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Publicités roulantes, oui ou non?

 Aucun Commentaire | Article écrit le 17/09/14 par Martin

Montréal a un problème de circulation, ce n’est pas un secret. Je ne parle pas de ponts lors du retour à la maison, je parle de la ville centre, le noyau de la ville. Quand ce n’est pas les cônes orange qui sont dans le chemin, c’est un accident ou une manifestation qui bloque le chemin. Je prends en compte les événements spéciaux et les rues piétonnières temporaires comme un droit acquis.

Plusieurs idées sont sur la table pour essayer de contrer cette prolifération de la circulation. Ça commence par entretenir les rues bien sûr et convaincre les gens d’utiliser le transport en commun. Mais d’autres idées pourraient aider, par exemple, empêcher les camions durant certaines heures ou être plus sévère envers les gens stationner en double. Ceci étant dit, il n’y a pas de petit pas vers la fluidité urbaine, voilà quelques années sur ce blogue, j’avais lancé la suggestion suivante. Avoir des places de stationnements spécifiques pour les camions de livraisons, oui le livreur aura peut-être à marcher un coin de rue, mais il ne sera pas stationné en double sur St-Laurent à 9h le matin! Mais j’ai une autre suggestion et vous verrez, ça ne fera pas qu’aider la circulation, je vais aussi sauver une certaine pollution visuelle.

Peut-être que ça ne changera pas la circulation, j’exagère un peu, mais voici mon histoire et vous comprendrez la raison de ma frustration et la raison de ce texte aujourd’hui. Je suis dans mon auto, roulant, tranquillement, sur Ste-Catherine et mon but de tourner à gauche sur University est à quelques coins de rues. Si vous avez déjà essayé de tourner de cette façon, vous savez très bien que ça peut prendre quelques lumières pour faire le mouvement. Par contre, cette fois-ci, le tournant risque de me prendre quelques minutes de plus. Pourquoi me demandez vous? Parce que devant moi se trouve un camion cube de 16′ avec des écrans DEL tout le tour et son rôle, sa raison d’être est d’être vu, d’être regardé par le plus de gens possibles, la seule raison que ce camion se retrouve dans la rue la plus occupée du Québec à une heure ou la circulation roule à la vitesse de la tortue est pour faire de la publicité.

camion

Ces camions que ce soit des panneaux rigide, rotatifs ou à écrans peuvent être engagés pour faire la promotion de votre événement ou de votre commerce. Nous sommes bombardé par la publicité que ce soit sur internet, dans les rues, dans les transports en commun, à la radio ou à la télé. Il est pratiquement impossible de se sauver de la pub tellement que le consommateur moyen en est blasé, cette publicité est devenue presque invisible, la preuve, j’ai une pub sur le site (à gauche là) et personne ne clique dessus. Il est donc nécessaire pour les boîtes de communication de trouver de nouveaux médiums pour faire passer le message, parce que le lady’s night du Club Radio est vraiment important à publiciser. Alors, un génie a donc eu l’idée que faire rouler un camion dans un Montréal déjà congestionné serait une excellente idée. En principe, c’est une excellente idée. Mon problème avec cette façon de faire est plus simple, plus idéologique. Voyez-vous, on nous vante l’utilisation du transport collectif, du vélo et de l’énergie verte. La « ville » nous demande de moins prendre nos véhicules quand ce n’est pas nécessaire pour de multiples raison, écologique bien sûr, mais aussi pour des raisons économiques parce que la congestion coûte des millions par année à des entreprises.

Pourquoi la ville ne légifère pas sur ce type de véhicule complètement inutiles sur nos rues? Le plan d’urbanisme de l’arrondissement de Ville-Marie (où la majorité de ces camions se retrouvent) avait la règles suivante « 531. Une enseigne publicitaire est interdite sur un véhicule, sauf sur un autobus où elle est autorisée sans limite ». Hors, en raison de complexités juridiques cette loi a été abrogée en mai 2013. depuis, il n’y a aucune réglementation sur l’utilisation de véhicules pour les seules raisons d’être publicitaire. Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’arrondissement, par l’entremise du 311, n’a jamais eu aucune plainte à ce sujet, zéro, nada, rien, nothing, zip! Vous allez me dire que je suis le seul à voir l’absurdité de l’utilisation d’un camion diesel qui ne servira qu’à rouler sans autre raison.

camion2

Je peux voir une utilisation intelligente de ces véhicules publicitaires. Par exemple, Stationné à la sortie d’un concert ou d’un match de hockey au centre Bell. C’est 25 000 personnes qui potentiellement pourraient voir votre message. Dans un stationnement de centre d’achat quand une boutique veut publiciser une vente, le camion stationné peut être une bonne enseigne éphémère. Il est important de noter que ce véhicule doit être éteint. Certain comme ceux à écrans DEL fonctionnent avec des génératrices pour éviter que le véhicule tourne au ralentit. Le règlement municipal interdit aux automobilistes de laisser rouler le moteur de leur voiture au ralentit alors qu’elle est immobilisée, durant plus de trois minutes. Le coût de cette infraction est de 50$ plus les frais bien sûr.

La plupart des sites faisant la promotion de ce type de pub parle que leurs véhicules sont écologiques. Oui le diesel est de plus en plus écologique avec l’utilisation de système d’urée Pour répondre au norme d’antipollution pour tous les moteurs diesel. Mais reste qu’un camion dans les rues de Montréal, c’est un camion de trop. Leur autre argument et probablement celle que je préfère, aucun arbre n’est coupé pour faire leur pub, sérieusement?

Mon dernier argument. Quand on nous empêche d’utiliser des écrans lors de la conduite, je ne peux pas croire que ce genre de camion n’est pas un risque d’accident, on parle d’un écran géant et roulant surtout quand c’est une publicité de “Victoria Secret” !

En conclusion, je ne suis pas contre ce type de pub, je crois que l’idée du camion est intéressante, je crois simplement que les écrans devraient être éteints si le véhicule se rend du point A vers le point B où les écrans sont rallumés quand le véhicule est stationné.

Que pensez-vous de ce type de publicité, pour ou contre? Devrait-elle être contrôlée, réglementée, limitée ou complètement bannie?


20 faits sur Montréal, 5e édition et un bonus

 1 Commentaire | Article écrit le 05/09/14 par Martin

Voici la 5e édition de la liste de 20 faits sur Montréal que vous connaissez-peut-être-mais-sûrement-pas. À la fin de cette liste, si vous avez suivi la série entière, vous aurez appris 100 faits de ce genre sur votre ville préférée. Des faits ont été dépecés en morceaux et d’autre ont ouvert des débats. Certain sont utiles, d’autres sont faits avec humour, mais pour la plupart, sont de petites croquettes d’informations qui ne vous serviront plus jamais à rien. Vous n’avez qu’à suivre ces liens pour vous rattraper et voir les quatre éditions précédentes. 1ère partie, 2e partie, 3e partie, 4e partie

  1. Un incendie majeur en 1852 détruisit 1112 résidences près de 10 000 Montréalais se retrouvait alors sans logis. La population de Montréal à ce moment n’était à peine de 60 000 résidents.
  2. La station de Métro la plus profonde de la STM est la station Charlevoix où le quai vers Honoré-Beaugrand se retrouve à 29,6 mètres sous le sol de la station.
  3. La courte Rue Ste-Hélène dans le Vieux-Montréal est depuis 1998 la seule rue à Montréal éclairée à l’aide de lanternes au gaz naturel au lieu du traditionnel éclairage électrique.
  4. ste-helene
  5. Le 11 août 1906, Antoine Toutant, devient le premier piéton victime d’un accident automobile. Hernold Thomas Atkinson était le conducteur de la voiture qui roulait à une vitesse de 25 km/h, soit 10 km/h au-dessus de la limite permise à ce moment.
  6. Le Shish Taouk servi chez Amir, Basha ou autres restos rapides est une expression Montréalais. C’est en fait un Sharwarma de Poulet. et n’a rien à voir avec le Shish Taouk traditionnel qui n’est qu’une brochette de poulet.
  7. Selon Toponymie Montréal, la Place des Jardins-des-Vosges à Verdun (île des soeurs) est le chemin praticable à pied ou en véhicule le plus court de Montréal soit 10,5 mètres.
  8. Mise en fonction en 1932, mesurant 32′ et fabriquée par la Dominion Bridge de Lachine. La bouteille « Guaranteed Pure Milk » de la Rue Lucien-L’Allier peut contenir 250 000 litres de lait.
  9. L’architecte irlandais de religion Anglicane James O’Donnell (1774-1830) s’est converti au Catholicisme juste avant sa mort pour être enterré dans la crypte de sa plus belle oeuvre, la Basilique Notre-Dame.
  10. Érigé en 1809, la Colonne Nelson de la Place Jacques-Cartier est le plus ancien monument au monde en honneur à Horatio Nelson (1758-1805) et le plus vieux monument de Montréal. fait à noter que la statue n’est pas l’originale, mais une copie datant de 1999. L’originale est au centre d’histoire de Montréal.
  11. De 1956 à 1960, les Canadiens de Montréal et Jacques Plante ont remporté la Coupe Stanley cinq années consécutives, le nom du gardien sur la Coupe Stanley est orthographié différemment à chaque fois. 1956, J. PLante. 1957, Jacques Plante. 1958, Jac Plante. 1959, Jacq Plant. 1960, Jaques Plante.
  12. Photo: Canadiens de Montréal

    Photo: Canadiens de Montréal

  13. Le 4810 Chemin du Bois-Franc dans l’arrondissement de St-Laurent n’est rien d’autre qu’un Parc de maisons mobiles au beau milieu du parc industriel. Un peu surréaliste comme endroit.
  14. XWA, plus tard appelé CFCF, installé rue Williams fut en 1920 la première station de radio au monde à avoir une programmation fixe.
  15. La légende veut que l’expression « La ville aux cent clochers » ait été dites la première fois par Mark Twain. Mais ce qu’il a vraiment dit est « C’est la première fois que je suis dans une ville où il est impossible de lancer une brique sans briser la fenêtre d’une église » dans une soirée en son honneur à l’Hôtel Windsor en décembre 1881.
  16. Depuis ses rénovations, avec un total de 43 626 mètres carrés, l’Ikea de l’Arrondissement de St-Laurent est le plus grand en Amérique du Nord.
  17. Miss Piggy est la soeur de Youppi!. Bonnie Erikson, conceptrice de la mascotte orange est aussi celle qui a dessiné Miss Piggy, le Swedish Chef, Statler et Waldorf (les vieux grincheux des Muppets) et la mascotte des Phillies, le Phillie Phanatic.
  18. Photo: BANQ, 1982

    Photo: BANQ, 1982

  19. Abandonnée depuis septembre 1980, la maison située au 100 Somerville dans l’Arrondissement d’Ahuntsic est en fait le Consulat d’Irak à Montréal. Elle fût abandonnée durant la nuit lors de la déclaration de la guerre du golfe. Elle appartient toujours au Gouvernement Irakien.
  20. La première messe fût célébrée à Rivière-des-Prairies le 24 juin 1615 par Frère Denis Jamet en compagnie de Samuel de Champlain.
  21. Il est maintenant possible de voir l’emplacement de la première église de Montréal, l’Église Notre-Dame se trouvait sur la Place d’Armes de la basilique. Une silhouette dans le dallage de la rue Notre-Dame Ouest présente son emplacement au moment de sa démolition en 1830.
  22. Le Ritz-Carlton de Montréal n’appartient pas au Groupe Marriott comme les autres Ritz-Carlton de la planète, le groupe d’investisseurs originaux ont acheté en 1912, les droits au nom « Ritz » pour leur nouvel hôtel pour la somme de 25 000$.
  23. Trois albums ont été enregistrés au Stade Olympique, « Emerson, Lake et Palmer In Concert » enregistré le 26 août 1977, David Bowie a enregistré l’album « Glass Spider Live » le 30 août 1987 et Diane Dufesne, enregistre l’album ‘Magie Rose » le 16 août 1984.
  24. elp
  25. BONUS: Il y a exactement 5 ans aujourd’hui, Proposmontreal.com ouvrait ses portes virtuelles dans la blogosphère Montréalaise.

Vous avez bien lu, PM fête ses 5 ans. J’ai vu plusieurs blogues citoyens apparaître et disparaître en cinq ans. Des médiums sociaux ce sont greffés, Facebook, Twitter, Instagram, Tumblr et Reddit ont gagnés en popularité. Le site lui-même est assez populaire, pas assez à mon goût, par contre, je n’ai que moi à blâmer pour ça. Je ne dois pas me plaindre avec quelques milliers de visiteurs quand un nouveau billet est mis en ligne, j’ai l’impression que j’ai plus de lecteur que la plupart des journaux locaux. J’aimerais pouvoir apporter le blogue à un autre niveau, malheureusement, même si le projet a originalement commencé à deux, ProposMontréal est un projet d’une seule et unique personne. J’ai souvent cherché des gens pour m’aider, l’aide se fait rare pour une ville comme la nôtre qui tire de la patte depuis les 10 dernières années et j’ai l’impression que ce sera un projet solo pour assez longtemps encore. Pour ceux qui se demandent la question qui tue, le blogue rapporte un gros total de 50$ à 75$ par année, assez pour le serveur et le nom de domaine.

Le blogue m’a permis de faire beaucoup de recherche, d’en apprendre encore plus sur Montréal et de faire des rencontres « virtuelle » ou réelle qui me sont chères aujourd’hui. Ugo (Capitaine Montréal), Carle(C’est toi ma ville), Tania(Ponto) et Kate, (Mtl Weblog) en sont de bel exemples (je vous dois une bière, ou huit) et tous les habitués à la page Facebook, je vous remercie, les « Thumbs Up », les commentaires et les débats sont ce qui me fera continuer probablement un autre cinq ans. Originalement, je pensais faire un party dans une microbrasserie locale et d’inviter tout le monde à venir se rencontrer, peut-être pour le 6e anniversaire. Je compte faire plus d’interviews qui m’ont fait rencontrer des Montréalais fascinants comme Matt Soar et Notre cône à tous, Ponto. La vidéo reste mon projet le plus important, j’ai tellement d’idées, musicales, historiques, de découvertes et je suis toujours à la recherche d’une équipe si le cœur vous en dit.

Avez-vous aimé les 100 faits, ce genre de liste est-il un type à exploiter un peu plus? N’oubliez pas de partager, n’oubliez pas d’échanger vos points de vue et vos idées de chronique. PM est là pour vous, profitez en!


Les ruelles à l’avant plan.

 1 Commentaire | Article écrit le 28/08/14 par Martin
Ruelle 1890, Photo: Musée McCord

Ruelle 1890, Photo: Musée McCord

Je me rappelle quand j’étais un mini moi, grandissant à Verdun, nos parents nous envoyaient jouer dans la ruelle, loin des dangers de la rue et sous l’œil attentif des voisins et voisines en cas d’urgence. Vers 17h on entendais nos mères crier du balcon de venir souper où d’entrer prendre son bain, on jouait au hockey, nos petites voisines méritaient nos premiers becs après avoir joué à la tag-bar-b-que. Je ne commencerais pas à être nostalgique du bon vieux temps des années 80, mais il faut avouer que les choses ont changés. Le blogue « C’est toi ma ville » représente très bien la vie dans les ruelles durant ces années dans son billet d’août 2013. Malgré les efforts pour redonner un espace de vie aux familles en nettoyant les cages d’escalier en tôle ondulée, hangars et garages à grand coup de subventions. Les ruelles ont vécu une période creusent dans les années 1990, les familles autant prisées des politiciens ont quitté pour la banlieue, les jeunes ont abandonné les activités extérieures et de toute façon et des parents surprotecteurs s’imaginent que ces ruelles sont des endroits de débauches où drogue, sexe et pédophiles se côtoient à toutes heures du jour ou de la nuit. N’ayons pas peur de dire la vérité, la plupart des ruelles du centre-ville ne sont que des voies de services pour les déchets, huiles usées de restauration rapide, souvent utilisé comme toilettes à air-ouverte et où la salubrité reste franchement à désirer.

Et voilà que depuis une quinzaine d’année, elles reprennent vie, ruelles vertes l’été, ruelles blanches l’hiver et voilà que depuis quelques jours et jusqu’au 12 septembre, vous retrouvez dans une ruelle de Sainte-Catherine en plein centre-ville un marché éphémère de fruits et légumes. Dans les quartiers plus résidentiels, la ruelle reprend vie où pour l’espace d’un moment il est possible d’oublier le bruit des voitures. Les Bergeron, Coderre et autres leaders politiques se demandent souvent comment garder les jeunes familles en ville, je commence à croire que ça devrait commencer dans la cour arrière.

exemple de porte cochère du régime français

Exemple de porte cochère du régime français

La ruelle à partir du 18e siècle, les quartiers ouvriers plus denses comme les quartiers bourgeois avaient pour la plupart un espace derrière les maisons, accessible par une porte cochère donnant sur un tunnel. Plutôt utilitaire, vous pouviez y retrouver l’écurie pour le cheval, la glace pour garder les aliments au frais, l’huile et le charbon pour le chauffage et dans certains quartiers, l’entrée des domestiques. La porte cochère était un détail architectural français, on peut donc voir dès le début du régime anglais (1760) le changement d’influence pour l’apparition de la ruelle britannique, c’est-à-dire, la voie d’accès commune.

Livreur de glace à St-Henri

Livreur de glace à St-Henri

C’est vraiment vers la fin du 19e siècle, suite à une densification importante des quartiers et l’apparition des « plex » pour la classe ouvrière que l’on peut voir la ruelle telle que nous la connaissons aujourd’hui. Les « plex » locatifs, construits sur la longueur des lots permet plus de logements dans un même espace, c’est avec ce type de construction que nous voyons la multiplication de ruelles comme voie d’accès aménagé dans le fond des cours. Plus économique à la construction, il permet aussi aux livreurs, aux services de la ville et même aux croques-morts d’avoir accès à plusieurs résidences dans une seule voies. Même à ce moment, la propreté des ruelles sont un sujet chaud. La Patrie publie en 1899 à la demande du Conseil Provincial d’Hygiène (Ministère de la Santé) une série d’étapes à suivre pour nettoyer les voies arrières. Pendant les années 60 et 70 l’automobile est roi, le cheval lui a déjà laissé la place depuis longtemps, les livreurs de glace et de charbon ont été remplacés par les « machines à moteur » depuis plusieurs décennies. Les écuries font alors place aux garages et après avoir envahi les rues, l’auto prend les ruelles d’assaut.

Depuis le début du 21e siècle, très peu de services utilisent encore ces voies d’accès arrière. La collecte des déchets passe à l’avant, la disparition des hangars a énormément réduit les chances de feu à l’arrière et les pompiers les utilisent de moins en moins. Les résidences ayant un chauffage à l’huile ont parfois encore leurs livraisons à l’arrière, mais au fur et à mesure que les bassins dépassent leur durée de vie, ils font place à l’électricité beaucoup plus efficace et malgré les hausses de prix annuelles, sont habituellement moins dispendieuses. Les ruelles sont à ce moment un genre de « no man’s land ». Sans livreurs, sans enfants, c’est alors que le citoyen urbain prend le taureau par les cordes à linge. Certains se relèvent les manches de chemise, voulant profiter au maximum de leur petit bout de verdure à l’arrière de la résidence décident alors de retaper leur bout de ruelle. La bonne humeur est souvent contagieuse, les voisins de ces pionniers font alors pareil avec leur propre petit bout de ruelle et au cours des années, la voie de service qui avait été abandonnée reprend vie, le son des enfants issus du baby boom du début des années 2000 réapparaît et les îlots de chaleurs d’asphalte font alors place à des îlots de verdure et ce, avec la bénédiction des arrondissements et des villes.

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Pensez-y, ces gens qui embellissent les ruelles font plus ou moins ce que les autorités de la ville devraient faire, s’ils ont simplement à installer quelques dos-d’ânes, quelques bollards ralentisseurs et venir ramasser les sofas laissés de temps en temps. C’est bien moins dispendieux que d’avoir à venir tondre le gazon, enlever les seringues et condoms souillés et d’avoir à refaire le bitume à tous les dix ans. Les citoyens « payeurs de taxes » font ça pour eux. Comme ils disent en anglais, c’est un contrat « win-win ».

Pour avoir une ruelle verte, le comité de ruelle des deux rues parallèles doivent avoir consensus et les signatures de 51% des résidents, présenter leur projet à l’éco-quartier qui finalement prendra la décision avec l’arrondissement des projets retenus. Certains résidents, sûrement de vieux grincheux conduisant une mini-van pas de fenêtre, ne veulent rien savoir de cette verdure et plusieurs trouvent que cet accès limité dérange leur quotidien. Un bel exemple de reprendre la ruelle a pu être remarqué durant les séries tardives des Canadiens de Montréal ou encore durant la Coupe du Monde ou les ruelles étaient transformées en salle de projection pour ces événements majeurs.

En plus de ruelles vertes, il y a depuis peu les ruelles blanches ou des familles décident de prendre leur bout d’asphalte qui de toute façon n’est plus déneigé et de le transformer en patinoire ou en espace de glisse pour les jeunes de la rue. Malheureusement, comme pour leur penchant estival, il y a des gens qui ne comprennent pas encore le futur de cet espace sous utilisé. Deux familles ont arrosé pour y faire des patinoires et pratiquer notre sport national quand l’arrondissement, dépassé par les événements et n’ayant pas vraiment de règles sur ce type d’installation ont du, suite à la plainte de la sorcière de la ruelle, mettre fin à l’amusement et détruire le fruit de leur labeur. Décrié haut et fort dans les médias que nos enfants sont trop sédentaires, ne font pas assez d’exercices, c’est sans équivoque que les ruelles sont l’élément manquant et doit être exploité de nouvelles façons. Comme elles l’étaient dans les 60, 70 et 80.

D’autre projet comme le Marché des Ruelles de l’organisme Destination Centre-Ville tente de prouver avec ce projet-pilote que les ruelles peuvent et pourraient de nouveau avoir une utilité. Il est évident que cela demande, comme beaucoup d’autres choses, une volonté politique, de faire des nouvelles réglementations pour les déchets à l’arrière des commerces, ça demande de la volonté des résidents et des boutiques et finalement, le public en général. Nettoyer les ruelles de la ville n’ont jamais été un enjeu électoral, ce n’est donc pas important pour les élus. « Out of sight, out of mind » comme ils disent en japonais.

Que feriez-vous avec votre ruelle? Les abandonner et agrandir les cours arrières? Plus de ruelles vertes? y retourner les services comme les déchets pour nettoyer les rues avant? Voici ce que je suggère, envoyez le lien de cet article à l’aide de Twitter ou de Facebook à votre Maire d’arrondissement, à M. Coderre et à M. Bergeron pour prouver que les ruelles sont pour vous aussi importantes que les rues, même si ce n’est que pour embellir une parcelle de la ville qui, soyons franc, est d’une horreur digne du Détroit abandonné.

Pour en savoir plus sur le sujet, je vous invite à visiter le site ruelleverte.com ou le site du Centre d’Histoire de Montréal qui va plus en détails sur l’histoire des ruelles. Finalement, un petit fait amusant, j’ai écrit le mot « ruelle » 39 fois dans ce texte et je m’excuse pour mon absence d’un mois, jour pour jour!


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Carte des Ruelles vertes de Montréal

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