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Qui était Faillon?

Aucun Commentaire | Article écrit le 22/05/13 par BruB

La Rue Gary-Carter est maintenant chose faite. La Rue Faillon Ouest n’est plus. J’ai déjà donné mon point de vue sur ce changement de nom dans un billet passé lors de l’annonce officiel en février 2012. La petite rue Faillon Ouest d’un demi-kilomètre reste dans le deuil son frère plus grand, Faillon Est qui s’étire de St-Laurent à St-André, ou plus ou moins 900 mètres, donc pas tout à fait 1km. Donc, c’t'un p’tit bout d’rue!

L'Abbé Faillon, 1925

L’Abbé Faillon, 1925

Mais qui était Étienne-Michel Faillon qui vient de se faire couper de moitié? Né à Tarascon, France en 1799 ce prêtre, historien et écrivain sulpicien a passé lors de trois voyages différents un total de sept ans à Montréal (Gary Carter; 11 ans) entre 1849 et 1862. Pendant ces séjours en ville, le prêtre Faillon se joint d’amitié avec la communauté féminine de Montréal (rare pour un prêtre!) établie sous le Régime français. Ces relations l’apporte à écrire les biographies des femmes les plus importantes de la colonie. Marguerite Bourgeoys (PDF, Vol.1 , Vol.2), Marie-Marguerite d’Youville (Lire en PDF), Jeanne Le Ber (Lire en PDF) et Jeanne Mance (PDF, vol.1 , vol.2) . Fait à noter que Françoise David n’était pas encore née.

Étienne-Michel Faillon est aussi un membre très actif de la communauté Sulpiciennes s’occupant de codifier les règlements de ces congrégations locales en plus d’être un genre de secrétaire pour les affaires de la congrégation. Même si ces biographies ont un certain succès, il est surtout reconnu pour son « Histoire de la colonie française en Canada ». il consulte les archives des communautés de Montréal et de Québec et les greffes des notaires de ces deux villes. Il est assisté de plusieurs copistes qui transcrivent les documents sous ses ordres. Il visite aussi les grandes bibliothèques de Paris, parcourt les collections de Saint-Sulpice, de la préfecture de Versailles, de l’archevêché et de la préfecture de Rouen, ainsi que les collections du British Museum de Londres. Il réunit ainsi en 30 volumes in-quarto une documentation devant servir à rédiger une histoire de la Nouvelle-France en quelque dix volumes. Ses réalisations furent plus modestes que ses ambitions : il ne put faire imprimer avant sa mort que les trois premiers volumes de son Histoire de la colonie française. (Lire en PDF, Vol.1, Vol.2, Vol.3) Si l’on ajoute cette oeuvre monumentale à ses biographies de fondatrices, Faillon a publié quelque 4 000 pages en histoire canadienne. (NDLR; Cette dernière partie est copié-collé de cette bio complète sur Faillon, pourquoi réécrire ce qui est déjà si bien écrit).

Des traces de Faillon sont aussi à l’intérieur de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours dans le vieux Montréal. La statue Notre-Dame-de-Pitié ou La Pietà a été offerte à la Congrégation de Notre-Dame par le sulpicien. Elle est arrivée à Montréal en 1855. Les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame lui érigèrent une chapelle sur le terrain de leur maison mère, et La Pietà y fut installée en 1860. Elle y est restée jusqu’en 1912. Cette année-là, la maison mère ainsi que toutes ses dépendances furent démolies pour faire place au boulevard Saint-Laurent. La Pietà intégra alors la nouvelle maison mère de la Congrégation. C’est en mars 2008 que la statue arrive à Notre-Dame-de-Bon-Secours. L’intérieur de la statue contenait de plusieurs billets de prière, des photographies et d’autres menus objets déposés là par les fidèles qui s’étaient rendus prier devant elle ayant des dons miraculeux selon certain.

La Piétà de 83cm de haut.

La Piétà de 83cm de haut.

Fait humoristique, l’oeuvre de Faillon se fait traiter régulièrement de « Régionalisme Montréalais » par le clergé de la région de Québec, comme quoi cette rivalité antimontréalaise de la vieille capitale, ne date pas d’hier. L’Abbé Étienne-Michel Faillon décède le 25 octobre 1870 à l’âge plus de respectable de 71 ans alors que Paris est assiégé pendant la guerre franco-allemande et qu’il répète à ceux qui veulent bien l’entendre à son chevet mourant « Ils ne nous ôteront pas Jésus-Christ ».

Cahier de l'abbé Étienne-Michel Faillon intitulé «History of the Colony of Ville-Marie», traduit en anglais par Hubert Neilson, 1894 .

Cahier de l’abbé Étienne-Michel Faillon intitulé «History of the Colony of Ville-Marie», traduit en anglais par Hubert Neilson, 1894 .

Pour lire la biographie de Faillon par Adam Charles Gustave Desmazures. Voici le lien Google Books

47e saison de La Ronde.

Aucun Commentaire | Article écrit le 19/05/13 par BruB

Je ne raconterais pas de menteries sur ce blogue, ça doit faire au moins six ou sept ans que je n’ai pas été à La Ronde. Et je ne suis pas assez vieux pour avoir connu les bonnes années du Parc Belmont. Mais au travers de mes voyages d’affaire j’ai dû aller à une douzaine de reprises dans des parcs d’amusements américains. Ne clamant pas être une sommité dans le domaine, je dois quand même avouer que Montréal n’est pas une destination « Parc d’Attraction » en Amérique du nord.

La Ronde ce n’est pas Canada’s Wonderland, Universal Studios ou Disney. Beaucoup de villes d’Amérique du nord à son parc d’attraction et notre parc de l’île Ste-Hélène se trouve dans le pelotons, rien de plus. La vedette du parc, Le Monstre à comme seul record d’être les plus hautes montagnes russes de bois à double pistes, faut donc pêcher loin pour trouver quelque chose à se péter les bretelles. Ceci étant dit, malgré les files d’attentes toujours présentes peut importe le parc d’attraction, une journée à La Ronde peut être plutôt amusante, distrayante et….coûteuse. Saviez-vous que La Ronde tient son nom du nom de l’île où le parc il se retrouve, L’Île Ronde fut amalgamée à l’île Ste-Hélène avec la terre excavée lors de la construction du Métro de Montréal pour l’Expo 67.

Le Monstre

Je ne dénigrerais pas notre parc d’amusement aujourd’hui, comme j’ai mentionné en ouverture de billet, je ne suis pas retourné depuis assez longtemps et les choses ont surement changé pour le mieux. Mais La Ronde n’est pas le premier grand parc d’attraction de la ville. Certain se rappelleront le Parc Belmont à Cartierville qui ferma ses portes en 1983, mais peu d’entre vous auront visité un des ancêtres de la Ronde. Le Dominion Park dans l’est de la ville où se retrouvent aujourd’hui une partie du Port de Montréal amusa les Montréalais de 1906 à 1937.

Shoot the Chute.

Le Dominion Park était la propriété des Américains Harry et Mabel Dorsey. la Suburban Tramway and Power Company, un des ancêtres la Société de Transport de Montréal (STM) d’aujourd’hui fût créé spécifiquement pour desservir le parc d’attraction inspiré de Coney Island dans la région New-Yorkaise. Il se situait entre le fleuve St-Laurent et la rue Notre-Dame plus ou moins dans l’angle de la rue Haig où se trouve aujourd’hui le Centre de Formation du Service des Incendies de Montréal au 6700 rue Notre-Dame Est.

Cliquez pour agrandir. Carte de Parc 1914.

Cliquez pour agrandir. Carte de Parc 1914.

Centre de Formation du Service des Incendies de Montréal.

Centre de Formation du Service des Incendies de Montréal.

Comptant plusieurs dizaines d’amusements, le plus populaire était de loin le manège Shoot-the-Chutes, un ancêtre de notre Pitoune. Comme vous allez le voir, au tournant du siècle dernier, il n’y avait pas encore de loi 101. Après avoir payé vos 10 sous pour l’accès au parc, vous aviez le choix d’amusement tel que les « Bump the Bumps », « Tours of the World », « The Crystal Maze », « House of Nonsense », « Myth City », « the Tickler » ou de « Ye Olde Mill » parmi tant d’autre. Le parc eu quelques embûches, un feu majeur le 28 juin 1913 détruit plusieurs amusements et un autre le 10 août 1919 détruisant « Ye Olde Mill » et fit sept victimes. (The Gazette, La Patrie), Avec la popularité du plus moderne Parc Belmont et entouré de buildings industriels, le Parc Dominion ferma ses portes en 1937.

La Patrie, 11 août 1919.

La Patrie, 11 août 1919.

La Ronde qui a ouvert ses portes en 1967 est ouvert de mai à octobre reste une sortie pour beaucoup de jeunes de Montréal. Sécuritaire et quand même amusant je souhaite une belle 47e saison à notre Parc d’Amusement. Mon plus vieux souvenir de La Ronde est au début des années 80, en sortie avec l’école d’avoir dévoré ma première Queue de Castor. Merci aussi pour la compétition pyrotechnique qui illumine nos soirs d’été. Recevoir un Jupiter d’or pour ces compagnies c’est l’équivalent de gagner une Palme d’Or à Cannes. Je vous promets après une disette de plusieurs années, que 2013 sera mon retour à La Ronde pour une journée de file d’attente, de nausée et de bouffe trop cher. Après tout, il y a rien de mal la dedans.

Photo: Simon Collison

Photo: Simon Collison

Guide Dominion Park

Sources d’information sur le Parc Dominion;
Closed Canadian Parks
Rétrofutur

Roadsworth au Centre Eaton

Aucun Commentaire | Article écrit le 27/04/13 par BruB

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Roadsworth est un artiste de rue, né à toronto (personne n’est parfait) maintenant habitant Montréal qui utilise la rue, les passages piétonnier et les lignes de rue comme canevas. À ces débuts, Peter Gibson utilise le graffiti et pochoir dans les rues de la métropole québécoise, jusqu’au moment ou finalement, l’artiste se fait découvrir… par la police!

Photo: Roadsworth, rue St-Denis.

Photo: Roadsworth, rue St-Denis.

Avant de continuer, je vais bifurquer sur une tangente importante. Je tiens à expliquer qu’il y a une énorme différence entre le graffiti qui dérange ou le « tag » et l’oeuvre d’art que peut penser certains de ces artistes à la « canne de peinture ». Je risque de me faire pirater le site pour ce que je vais dire. Le graffiteur Castro et son VC crew pourraient se faire arrêter demain que je ne verserais pas une larme du tout, mais ce que Roadsworth nous offre, c’est de l’art, une façon de passer un message.

Ceci n'est pas une oeuvre d'art.

Ceci n’est pas une oeuvre d’art…

Ça, oui!

…Ça, oui!

Selon les autorités de la ville lors de son arrestation en décembre 2004 l’artiste a fait pour 200 000$ de dommages aux mobilier urbain et est inculpé pour 53 chefs d’accusation de méfaits. Ses pochoirs étaient, toujours selon la ville, un danger au public et son travail a été comparé au simple tag que l’on peut malheureusement voir partout sur les murs de la ville. Suite à une levée de bouclier de la part du public, surtout de l’extérieur de Montréal, Gibson est relâché avec plus ou moins, une tape sur les doigts. Le positif de cette arrestation c’est qu’une certaine reconnaissance envers Roadsworth est apparue et son oeuvre respecté. Il se fait commander des oeuvres et fait son apparition dans des musées. Ce genre d’art n’aurait jamais été possible dans un monde sans internet. Peu après ses déboires judiciaires avec la ville de Montréal, il se fait payer pour reproduire exactement les mêmes choses pour laquelle il s’est fait arrêter au départ.

Le message de Roadsworth se voulait anti-voiture, presque écologique. Il est donc logique de voir de ces oeuvres le 22 avril, le Jour de la Terre. Pour une deuxième année de suite, le Centre Eaton présente une oeuvre de Peter Gibson pour les événements entourant cette journée spéciale. Journée spéciale qui franchement, devrait être à chaque jour et non rien que le 22 avril.

En 2011, Roadsworth avec « Fragile » avait reproduit une image de marais en utilisant des produits recyclables. (vidéo ci-haut). Cette année, avec c’est un totem de piles tente d’attirer l’attention du public sur l’importance de se débarrasser des piles et batteries jetables dans des contenants de recyclage dans lors du volet « piles et batteries » du programme Allo la Terre. Bien évidemment, la sculpture de trois étages sera recyclée lors du démontage vers la fin juin.

Totem de Roadsworth au Centre Eaton.

Totem de Roadsworth au Centre Eaton.

Roadsworth ou Peter Gibson est un artiste digne du 21e siècle comme Bansky ou Christo et Jeanne-Claude et soyez fier Montréal, car une fois de plus, notre avant-gardisme est mis de l’avant grâce à ce genre de démonstration artistique. l’oeuvre de Roadsworth intéresse, à coup de livre, d’entrevues et de documentaire, il ne sera pas rester dans l’ombre longtemps.


Bande annonce du film « Roadsworth : franchir la ligne » d’Alan Kohl, 2008.

Visitez notre micro-blogue Tumblr pour y voir d’autres images en connexion avec ce billet.

Mardi Musique: Caféïne – New Love

Aucun Commentaire | Article écrit le 23/04/13 par BruB
cafeine-new-love

Xavier Caféïne ou simplement Caféïne, le nom change, mais le son varie peu et c’est bien comme ça. L’artiste qui a finalement passé dans les radars avec son album solo « Gisèle » nous présente un album anglophone appelé « New Love ». Je ne suis pas du type à classer dans les genres musicaux, mais si on me demandait de décrire Cafeïne, je dirais qu’il fait dans le rock-garage-glam. Quand je pense garage, j’imagine tout de suite, Galaxy ou Dale Hawerchuck. Ici, c’est un peu de punk mais beaucoup de rock, ce qu’il manque énormément dans les radios francophones de Montréal. (Marie-Mai, Éric Lapointe et Martin Deschamps, ce n’est pas du rock!)

L’album à majorité anglophone que j’ai eu le bonheur d’écouter à quelques reprises avec l’écoute gratuite sur le site de Voir (et toujours disponible sur le site d’Indica) m’a permis de découvrir un Caféïne plus mature et la différence s’entend. Nous ne sommes pas trop loin de « Montréal » ou « Gisèle » mais avec une écoute sérieuse, il est facile de remarquer les nuances. J’ai deux problèmes avec un artiste qui se nomme Xavier Plante et qui chante en anglais; l’accent Québécois est minimaliste mais présent et les radios locales vont complètement l’ignorer. Si vous n’êtes pas Céline ou Simple Plan, la chance de vous faire ramasser par les CKOI et NRJ et de vous faire écouter par la majorité musicalement naïve de Montréal sont plutôt difficile. Après tout ce n’est pas les We Are Wolves, Dears et Stills que vous attendez sur ces radios commerciales top 40?

Le premier simple « New Love » n’a pas encore de clip, mais il est possible de l’écouter sur le site Soundcloud de Caféïne et est un bel exemple de ce que vous y retrouverez.

Et, puisqu’aucun vidéo n’est disponible, je vous partage un vidéo « souvenir » de 2006 et qui a un lien direct avec ce blogue.

Je tiens à ajouter que l’album sous l’étiquette Indica est une production de Gus Van Go, ancien Me, Mom & Morgentaler, groupe qui m’a fait découvrir le ska au tout début des années 90. ce qui trahi mon âge un peu.

Mardi Musique: Raine Maida.

1 Commentaire | Article écrit le 09/04/13 par BruB

Je ramène Mardi Musique PM où, à chaque…mardi, je vous présente une chanson, un artiste ou autres cossins musicaux qui ont rapport avec MTL. Aujourd’hui, l’artiste natif de l’Ontario Raine Maida, ancienne voix principale du groupe Our Lady Peace nous présente le premier simple de son plus récent opus solo.

« Montréal » de l’album « We All Get Lighter » n’a absolument rien à voir avec la métropole, à l’exception du titre qui est assez direct, il ne dit rien sur la ville. Il compare le moment présent avec « les vents froids de Montréal » où « l’hiver peut être long », donc, rien à se petter les bretelles. Habituellement lors des MMPM je fais une critique d’album ou d’artiste, mais ce coup-ci, je n’ai même pas encore écouter l’album. À L’époque où j’avais des cheveux, j’aimais bien Our Lady Peace, je vais donc y jeter un coup d’oeil bientôt.

Alors en attendant, voici le clip officiel mis en ligne aujourd’hui.