Montréal, ville nordique.

Moi aussi je vais vous parler de cette tempête de neige qui s’est déferlé sur le sud du Québec le jeudi 27 décembre 2012. Ce n’est quand même pas à prendre à la légère quand il est possible de dire que nous avons presque battu la tempête du siècle de 71 que nos parents nous ont tant parlé. Mon père et ma mère peuvent tous deux me dire où ils étaient exactement lors de quelques événements dans leur vie. La fin de la 2e guerre mondiale, l’assassinat de Kennedy, les premiers pas sur la lune, la mort de Pierre Laporte lors de la crise d’octobre de 70 et… la tempête du siècle de mars 71. Dans mon cas, jusqu’à maintenant dans ma courte vie, je vais me rappeler la démolition du mur de Berlin, le 11 septembre de New-York et j’ai déjà oublié MA tempête du siècle.

Oui de la neige, il y en a neigé et la ville paralysée avec des rues du centre-ville étaient tout simplement fermées puisqu’il était impossible d’y circuler, les autobus avaient des heures de retards, pris dans la neige et il y a même eu quelques carambolages et des retards importants à l’Aéroport de Dorval. Mais voilà que pas plus tard que 24h après cette tempête, avec un total de plus de 75cm de tomber dans les quatre jours précédents, la ville est rouverte, la plupart des artères principales sont navigables sans grand problème, les trottoirs et le stationnement encore périlleux mais possible et les autoroutes sont sèches et sécuritaires. Comment une métropole qui se cherche depuis quelques mois, qui n’est pas trop certain où elle s’en va ou même qui est notre maire réussi en deçà de 24h d’être vivante avec autant de blanc tout autour?

Photo: Bob August
Photo: Bob August

Avec la rivalité Montréal-Toronto il est pratiquement impossible de ne pas parler de cette tempête du 27 décembre 2012 sans rappeler la tempête du 29 décembre 1999 où la ville de Toronto a due faire appel aux forces armées canadiennes et 1200 militaires pour déneiger la ville suite à 80cm de précipitation en cinq jours. Commencez-vous à voir des ressemblances? Les Québécois et plus précisément les Montréalais aiment chialer, peuple éternellement soumis et conquis, il est de notre ADN de chialer, souvent pour rien. Mais jeudi, ce ne sont pas des chialeux que j’ai rencontrés dans les rues blanches de Montréal, ce sont des gens fiers et souvent avec le sourire fendu jusqu’au bord de la tuque, pelle à pelle pour déneiger leurs voisins, pousser des autobus, des employeurs donner congé à leurs employés pour s’occuper de leur famille.

Je sais, je sais, je suis un éternel optimiste (mais pas membre du club par contre) et je vois trop souvent le bien partout. Je me suis même fait voler ma pelle toute neuve lors d’une opération de déneigement en fin de soirée jeudi, mais ce n’est pas parce qu’un twit s’est trompé de pelle et m’a laissé sa relique du passé, qu’il n’était pas remplis de bonnes intentions pour aider à sortir une petite « yaris » d’un banc de neige aussi haut que le véhicule lui-même.

Maintenant 48h plus tard, les passages importants et les grandes artères sont déneigées des deux côtés, les ruelles sont passables pour les véhicules d’urgences. L’aéroport ne compte que quelques retards mineurs et le cours de la vie a reprit ces habitudes normales. Les chialeux vont reprendre leur place, chialer du comment et du pourquoi cette neige est encore au sol lundi et que ce n’est pas acceptables. La mémoire étant une faculté qui oublie, nos chialeux nationaux auront déjà placés derrière certains des records battus et ne se rendront pas à l’évidence que Montréal est une belle ville après tout.

Photo: Caribb
Photo: Caribb

Une note pour vous avertir que la grande région de Montréal attend un autre 5 cm de neige durant la fin de semaine, ne rangez donc pas vos pelles et tuques tout de suite, vous risquez d’en avoir encore besoin lundi matin pour aller au bureau. En conclusion, il neige sur Montréal depuis plusieurs millions d’années, faudrait peut-être s’y faire!

Écrit par :

Amoureux de Montréal, fasciné par l'histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.