Photo du Jeudi: Molson Stadium.

Stade Mémorial Percival-Molson,  Gravure de 1913.
Stade Mémorial Percival-Molson, Gravure de 1913.

Il est impossible aujourd’hui de voir un amphithéâtre sans commanditaire. À Montréal, on a des exemples sur toutes les rues et ce n’est pas que pour le sport. C’est le Théâtre Corona Virgin Mobile, le théâtre Telus, ou L’Astral. Les droits de nomenclature aident dans le financement de ces endroits et franchement, ça passe souvent presque inaperçu. Vous rappelez-vous la dernière fois que vous avez parlé de l’esplanade SunLife ?

EN 2002, Bell Canada achète les droits de nom de l’aréna des Canadiens de Montréal pour un coût ridiculement bas de 100 millions de dollars pour 20 ans, une aubaine. Québécor paiera environ 63$ millions pour les droits sur le nouvel amphithéâtre de Québec si la vieille capitale réussit à accueillir un club de la LNH. Encore moins cher qu’à Montréal. Alors qui en sort gagnant ? Molson!

Il y a une exception à la règle, le Stade Mémorial Percival-Molson de l’université McGill. Le centre sportif de l’université n’est pas financé par la brasserie de la Rue Notre-Dame, il est nommé en honneur d’un des plus grands sportifs de toute l’histoire de Montréal, l’arrière-arrière-arrière-arrière-petit-fils de John Molson, Percival Molson. (1880-1917)

Percival Molson, 1898. Photo collection du Musée McCord.
Percival Molson, 1898. Photo collection du Musée McCord.

Pour vous donner une petite idée en 1897, à 16 ans seulement, Percy gagne la Coupe Stanley avec les Victorias de Montréal. Durant son séjour à l’Université McGill, il est membre de l’équipe de football, d’athlétisme, de soccer et de tennis. Après son diplôme en 1903, il bat le record du monde de saut en longueur. En 1904, il arrive 7e aux 400 mètres des Olympiques d’été de St-Louis, et ce pendant qu’il continue sa carrière de joueur de football, capitaine du Montreal Amateur Athletic Association Football Club. Bon joueur et fier compétiteur Molson est reconnue comme l’incarnation du « fair-play » gagnant le titre du sportif par excellence de l’université à trois reprises.

En 1911, il mène une campagne pour doter l’université d’un stade et d’installations sportives de classe mondiale. La Première Guerre mondiale vient contrer ses plans. Nous sommes en 1915 et Molson forme avec d’anciens diplômés de McGill un groupe d’infanterie de renfort à la « Princess Patricias Canadian Light Infantry ». Le 2 juin 1916 durant la Bataille de Mount Sorrel, les « Patricias » occupent le Hill 62 de Sanctuary Wood. L’infanterie fut pratiquement anéantie, mais Percival survécut de peine et de misère. Selon ses supérieurs, malgré ses blessures Percival a mené une résistance désespérée et couronnée de succès aux attaques allemandes », il reprend le combat en juillet 1917 pour décéder d’un coup direct de mortier pendant la bagarre D’Avion dans la région du Pas-de-Calais le 5 juillet 1917 à l’âge de 36 ans.

Capitaine Percival Molson
Capitaine Percival Molson

Il lègue 75 000$ à l’université pour l’achèvement du stade d’athlétisme. Environ 12 000 000$ en dollars de 2015 selon le calculateur de la Banque du Canada. Le stade en chantier depuis 1914, inauguré en 1915 sera renommé quelques années plus tard en honneur de l’athlète qui a fait la fierté de l’université McGill. Le stade a depuis été l’hôte des olympiques, de la visite de la reine et d’une multitude de sports, de Coupes Grey, de coupes Dunsmore et de Coupes Vanier.

En dommages collatéraux, grâce aux prouesses d’un des leurs, la Brasserie Molson aura son nom associé à un stade universitaire par tous ceux et celles qui n’ont aucune idée que le nom entier de l’immeuble hôte des Redmens et des Alouettes est le Stade Mémorial Percival-Molson en honneur d’un Montréalais et non acheté par le brasseur comme Bell ou Québécor peuvent avoir fait de nos jours.

Photo. Banq.qc.ca
Photo. Banq.qc.ca
Le Stade suite à l'agrandissement.
Le Stade suite à l’agrandissement.

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Amoureux de Montréal, fasciné par l’histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.