Sauf les cri**e de scooters électriques.

Le code de la route et la relation entre véhicules lourds, automobiles, vélos et piétons est remise en question. Le code de la sécurité routière est ce type de document qui reflète la réalité qu’est le Québec en ce moment, un document parapluie couvrant la province entière de Kuujjuaq à Rosemont-Petit-Patrie. Montréal est en plein changement depuis quelques années et comme d’habitude nos législateurs préfèrent réagir aux événements malheureux des dernières semaines que de prévoir le pire. Cela prend souvent quelques tristes incidents comme la mort d’un piéton et d’une cycliste pour nous ouvrir les yeux sur ce que notre ville est rendu. Je vais vous mettre à l’aise, ce texte ne sera pas dans la catégorie « Les cyclistes sont bons, les autos sont mauvaises », nous avons tous un examen de conscience à faire sur notre espace à prendre sur la voie publique.

cycliste

Vous retrouverez dans les rues de Montréal, à toute heure de la journée ou de la nuit des véhicules lourds, du 53′ au petit cube, des autobus, des automobiles, de la grosse Lincoln à la Smart, des vélos, des bixis, des scooters, des motos, des piétons, des skateboards, des calèches, des quadriporteurs et ces cri**e de scooters électriques. Selon la saison, vous pouvez y ajouter les déneigeuses et des tracteurs de diverses grandeurs. Greffez à cette liste l’état douteux des rues et il ne manque que des moissonneuses batteuses pour avoir un cocktail assez complet de tous les dangers qui vous guettent en traversant la rue!

La réalité des choses c’est que nos rues sont différentes de ce qu’elles étaient voilà à peine dix ans. Pas plus tard qu’à la fin des années 90, la bicyclette était plus ou moins encore considérée comme un véhicule de promenade. Depuis, le prix de l’essence élevée, la multiplication des bouchons et la réalité en général, le vélo a pris sa place comme moyen de transport en bonne et due forme. Il n’est pas rare de voir l’homme d’affaire dans son ensemble acheté chez Moores ou des demoiselles en jupe fourreau sur un vélo à 7h45 du matin se rendant au bureau. Ce changement est générationnel et je crois que les gens dans la bonne sphère d’expertise comme nos gouvernements de différents niveaux ont tout simplement oubliés de s’adapter à cette nouvelle réalité. Suite à des recherches publiés dans le journal « Preventive Medecine » par Daniel Fuller en 2013, il est aussi important de rappeler qu’il n’existe aucune preuve d’un changement dans la probabilité de collisions depuis les premières années du programme de partage de vélo en libre service, malgré la hausse significative d’utilisateurs de vélo comme moyen de transport.

Rue Valois, sens unique avec deux pistes cyclables.
Rue Valois, sens unique avec deux pistes cyclables.

Par contre, qui dit privilèges, dit aussi responsabilités. Si les cyclistes veulent leur part du pavé, ils devront aussi faire des sacrifices et autant la rééducation des automobilistes est importante, celle des cyclistes l’est tout autant. Il est certain que la loi demande qu’à chaque arrêt, le pied soit mis à terre et si vous avez fait du vélo au moins une fois dans votre vie, vous comprendrez le ridicule de cette procédure, mais le vélo, devrait avoir à ralentir, s’assurer qu’il a le droit de passage, au détriment d’un arrêt complet si l’occasion le force à redémarrer ensuite. Il a ensuite l’utilisation des trottoirs, à l’exception des endroits spécifiques comme certains viaducs ou passer au dessus est plus logique que passer en dessous, la bicyclette devrait être utilisée dans la rue, dans le sens de la circulation ou sur les rues qui le permettent, à l’intérieur des pistes clairement identifiées. Un camion qui veut faire une manœuvre quelle qu’elle soit, a assez à se soucier qu’il ne devrait pas avoir à être obligé de regarder dans un angle où personne ne devrait se trouver. C’est le même exemple quand en tant qu’automobiliste, tu ne t’attends pas à voir une personne qui apparaît entre deux autos stationnées et qui veut traverser. vouloir être traité comme un autre groupe ouvre la porte, tout comme au adeptes du volants, à recevoir des contraventions si les règles ne sont pas suivies.

Je parle avec expérience pour avoir, dans le passé, eu des emplois qui m’ont demandé d’être derrière le volant de véhicules lourds de 20′ jusqu’à 26′ de long (permis classe 3), être propriétaire d’une automobile en ville ainsi qu’utilisateur de vélo et piéton à mes heures, je comprends la frustration de tous et chacun pour avoir quelquefois moi-même été délinquants selon mon moyen de transport. Voici quelques exemples de logique qui pourraient sauver un accident ou deux annuellement si tous les usagés de la route utilisaient leur tête. Par exemple, votre type de réactions au volant ou au guidon ne devrait pas être le même si vous croisez un Bixi, une communauto, un car2go ou un camion de location qui a plus de chance d’être un utilisateur occasionnel à l’encontre d’un cycliste sur son propre vélo qui est peut-être plus habitué au hasard de la route ou à un camionneur qui fait ce métier pour gagner sa vie et qui est peut-être plus habitué à ces angles morts. Oui je généralise, je n’ai pas de vélo moi-même mais j’utilise le Bixi sur une base régulière, je ne me considérerais donc pas comme un touriste, mais certainement moins habile qu’un courrier à vélo. Dernier petit truc, peut importe ce que vous conduisez, faites attention à ces cri**e de scooters électriques. Même s’il a vraiment besoin d’une mise à jour, le code de la route est-ce qu’il est, des pages et des pages de lignes noires sur papiers blancs remplies de logique et de gros bons sens. L’expression anglaise se porte parfaitement à ce problème et ne se traduit malheureusement pas, « Common sense ain’t that common ».

Quelques solutions que j’aimerais bien voir. Certaines villes ont restreint l’accès des véhicules lourds dans leur centre-ville entre 8h et 19h, je comprends le problème économique derrière ces restrictions, mais le centre-ville n’est pas obligé d’être très étendu. Ensuite, commencer par être plus sévère envers les véhicules stationné « en double » sur des rues importantes comme Ste-Catherine, St-Laurent, Crescent ou St-Denis. Ce type de stationnement cause les véhicules, incluant les vélos, de dévier de leur route, causant ainsi un arrêt au flot normal de la route et un risque d’accident. Quitte a couper des places de stationnement, il devrait avoir plus d’endroits dédiés pour les livraisons où ces camions peuvent s’arrêter en toute sécurité, sécurité pour les livreurs comme pour le public.

SAS Vélo Rue Molson, coin Rachel Est.
SAS Vélo Rue Molson, coin Rachel Est.

L’utilisation des sas vélo était une bonne idée, mais étant peu connu et manquant de peinture déjà, les sas sont souvent ignorés par les automobilistes, ce qui les rend inutiles. Jeter un coup d’oeil sur celui de la rue Molson, coin Rachel Est dans les Cours Angus et si vous n’êtes pas attentif, vous ne pouvez pas voir que le pavé était peint vert pas plus tard que l’automne passé. La photo du sas en question a été prise un dimanche vers 11h et je n’ai pas attendu plus de deux longueurs de lumières pour voir ce véhicule complètement dépasser la ligne d’arrêt. J’ai ensuite demandé à la jeune dame derrière le volant pourquoi elle n’avait pas arrêté à la ligne d’arrêt tel que prévu, sa réponse… « Il n’avait pas de vélo de toute façon ». Pendant mes 15 minutes au-dessus du sas, pas moins de six véhicules sur huit longueurs de lumières ont simplement ignoré l’espace pour vélo.

Le blogue Kchoze Urbaine offre des exemples pour les rues étroites de Montréal, comme une partie de la rue Ste-Catherine dans le Quartier des Spectacles ou la Notre-Dame devant la Basilique. L’élimination du trottoir semble être bénéfique dans les endroits pour faire ralentir les véhicules tout en donnant plus d’espace à échelle humaine sans toutefois bloqué le flot de véhicule roulant. La disparition des trottoirs et des stationnements en bordure de rue donne faussement une image de sécurité pour tous usagés. Cette barrière de stationnement offre la chance aux automobilistes de rouler un peu plus vite et ainsi donner une fausse image de sécurité. Vous vous devez de lire cet article exhaustif de KChoze Urbaine (après avoir lu le mien bien sûr)

La rumeur veut que les Montréalais conduisent de façon imprudente et dangereuse. Pour avoir visité plus d’une quinzaine de villes nord-américaines de la grandeur ou plus grande que Montréal et environ une demi-douzaine de villes européennes, je peux vous dire que les Montréalais conduisent très bien. Le problème que nous avons est le manque d’éducation derrière le volant, le guidon ou tout simplement à pied. Trop de gens croient que la rue leur appartient, qu’eux seuls savent bien faire et de façon adéquate. Chaque groupe croit que l’autre est dans le tort. Montréal à beau avoir ce petit look européen, elle reste une ville très nord-américaine où la voiture est reine et tant et aussi longtemps que cette mentalité ne sera pas complètement oubliée par la collectivité nous verrons encore de ces malheureux incidents.

Le bon côté des choses est le suivant, ces blessés et ces décès ne sont pas en vain, il est très malheureux que ça prend la perte d’une vie pour ouvrir les yeux des décideurs. Prenez place au coin d’une rue et vous verrez que la délinquance est en baisse malgré les apparences. Vous verrez plus de vélo et de piétons attendre leur lumière avant de traverser, vous verrez beaucoup plus de civilité de la part des automobilistes et des camionneurs et ce n’est que quelques-uns qui donnent un mauvais nom au groupe entier. Ces accrochages comme ce que nous avons vu au cours des dernières semaines arrivent trop régulièrement et peuvent être évités, pensez que peut importe comment vous voyager vous êtes dans une collectivité avec des millions d’autres humains qui veulent se rendent du point A au point B le plus rapidement et en toute sécurité. Sauf pour ces cri**e de scooters électriques.

Écrit par :

Amoureux de Montréal, fasciné par l'histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.