MLB? Non, NFL!

Il y a de fortes chances de voir du Hockey de la LNH à Québec d’ici 2015 et dernièrement, un ex-Expos, Warren Cromartie et un groupe d’hommes d’affaires aimeraient faire revenir nos amours sur un terrain montréalais. Le sport professionnel est une business où il est assez facile de se planter et Montréal a eu sa part d’échec. Pourtant, depuis un an ou deux, Montréal apparaît dans plusieurs statistiques et articles sur les marchés sportifs sous-utilisés d’Amérique du Nord et pourtant, personne ne se lève vraiment. Aucun homme (ou femme) d’affaires n’est pas prêt à prendre le risque de faire vivre une nouvelle équipe de sports à Montréal sans une aide gouvernementale. Malgré la neige dehors, le baseball à Montréal n’a pas été autant un sujet aussi à l’avant-plan depuis 1994.

Les Montréalais sont une race à part, nous en avons que pour les Canadiens de Montréal. L’Impact de la MLS et les Alouettes de la CFL seront dans les manchettes tant et aussi longtemps qu’ils auront des saisons gagnantes. Pour ce phénomène, je blâme nul autre que les médias, parce qu’il n’est pas nécessaire d’ouvrir le bulletin sportif de 18h avec le Canadien en juillet quand l’Impact et les Alouettes viennent de détruire les clubs visiteurs. Mais, je ne vais pas m’éterniser sur ma haine des médias traditionnels parce que ça risque d’être long. Je veux plutôt m’attarder sur la ligue des ligues, la NFL. Depuis le début des années 90, la Ligue nationale de Football est la ligue avec les plus grands profits, la meilleure structure de partage des profits, de salaire et qui attirent les meilleurs contrats de télévision en Amérique du Nord. Oubliez le basketball de la NBA ou du baseball majeur. La NFL est la ligue parfaite pour Montréal.

L’été dans notre ville est assez spectaculaire, les terrasses, les festivals, la Formule 1, les mini-jupes des Montréalaises et la bonne bouffe sont tous des compétiteurs au retour de la MLB à Montréal. Déjà que l’Impact et les Alouettes prennent une place importante dans le porte-feuille des amateurs de sports. Parlons justement de nos moineaux de la ligue canadienne de football. Il n’y aurait aucune inquiétude pour eux, la CFL et la NFL ne jouant tout simplement pas durant la même saison.

Le football de la NFL est un happening et c’est ce que nous aimons ici, nous avons déjà le stade, nous avons déjà la base d’admirateurs du football américain et si nous pouvons damer le pion à Toronto, encore mieux. La Ligue Nationale de Football a un partage des profits exemplaires qui permettent à des équipes dans de petits marchés d’être compétitives. De plus si nous avons réussi à faire vivre la Machine pendant deux ans de 90 à 92 dans une ligue inconnue en plus d’avoir été l’hôte de la finale du championnat de la World Football League en 92.

Cahier souvenir du World Bowl 1992 au Stade Olympique.
Cahier souvenir du World Bowl 1992 au Stade Olympique.

Le football en Amérique du Nord n’a pas été toujours ainsi. Premièrement, nous avons déjà eu une équipe de football à quatre essais, la Ligue Continentale accorde en 1966 une équipe dans sa ligue, c’est la naissance des… Montreal Beavers, mais l’équipe n’existera qu’une saison et demie. Dans un passé pas si lointain, la NFL et La CFL attiraient tous deux les meilleurs joueurs, jouer dans le circuit canadien était aussi intéressant pour les talents que de jouer dans la ligue américaine ayant même des matchs inter ligues. En 1961, les Bears de Chicago (NFL) battent les Alouettes de Montréal (CFL) au Stade Molson par la marque de 34 à 16. En 1969, les Lions de Détroit et les Patriots de Boston se rencontrent au nouveau stade du parc Jarry devant un peu plus de 8000 spectateurs, à ce jour, le match pré-saison ayant attiré la plus petite foule de l’histoire de la NFL. Le New York Times parle même d’une réception indifférente de la part des locaux. Depuis, la ligue est revenue à quelques reprises, soit le 11 septembre 1969 (Pittsburgh vs NY Giants), 1988 (NY Jets vs Cleveland) et en 1990 (Pittsburgh vs New-England). Mais depuis 24 ans, plus rien, pas un mot de la part d’une visite probable de la NFL en match présaison pour tâter le pouls de la population. Ce n’est pas tout à fait vrai, la rumeur veut qu’en 2007, la NFL-Canada ait approché Normand Legault plus connu pour son organisation du Grand Prix de Formule 1 pour être l’hôte d’un match préparatoire de la grande ligue. Celui-ci aurait refusé pour des raisons de faisabilité.

Caricature 5 Août 1961, avant-match Bears vs Alouettes
Caricature 5 Août 1961, avant-match Bears vs Alouettes

Montréal est une ville d’événements spéciaux. C’est le problème du baseball avec ses 162 matchs sur six mois, dont 81 matchs locaux. Ici, l’effet événementiel est rapidement dépassé et si l’équipe n’a pas une saison gagnante, avec tout ce qui a à faire en ville, il est pratiquement impossible de remplir le stade pour payer les salaires faramineux des joueurs de la MLB. Le plus petit stade des ligues majeures est de 34 078 sièges où les Rays de Tampa jouent leurs matchs locaux. Il faut donc attirer dans un monde parfait plus de 2.7 millions de partisans pour être concurrentiel et les Rays, ne le sont pas étant l’équipe la plus souvent mentionnée dans un déménagement probable à Montréal.

La saison de la NFL, par contre s’étire que sur 17 semaines et qu’avec huit matchs locaux. Il ne serait donc pas difficile pour une ville à saveur d’événement comme la métropole du Québec de remplir un stade, même si ce stade est celui de la rue Sherbrooke dans Hochelaga, je l’ai dit, c’est fait. Le Stade Olympique serait PARFAIT pour la NFL. Se déplacer jusque dans l’est pour voir un match des Expos après une journée au travail, je ne crois pas que ce soit possible pour beaucoup de gens. Mais passé un dimanche après midi à regarder un des huit matchs de la NFL, je suis certain que les amateurs de sports passeraient l’éponge sur l’historique du Big O. Avec ces 66 300 places en format football, ce n’est qu’un peu plus de 530 000 billets à vendre et dans une métropole de prêt de 4 millions d’habitants, ce serait assez facile à trouver preneur, peut importe le prix.

Malheureusement, il y a ces faits qui empêcheraient cette idée de germer un peu plus. La NFL est déjà une ligue à 32 équipes, ce qui se trouve être suffisant pour le moment malgré les indices mentionnés par Roger Goodell, commissaire de la ligue en début de saison 2013. Si expansion il y a, une équipe dans la région de Los Angeles est la priorité de la ligue depuis le départ des Raiders et des Rams. Mais des villes comme Las Vegas, Honolulu et Londres (UK) sont souvent mentionnées quand il est question d’expansions et pas Montréal. Au Canada, c’est évident que Toronto et Vancouver ont déjà la côte des ligues sportives, Vancouver ayant déjà goûté à la NBA et Toronto, faut l’avouer, est la métropole canadienne (merde!). Selon Forbes, en moyenne, une franchise de la NFL coûte 1,17 milliard de dollars, tandis qu’une équipe de la MLB est de 744 milliards de $ et par comparaison, une équipe de la NHL coûte en moyenne… 282 milliards$ seulement. Avec ces chiffres, une expansion est probablement hors de question, un déménagement alors? Comme j’ai mentionné en tout début de billet, la NFL possède une des meilleures finances de toutes les ligues du monde, à vrai dire, il n’y a pas vraiment d’équipe en danger financière qui serait propice de déménager vers un gazon plus vert.

Alors, le futur sportif de Montréal se retrouve donc dans quelle ligue? Il semble que le baseball ait une longueur d’avance, la NBA revient nous voir sur une base régulière, peut-être pour flirter avec le Montréalais moyen et la MLS semble bien installé voyant déjà l’Impact dans « le vert » après seulement sa deuxième saison. Mais la NFL, autant que l’idée me semble la plus probable aux succès, ce n’est malheureusement pas la veille que l’on verra Montréal au Super Bowl.

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Amoureux de Montréal, fasciné par l’histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.