Sujet identifié ‘Molson’
Le Français du Canadien
Les défaites à répétitions, Jacques Martin renvoyé, Randy Cunneyworth qui ne parle que la langue de Shakespeare. Est-ce une possibilité que peut-être, rien que peut-être, nous donnons un peu trop d’importance au hockey ? Ne vous trompez pas, j’adore le hockey, le sport en général même, suivez nous sur Twitter et vous verrez que je tweet souvent durant les matchs de nos Habs, des Alouettes ou de l’Impact. Or les manchettes sont inondées par le Canadien.
Mettons les choses au clair, des gens sont attaqués, violés et tués partout sur la planète. Des dictateurs s’assurent que leur peuple soit dans la misère et la peur du début jusqu’à la fin, le réchauffement climatique risque de changer la terre telle que nous la connaissons d’ici 20 ans. Nous nous soucions si notre « coach » va pouvoir contrôler son « goaler » et s’il pourra parler au journaliste pour remplir les huit dernières pages de la feuille de choux à Québécor. Sérieusement, est-ce que quelqu’un va finalement se rendre compte que cela n’a aucun sens.
Je suis un défendeur de la langue française, jusqu’au point où oui, contrairement à beaucoup d’entre vous, je fais des plaintes à l’Office de la Langue Française, j’ai ma carte du PQ et du BLOC, les gens que j’admire le plus en ce moment sont Amir Khadir et Guy A Lepage pour leur protection de notre langue. Mais là à s’en prendre à des sportifs de passage à Montréal dans une carrière qui les apporteront dans un minimum de 5 équipes, dont une seule dans un marché français, vous ne trouvez pas que c’est poussé un peu ?
Anthony Calvillo vient de se voir remettre les clefs de la ville, le quart-arrière de notre équipe de football à qui j’ai eu honneur de parler lors d’un événement l’an passé pendant plus de 30 minutes n’est pas capable de dire plus de 3-4 mots de français un à la suite de l’autre. Pourtant, il est à Montréal depuis le retour des Alouettes en 1996 et personne ne mentionne ces capacités dans la langue de Molière. La planète-foot regorge de francophones compétant et talentueux et Joey Saputo est allé chercher en Jesse March un sélectionneur à 100 % anglais, pas un mot des médias !
Le français à la Caisse de Dépôt est primordial, ce sont nos taxes qui payent leur salaire et j’exige que l’argent que je donne sans gaîté de coeur, paye après paye, sert à des gens qui parlent la langue de la majorité, ma langue. Or, est-ce possible que nous donnions un peu trop d’attention au fait que l’entraîneur de hockey TEMPORAIRE ne parle pas français. Vous n’êtes pas obligé d’aller au Centre Bell, d’acheter les gilets du club, vous pouvez même changer le canal de votre téléviseur si le coeur vous en dit, mais en ce moment l’équipe est perdante, ne va nulle part et ce n’est pas la langue de l’entraîneur qui va changer les choses.
Vous n’avez qu’à suivre les statistiques d’Influence Communication pour voir que le Québec est tout simplement déconnecté du reste de la planète. Pendant que les gens parlent de la mort Kim Jong-Il, du printemps arabe et des révoltes du peuple russe qui en ont marre de leur Putin, nous on jase de hockey, les cinq mots clef Twitter les plus mentionnés au Québec dans la semaine du 13 au 19 décembre…. tenez vous bien ; Jacques Martin, Louis Leblanc, Cunneyworth, Hal Gill et Pierre Gauthier. Voyez vous le lien encore ?
Pour terminer, est-ce possible que ce soit de notre faute ? Les séparatistes les plus en vue en ce moment, sont les Khadir, Facal et Mourani et les familles les plus Montréalaises en ce moment sont les Molson, les Saputo et les Antonopoulos. Suis je le seule à commencer à voir un lien ici ? Est-ce possible que nous nous sommes assis sur nos lauriers après la révolution tranquille et que nous avons eu l’impression que le tout se réglerait de lui-même ?
D’une manière où d’une autre, si Randy se rend à la coupe, vous allez complètement vous foutre de la langue qu’il parle, et ça, c’est ce que j’appelle de l’hypocrisie.
Molson et le Québec
Malheureusement, je peux compter en année depuis que j’ai acheté un livre. Je lis tous les jours et probablement plus que la moyenne, sur le web et dans les livres électroniques surtout, mais cette fois je parle d’un livre en papier avec de vraies pages. C’est comme tout plaisir coupable, quand tu t’y remets, tu te demandes comment tu as fait pour arrêter aussi longtemps. Il y a longtemps qu’un bouquin ne m’avait pas piqué la curiosité.
Quand tu penses grande famille de Montréal, les noms me viennent à l’esprit, les McGill, les Bronfman, les Viger et peut-être plus prêt de nous les Saputo. Mais peu importe, aucune famille n’a autant d’histoire avec notre ville que la Famille Molson. Si Montréal avait une familel royale, ce serait surement les Molson, dernièrement, la famille fait un retour devant le public avec l’achat de la Sainte Flanelle, le Club de Hockey Canadiens de Montréal pour une 4e fois, mais les Molson sont à Montréal ce que Jésus est à la bible, s’il n’était pas la, Montréal ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui.
Aux Éditions Michel Brûlé par l’auteur, Gilles Laporte nous raconte les hauts et les bas dans la relation entre les Montréalais et leurs rois de la bière dans le livre « Molson et le Québec ». De la création de la plus vieille Brasserie Canadienne datant de 1786, du premier bateau à vapeur en Amérique du Nord en 1809, la création de l’hôpital Général de Montréal en 1821, le premier chemin de fer en Amérique du Nord en 1836, la Banque Molson en 1855 et j’en passe, le nom de Molson est imprégné dans l’histoire de notre ville. Il est pratiquement impossible de passer au travers de la ville sans croiser un élément qui a un rapport rapproché avec les Molson.
150 pages d’histoire, de détails et de découvertes, même moi qui suis un fanatique de l’histoire de la ville y appris de nouveaux éléments. Pourtant, les Molson n’ont pas de grandes rues comme René-Levesque ou de grands parcs comme Jean-Drapeau, récemment l’Université Concordia inaugurait leur nouvelle construction, The John-Molson School of Business au 1455 De Maisonneuve Ouest en honneur de John Molson Père. Le père a aussi l’honneur d’avoir une petite rue et un petit parc dans Rosement-Petite Patrie et une autre très très très petite rue dans Pierrefonds. Le Stade Percival-Molson de l’Université McGill où jouent nos Alouettes est dédié à l’arrière arrière arrière arrière-petit-fils de John Molson, un sportif qui a joué pour les Montréal Victorias au hockey et qui a été membre de l’équipe canadienne olympique en 1904 à St-Louis, USA. Le stade n’a aucune connexion avec la Brasserie, mais doit être quand même une bonne publicité, mais cela, on ne le dit pas.
Le livre est un amalgame de date et d’anecdotes qui a l’air d’un roman tellement certains détails semblent invraisemblables par exemple, la tragédie du John Bull. « Molson et le Québec » est le parfait cadeau de Noël (oui ça s’en vient et ce n’est pas de ma faute) pour les amateurs d’histoire, d’urbanisme et de Montréal en général. Si j’étais critique littéraire, ce que je suis loin d’être, ce livre aurait une note de 5 sur 5.


