Si loin et pourtant, si prêt.

« On l’sait bien vous ôtres dans grande ville » est une phrase que nous pouvons entendre souvent dans plusieurs télé-romans qui se passent dans une campagne lointaine de Montréal. Du temps d’une paix en passant par les belles histoires des pays d’en bas Montréal est toujours représenté comme un genre de tour d’ivoire ou les anglais et les fortunées se retrouvent pour bitcher contre la campagne et la banlieue. Quoiqu’on aime bien chialer contre les banlieusards, les régions plus éloignées restent un peu énigmatique pour la plupart des Montréalais. Rare sont ceux ou celles qui sont allés au Îles de la Madelaine ou en Abitibi. Même que l’Abitibi pour trop d’entre nous citadins c’est une toune de Raoul Duguay.

Après tout, Le Québec c’est (selon Wikipédia) 1,542,056 km2. À titre de comparaison, le plus grand état américain est un peu moins que le tiers de notre province et nous avons une plus grande superficie de la plupart des pays d’Europe. Si le Québec était un pays, il serait le 20e plus grand pays entre la Mongolie et le Pérou. Montréal dans tout ça? Et bien Montréal métropolitain, c’est 4258 km2 ou 0.2% de notre belle province. Pourtant, la grande région métropolitaine de Montréal représente 47% de la population du Québec. Alors, pourquoi ce petit cours de géographie en ce beau dimanche après midi?

Photo: Luc Forest
Photo: Luc Forest

J’aimerais que les Montréalais et ces banlieusards se rendent bien compte des événements qui ont secoué le Québec cette semaine. Je sais que la catastrophe du Lac Mégantic est d’une atrocité rarement vu au Québec, je sais que Montréal est au prises avec ses pires preuves de corruption de nos élus et je sais que la signature de Brière a attiré plus d’attention dans les médias sociaux que tout autres manchettes au Québec. Mais ce que je retiens le plus de cette semaine sont les feux dans le Nord-du-Québec. Ces feux d’une ampleur rarement vu dans la forêt boréale au-dessus du 51e parallèle dans la région de la Baie Jmaes affecte le Québec entier, même nous dans notre tour d’ivoire de la grande ville.

Mardi matin, les Montréalais se réveillaient avec un smog hors du commun causé par l’air lourd et l’humidité retenant les particules de fumée de ces feux dans l’atmosphère montréalaise. Un smog qui affectait de façon notoire les personnes âgées ainsi que les résidents pouvant avoir des problèmes respiratoires. L’indice de la qualité de l’air au-dessus de l’île a atteint la cote de 110, pour comparer, le smog devient alarmant a 51. Mercredi et jeudi, ce sont les pannes d’électricité qui affectaient insulaires. Des gens dans les ascenseurs de tours sans courant, les lumières de circulation qui ne fonctionnent pas dans des rues de la ville qui manque déjà d’ordre et bien sûr, cette panne du métro encore en pleine heure de pointe.

Comme si la STM n’avait pas assez de problèmes d’elle-même, voilà que même des feux à plus de 800 kilomètres affectent leurs installations fragiles. C’est un peu plus de 175 000 utilisateurs du métro qui sont affectés quand ce genre d’arrêt de service arrive à l’heure où les gens partent du centre-ville. À cause de la grogne populaire déjà forte contre le métro de Montréal il sera difficile de convaincre la population de délaisser leur voiture pour le transport en commun. Même si le blâme cette fois-ci et partagé entre la STM et Hydro-Québec, les utilisateurs du métro commence à en avoir ras-le-bol de ces pannes à répétitions et ça prendra plus que de nouvelles voitures pour les ramener sous terre. Le trafic et les ponts qui risquent de s’effondrer commence à être une alternative plus qu’attrayante pour certain usagés des transports en commun. La circulation est prévisible et à l’exception d’incidents majeur, ça prend plus ou moins toujours le même temps pour entrer à la maison, au moins, tu sais à quoi t’attendre., les arrêts de métro sont quant à elles, assez imprévisibles, chose certaine, les pannes semblent toujours arriver à l’heure de pointe!

800 kilomètres à vol d’oiseaux sépare le centre-ville de Montréal et celui du village Cri de Eastmain et pourtant, nos vies considérablement différentes ont été affectées cette semaine par un seul et même événement. Le Québec à beau être grand, le monde reste petit.

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Amoureux de Montréal, fasciné par l'histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.