques, ces méthodes fonctionnent mais ruinent la fluidité de la circulation, tout aussi importante au bon rendement d’une métropole en santé.

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Avec un tel nom, le « sneckdown » phonétiquement sonne comme le nouveau sport à la mode ou encore la suite logique du « planking » et du « selfie ». Le « sneckdown » est un terme non officiel utilisé en urbanisme pour décrire les chemins empruntés par les véhicules et les piétons dans les rues nouvellement enneigées d’une ville. Un genre de papier à tracer pouvant guider les urbanistes à voir le chemin utilisé par les usagés de la route. C’est un jeu de mots anglophones avec les mots « Snow » (neige) et « Neckdown » (avancée de trottoir), qui semble avoir ses sources sur le très bon blogue Streetfilms.org qui se spécialise dans la création de vidéos sur l’utilisation intelligente de la rue. Pendant que nous y sommes, je vous suggère fortement de vous abonner à ce site.

Le « sneckdown » peut aider à trouver cette solution à l’apaisement de la circulation sans nuire au flot de véhicules. Suite à une nouvelle neige, allez-vous placer sur un coin de rues et regarder le chemin emprunté par les différents usagés de la route. Vous serez surpris du peu d’espace que l’automobile à vraiment besoin en comparaison à l’espace que lui donne. Malheureusement/heureusement, Montréal est, malgré ses critiques, déneigée de façon assez efficace, il n’est donc pas possible de voir des amas de neige sur les coins des rues comme dans les exemples américains tirés du site StreeFilms. Si une section de rue n’as pas de trace de mouvement, c’est à se demander si cet espace ne pourrait pas être utilisé pour agrandir le trottoir, placer du mobilier urbains ou tout simplement y mettre un peu de verdure.

Coin de la rue Gilford et St-Denis

Coin de la rue Gilford et St-Denis

Vous remarquerez que plusieurs arrondissements prennent le chemin du « neckdown » de trottoirs de grandes artères. Le « neckdown » (sans S) est l’approche qui consiste à allonger les coins de rues, créant une saillie, réduisant ainsi la largeur du chemin passant pour les véhicules. Les points positifs sont grands, premièrement, du point de vue de l’automobiliste en moi, ces saillies me permettent de traverser une intersection en ayant un regard plus sécuritaire sur la circulation de la rue perpendiculaire que je tente de croiser. Il n’est pas nécessaire d’avancer dans la voie de manière dangereuse pour voir si un véhicule s’en vient, qui est peut-être caché par les véhicules stationnés. Pour le piéton, le trottoir est une barrière imaginaire entre l’auto et lui, offrant un esprit de sécurité à la personne voulant traverser la rue. Si je prends l’exemple de la Rue Ontario dans Hochelaga qui a tout récemment ajouté une série d’apaisements de la circulation, incluant des trottoirs élargis sur la Promenade. Un piéton peut maintenant traverser sur 8 mètres au lieu de 12m. Ces quatre mètres de différence à pied, peuvent faire la différence sur la sécurité de ce dernier pour se rendre de l’autre côté. Bien sûr, il y a quelques points négatifs, les véhicules d’urgences aussi sont ralentis et ça supprime quatre places de stationnement au minimum sur chaque coin.

Les nouveaux trottoirs de la Promenade Ontario. Un exemple de

Les nouveaux trottoirs de la Promenade Ontario. Un exemple de neckdown et une sécurité accrue pour les piétons

Toronto et New York ont tous de belles communautés de « Sneckdowneux », blogues, pages Facebook, hashtags sur Twitter. Montréal est un peu en queue de peloton. Des citoyens de ces grandes villes ont utilisé leurs découvertes pour faire changer les règles en s’improvisant urbanistes envers leur élus. Ils ont réussi à faire comprendre que les piétons doivent avoir plus de place, pour le bien-être et la santé de la ville et pour la sécurité de tous ceux et celles qui utilisent la rue, qu’ils soient à pied ou en auto. La neige permet de redessiner la rue de manière efficace et unique.

 

Alors, allez-vous garder un oeil sur la rue lors de la prochaine bordée de neige?
Croyez-vous que le « Sneckdown » est une bonne façon pour guider les urbanistes?

 

 

L’Équipe de Streetfilms.org est passée à Montréal et semble avoir apprécié leur visite.


De retour à la normale.

 Aucun Commentaire | Article écrit le 14/02/15 par Martin

Je ne vous cache pas, ces billets qui n’ont pas de sujet « Montréaliste » sur le blogue lui-même, ne sont pas des plus populaires. Je me devais tout de même de faire celui-ci puisque depuis quelques semaines, ProposMontréal et moi sommes sur un nuage amusant. En mai 2014, suite à la publication d’un « 20 faits sur Montréal », un collègue blogueur Montréalais, Taylor Noakes qui par conséquent, était recherchiste pour la chaîne de radio anglophone CJAD m’invite à participer à une émission de fin de semaine. Cette incursion dans les médias traditionnels était plutôt amusant, mais rien d’autre, surtout que suite à la nervosité, j’ai fait une erreur importante. Si vous l’écoutez, le Pharmacien qui a inventé le Beurre d’Arachide n’était pas des maritimes, mais bien de Bedford, Québec. Écoutez mon intervention ci-bas.

Cette petite expérience derrière moi, loin était l’idée que je ferais un retour dans les médias. Pourtant, en novembre 2014, suite à la publication d’un autre « 20 faits sur Montréal » je suis contacté par un éditeur de TVA publications qui me propose de faire une liste de faits inspirés de mes découvertes. Cet article sera publié dans le magazine Dernière Heure du début décembre. On accélère et on se retrouve à la fin janvier 2015 quand je publie le billet qui se voulait ludique et amusant sur le fameux YUL. Je n’ai jamais eu aussi tort dans toute l’histoire du blogue. Durant les jours qui suivent, ce billet est partagé plusieurs dizaines de milliers de fois dans les médias sociaux et le nombre de gens qui visite le site a grimpé plus de 50 fois le flot habituel et notre page Facebook gagne plus de 75 admirateurs et ce, dans les 72h de la publication.

Selfie Radio-Canadien aec le journaliste Hugo Lavoie

Selfie Radio-Canadien aec le journaliste Hugo Lavoie

Ce retour à la normale fut de courte durée quand le journaliste Hugo Lavoie me contacte pour un petit topo sur YUL durant l’émission du matin de Marie-France Bazzo (cliquez ici pour écouter). La tornade reprend sur le site pour quelques jours et le nom de ProposMontréal se retrouve une fois de plus dans les médias sociaux. Le jour suivant on me met en contact avec l’éditeur en chef du Huffington Post Québec qui m’invite à devenir blogueur pour le journal, plate forme que j’utiliserais pour des billets plus léger que ceux que j’écris pour ProposMontréal, alors je vous invite à me suivre sur le HuffPost.

Comme une cerise sur le sundae, Louise-Marie Bouchard de l’émission « J’aime Montréal » sur les ondes de CIBL m’invite à participer à une table ronde pour discuter de notre expérience comme blogueur à Montréal avec Félix Gravel du site Urbabillard qui touche à l’urbaniste des villes et surtout de Montréal.

Qu’est ce que cela veut dire pour le blogue et pour vous? Franchement, rien, la poussière va retomber très bientôt et ces expériences m’auront offerte de nouvelles connexions, de nouvelles ressources et de nouvelles idées pour ProposMontréal. Avant tout, c’est amusant et vous pouvez maintenant placer un visage sur le blogueur derrière ProposMontréal.

Blogueur Martin Bérubé de ProposMontréal et Félix Gravel d'Urbabillard

Blogueurs Martin Bérubé de ProposMontréal et Félix Gravel d’Urbabillard

Maintenant, si on pouvait savoir pour M. le Maire nous à bloqué sur Twitter, la semaine se terminerait en beauté.

M. Le Maire ne nous aime pas surTwitter

M. Le Maire ne nous aime pas surTwitter


L’Angélique de Montréal.

 Aucun Commentaire | Article écrit le 04/02/15 par Martin

Il est encore difficile à croire qu’en 2015, nous devons avoir un mois de l’histoire des Noirs, une journée de la Femme ou une journée pour vous rappeler qu’il y a des gens différents. En 2015, je croyais qu’on serait tous égaux et pourtant, ce genre de festivités sont encore trop nécessaires. Plus je prends de l’âge, plus je me rends compte que j’ai eu la vie facile, un homme blanc vivant dans la classe moyenne de descendance Européenne. Malgré certaine personne ayant des mentalités qui ne sont pas arrivés en 2015 en même temps que nous, Montréal, est une ville assez ouverte sur le monde et ses résidents de tous les coins de la planète vivent relativement en paix. Comme vous le savez, février est le mois de l’Histoire des Noirs et depuis quelques années, la ville s’assure de mettre bien à l’avant plan ce mois de découverte, d’histoire et de culture internationale. C’est avec cette idée en tête que je me suis dit que je me devais de partager une partie sombre de notre histoire à tous. Le moment où des Montréalais, comme moi, peut-être comme vous, ont décidé de juger, de torturé, de condamner et de pendre une personne innocente d’un crime tout simplement parce qu’elle était différente de la masse populaire. Beaucoup de gens connaissent l’histoire de Marie-Josèphe Angélique, mais qu’en savez-vous exactement?

Hôtel de Callière. Prèt de la Pointe à Callière aujourd'hui.

Hôtel de Callière. Prèt de la Pointe à Callière aujourd’hui.

En 1734, Montréal n’a pas encore 100 ans et comptent sur un peu moins de 3000 habitants. La ville est un centre névralgique pour la traite de fourrure en Nouvelle-France et les Anglais ont les yeux sur le butin. Les fortifications de pierres sont en construction depuis 1717 et non pas pour les Iroquois, puisque la région vit sa plus longue période de paix depuis 1713, mais bien pour la menace des manteaux rouges anglais. L’image représentant Montréal la plus ancienne que j’ai pu trouver est le plan par Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry, la ville compte alors plus ou moins 400 bâtiments. 379 maisons sont dans l’enceinte de la ville, la majorité en bois, très basses, semblables aux demeures rurales, environ 45% sont alors construites en pierres. Ces maisons de pierres sont pour la plupart construites suite à l’incendie de 1921 qui avait rasé 171 maisons. Le feu fut causé par un soldat blanc qui, par mégarde, avait dirigé son tir de mousquet sur le toit en cèdre de l’Hôtel-Dieu.

Cliquer sur la carte pour voir une version plus grande. Plan de la ville, 1731.

Cliquer sur la carte pour voir une version plus grande. Plan de la ville, 1731.

Marie-Josèphe est née à Madeira au Portugal, de parents angolais entre 1705 et 1708, sa date de naissance change selon les sources. Elle arrive en Nouvelle-Angleterre avec son « propirétaire », Nichus Block, un flamand. Elle est vendue à un marchand Montréalais alors qu’elle a environ 20 ans en 1725 en provenance de la colonie anglaise de Fort Orange (Albany, NY). François Poulin de Francheville, seigneur de Saint-Maurice à qui nous devons Les Forges Saint-Maurice dans la région de Trois-Rivière. Marie-Josèphe est alors esclave-domestique dans sa maison de Montréal. À son décès en novembre 1733, Francheville, lègue à sa femme un terrain, rue Saint-Paul et la maison de pierre de deux étages qui s’y retrouve, il lui laissa aussi une ferme dans la paroisse de Saint-Michel et ses parts dans la forge. Aujourd’hui, la Rue Francheville dans Ahuntsic-Cartierville est nommée en son nom.

Veuve, Thérese de Couagne de Francheville, habite avec sa nièce, Marguerite, 10 ans et Marie-Josèphe qu’elle renomme Angélique à la mémoire de sa propre fille décédée très jeune, Marie-Angélique. Durant ses neufs ans chez les Francheville, Angélique eu trois enfants, le premier, Eustache, décéda un mois après sa naissance en janvier 1731 et des jumeaux, Marie-Françoise et Louis, en mai 1732 qui ne verront pas leur premier anniversaire. Le père de ces bambins est un certain Jacques-César, esclave de la famille Gamelin, partenaire dans les forges de Saint-Maurice. Il n’est pas très clair si Angélique et César étaient amoureux ou accouplés par leurs maîtres pour des raisons financières. Après tout, de jeunes esclaves noirs pouvaient avoir une valeur presque doublant celle des esclaves amérindiens. En fin d’année 1733, Angélique demande sa liberté pour vivre avec son amant blanc, Claude Thibault un artiste français en exil en Nouvelle-France, une demande qui lui sera refusée par la veuve. C’est alors que neuf ans de vie commune deviennent plutôt difficiles et la maîtresse prend la décision de vendre Angélique pour 600 livres de poudre à canon à un homme d’affaire de Québec en début d’année de 1734, l’esclave reste donc à l’emploi de Francheville en attendant la fonte des glaces sur le St-Laurent pour le transport en bateau. Désapprouvant de la décision de sa propriétaire, elle se sauve avec Thibault mais sont rattrapés dans la région de Chambly deux semaines plus tard.

Vers 19h le 10 avril 1734, les cloches de l’hôpital et des églises retentissent, le feu est pris dans le grenier de la maison Francheville et se propage rapidement vers l’est, plusieurs sources racontent même que le nouvel Hôtel-Dieu est rasé en moins de 3h. 45 maisons seront la proie des flammes. Le redoux d’avril rend les chemins boueux pratiquement impraticables et rend le combat très difficile. Les rues boueuses n’empêchent pas le feu de s’étendre et n’empêche pas les rumeurs de courir également. Dès le matin, le mot dans la cour de l’Hôpital où s’était retrouvé les résidents sans toit est que l’esclave est la cause de l’incendie, selon les dires d’une esclave amérindienne qui affirme avoir vu angélique mettre le feu. N’avait-elle pas menacé cette pauvre Thérèse à multiple reprise depuis son refus de liberté?

Angélique devant un Montréal en flamme. Source Inconnue.

Angélique devant un Montréal en flamme. Source Inconnue.

Le 11 avril 1734, Angélique est arrêtée pour le crime d’incendiât, basé sur une rumeur et rien d’autre. Notons que selon la Grande Ordonnance de 1670, la rumeur était considéré comme « une preuve par renommé ». Claude Thibault, amant de la prisonnière est aussi accusé basé sur les rumeurs, il reste introuvable. Le Juge Pierre Raimbault sera à la tête du procès, quatre interrogations plus tard, deux de plus sur la sellette et une sous la torture. C’est 31 montréalais, qui répéteront presque mot pour mot les paroles de l’esclave amérindienne et Angélique refuse toujours d’avouer sa responsabilité sur les faits du 10 avril. Personne ne peut dire sans aucun doute qu’ils ont vu l’esclave des Francheville mettre le feu. Le 26 mai 1734, un nouveau témoin fait son apparition, il s’agit de la fille de cinq ans du beau-frère de la veuve et la petite fille du juge Raimbault. Marie-Amable Monière affirme que le jour de l’incendie, elle a vu Angélique « prendre du feu et le monter au grenier ».

Le 4 juin 1734, le juge rend sa sentence. Marie-Josèphe dit Angélique, déclarée coupable, devra faire amende honorable, aura la main coupée et sera brûlée en place publique. Suite à la même loi de 1670, si un accusé est déclaré coupable de peine de mort, ce dernier pouvait en appeler de la décision au Conseil Supérieur à Québec. Le 12 juin 1734, le conseil supérieur réduira la peine de l’accusée. Elle sera pendue avant d’être brûlée et sa main ne sera pas coupé. Le 21 juin, elle est donc interrogée une dernière fois, malheureusement, sous la torture, ironiquement pratiquée par Mathieu Léveillé, un noir qui lui mutile les jambes dans une presse appelée un brodequins. Léveillé, de 1733 à 1743, seul esclave noir a remplir les fonctions de maître des hautes œuvres au Canada sous le régime français. Sous la douleur et sachant qu’il n’y aura aucune autre option que la mort, Angélique avoue, demande qu’on la pende, elle a agi seule pour mettre le feu. « C’est moi, messieurs, faites moi mourir… ».

Annonce d’une vente d’esclave parue dans la Gazette de Québec, le 12 mai 1785

Annonce d’une vente d’esclave parue dans la Gazette de Québec, le 12 mai 1785

Le soir même, dans une charrette, habillé d’une chemise blanche où il est possible de lire « Incendiaire », Angélique est traîné de la prison située Rue Notre-Dame à l’espace public aujourd’hui la Place d’Armes. À 17h selon l’horloge des Sulpiciens, elle est pendue et y reste pendant deux heures, son corps passé au bûcher et ses cendres éparpillées au vent. Une lettre envoyée au Roi Louis XV en octobre par le Gouverneur de la Nouvelle-France, Charles de la Boische, Marquis de Beauharnois se lisait ainsi « … Cet accident est arrivé par la méchanceté d’une esclave n***esse appartenant à La veuve Francheville qui par quelque mécontentement de sa maîtresse, mit le feu de propos délibéré dans les greniers de sa maison, qui s’enflamma si rapidement par un vent d’ouest forcé que le feu s’étendit bien vite dans tout le quartier et fit appréhender à tout le peuple un incendie général. Tous les habitants furent tellement occupez de cette frayeur, que chacun loin d’aller promptement au secours des maisons qui brûlaient ne pensa qu’à sauver sa propre maison et ses effets, même dans les quartiers les plus éloignées. Cependant, par les bons ordres qui furent donnés à propos par Mrs de Beaucours, Michel et les officiers de justice. Avec les secours des troupes on a préservé le reste de la ville. La n***esse a été cependant arrêtée et son procès instruit. Elle a été condamnée à faire amende honorable, à être pendue et son corps mort à être jeté au feu, ce qui a été exécuté à Montréal Le 21 de juin 1734… » (ndlr: J’ai corrigé les fautes, ainsi que « traduit » au français actuel »).

Avance rapide quelques 270 ans plus tard, en 2004, l’historienne et auteure du livre « Le procès de Marie-Josèphe-Angélique », Denyse Beaugrand-Champagne, met le doute dans l’esprit populaire sur la culpabilité d’Angélique. L’auteure examine non seulement toutes les archives judiciaires qui sont, forcément, la source principale pour le procès, mais également une foule d’autres sources susceptibles d’éclairer les événements. Du livre dse comptes du marchand Alexis Lemoine dit Monière aux archives de la Ville de Montréal, indiquant la somme payée pour ramener Thibault et Angélique à Montréal après leur tentative de fuite en février 1734. Des journaux intimes, des actes notariés, des registres comptables, des actes d’état civil et 6400 documents juridiques passeront sous l’oeil de Mme Beaugrand-Champagne. Même si le livre laisse le lecteur faire sa propre idée de qui est le coupable, l’incendie semble accidentel, le résultat d’un feu de cuisine ou du mauvais ramonage de la cheminée du voisin. Un autre livre ette fois par l’auteure Afua Cooper vient mettre le clou dans la thèse de la culpabilité de l’esclave, « The Hanging of Angélique » publié en 2006 apporte d’autres preuves, ou le manque de preuve je devrais dire. Elle termine par contre en disant « je ne sais pas si Angélique a mis le feu, mais je crois qu’elle peut l’avoir fait ». Je vais vous épargner les raisons pour lesquelles sa culpabilité est remise en cause. Par exemple, qu’elle jouait avec la petite Marguerite et ses amies lorsque que l’incendie fut déclaré ou encore, qu’elle était à la messe et dans les champs une meilleure partie de la journée. Ce n’est pas la raison première du billet.

livres

En plus des deux livres mentionnés, il est possible d’avoir beaucoup d’information sur la vie d’Angélique avant et pendant les événement qui mena à sa mort. Je me suis énormément inspiré du site web de Mme Beaugrand-Champagne ainsi que ce rapport de recherche par Laure de Moussaye pour vous partager le quotidien de l’esclave. Que reste-t-il d’Angélique aujourd’hui? Décrété par les Nations-Unis, 2004 fût l’année internationale de la lutte contre l’esclavage et de son abolition. Le 23 février 2004, le gouvernement du Québec décerne à la Ville de Montréal une plaque commémorative pour empêcher l’oubli et rappeler que l’esclavage a été pratiqué ici jusqu’à son abolition en 1833. Le bâtiment où se trouve cette plaque rue Vaudreuil, juste au coin de la rue Sainte-Thérèse est La Maison Parent-Roback, un regroupement qui a pour but d’améliorer la situation des femmes, d’éliminer la violence et de promouvoir la justice sociale. En février 2012, durant les cérémonies entourant le mois de l’histoire des noirs, le parc entourant la Station de Métro Champs-de-Mars devient alors la Place Marie-Josèphe-Angélique.

Place Marie-Josèphe-Angélique.

Place Marie-Josèphe-Angélique.

Angélique est probablement l’esclave la plus connue à Montréal avec des pièces de théâtres, des livres, des chansons et des poèmes. Je sais qu’elle est la « noire de service » quand arrive le mois de février. Son histoire dont je n’ai qu’énuméré les grandes lignes ici est relativement connue des Montréalais, du moins, plusieurs ont déjà entendu le nom. Malgré la connaissance de l’histoire, je croyais important de rappeler que l’esclavage a existé en Nouvelle-France et qu’à la limite, parce que l’on doit encore avoir un mois de l’Histoire des Noirs, une parade de la Fierté Gai ou une journée de la femme.

plaque-angelique

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