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Les retombées des Grammys pour MTL
Si vous suivez notre compte Twitter, vous savez surement que la musique est une grosse partie de ce qui me motive et le Grammy gagné hier par The Arcade Fire confirme ce que je raconte depuis très longtemps. La scène musicale anglophone de Montréal est en ce moment une des plus remarqués dans le monde du son « Indie ». Si vous suivez notre compte Twitter, vous avez surement remarqué que probablement 1 tweet sur 50 mentionne The Arcade Fire, je vais donc m’abstenir de vous parler de ma réaction quand leur nom a été nommé lors de la cérémonie. Mais je veux vous parler de ce qui se passe maintenant que le nom de la ville a été nommé devant des millions de gens aux Grammys.
À la fin des années 90, David Usher du groupe Moist est passé de Kingston, Ontario à Montréal et à ce moment précis, je me rappelle avoir dit à plusieurs personnes de mon entourage que ça devrait exploser bientôt, pas à cause de la notoriété de David, simplement parce que plusieurs artistes anglais que j’aimais bien sont partis pour aller travailler ailleurs. Melissa Auf Der Mar, Rufus Wainwright et Gus Coriandoli (Me, Mom & Morgentaler) pour ne nommer que ceux là et que le contraire allait arriver.
Depuis les choses ont changé, des festivals comme Osheaga ou Pop Montréal ont aidé la cause de la ville c’est certain, mais la qualité du produit qui sort de Montréal et qui fait entendre son son dans les sphères d’influence comme les festivals de musique indépendante de New-York ou dans South by Southwest, c’est impossible de passer inaperçu. Même en français quand un groupe comme Karkwa se tape le Prix Polaris ou Coeur de Pirate qui fait vibrer les Victoires de la musique, il y a surement quelque chose dans notre eau.
La semaine passée The Dears était le groupe invité de David Letterman (lien vers très mauvais vidéo) et cette semaine, The Arcade Fire nous font honneurs aux Grammys. Je lisais un article d’un groupe de Calgary qui ont déménagé leur son ici (je crois que c’est The Braids, mais je ne retrouve plus l’article) et un des membres du groupe racontait qu’aussitôt arrivé ici, les critiques et les compagnies ont automatiquement pris le temps de les écouter et la moitié du duo de jumelles Tegan & Sara se fait entendre d’ici. Je vais m’avancer peut-être sur un plancher glissant ici, mais je vais dire que Montréal est à la scène Indie ce que Seattle a été à la scène « grunge » des années 90.
Oui, notre Céline nationale nous a déjà donné quelques Grammys, incluant l’album de l’année mais, Céline est poussé par une machine incroyable, sa voix est faite pour le marché mondial avec un son pour plaire à la majorité. Je suis fier de Céline Dion même si ce n’est pas mon genre musical, mais quand un phare de la musique indépendante mondiale se prend un Grammy pour le Meilleur album de l’année et que ce groupe est d’ici, il faut avouer que quelque chose va bien, très bien ici.
Je vais profite de ma tribune pour faire un pied de nos à nos radios populaires qui n’ont pas ces groupes en rotation normale, Ces groupe sont d’ici, Québécois, Anglais ou Français et mérite d’être entendu ailleurs que sur CIBL, CKUT ou CISM. Pourquoi faire jouer certaine cochonnerie américaines quand le talents local est reconnu partout sauf ici. Aux CKOI, Énergie, Virgin, RythmeFM, Cité Rock matante vous devriez avoir honte, vous devriez vraiment regarder dans votre propre cour et faire connaitre le talent d’ici. Nous regorgeons d’artistes qui mérite d’être entendu et qui jouent de la musique qui entrerait parfaitement dans vos créneaux musicales.
Pour les gens intelligent qui voudraient en apprendre plus sur ce qui se fait ici, je vous conseil, Bandeapart.fm ou CBC Radio3. Voici également quelques noms d’artistes LOCAUX que vous vous devez de découvrir. The Besnard Lake, Wolf Parade, Bernard Adamus, The Stills , Misteur valaire ou Le Husky. Je vous fait la promesse de vous faire découvrir d’autre groupe quand je le pourrais.
RIP Bad News Brown
Paul Frappier était un original, Son rythme hip-hop était accentué d’harmonica. Il glorifiait cet instrument qui trop souvent est relié aux histories de nos grands-pères. L’Haitien d’origine qui a grandi à Montréal liait la musique Hip-Hop, Blues, Jazz et classique d’une façon relativement unique. N’étant pas un adepte du style musical, Bad News Brown m’est resté assez inconnue jusqu’au moment où je l’ai entendu lors d’une parade de mode chez Ogilvie voilà environ deux ans. Depuis, j’ai rapidement redécouvert cet artiste Montréalais qui a eu l’honneur de faire les premières parties pour des artistes internationaux tel que Snoop Dog, De La Soul, Aerosmith ou John Legend.
Dans la petite-Bourgogne, vers minuit, son corps a été retrouvé sans vie au coin des rues William et Richmond, prêt d’un chantier de construction et d’un parc. Le 7e meurtre de l’année à Montréal reste un goût amer dans la scène musicale de la métropole. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas qui lui en voulait et je ne savais rien de sa vie privée. Ce que je sais, c’est que sa musique était quelque chose de spéciale et je l’espère sera reconnue malgré les circonstances de son départ.
L’ONF nous présente SoCalled
La scène musicale anglo-saxonne est très riche de talents, le son de la musique typiquement Montréalaise peut-être reconnue peut importe où vous vous trouvez. Que ce soit les succès comme Arcade Fire, Patrick Watson ou The Dears et les artistes un peu plus obscures à nos oreilles, vous retrouverez le son montréalais aujourd’hui presque aussi souvent que le son Seattle des années 90. Ces talents aident à mettre Montréal sur la carte musicale international du côté des États-Unis et de l’Angleterre autant que Coeur de Pirate et Ariane Moffat le font en France.
Un autre élément important qui aide Montréal à s’inscrire sur la carte nord-américaine anglophone est notre communauté juive, qui, installé ici depuis presque aussi longtemps que nos racines françaises, permettent aux gens qui auraient peut-être peur de nos « démons » francophones de trouver un peu de réconfort anglais et de voir que la Métropole est vraiment un « melting pot » de culture.
Si nous prenons ces deux ingrédients, la musique typiquement montréalaise et notre communauté juive tout aussi typiquement montréalaise vous retrouverez SoCalled, un artiste auquel je me suis rapidement attaché à la sortie de son album « Ghetto Blaster » en 2005. Malheureusement, il n’est qu’un Montréalais d’adoption ayant grandi en Outaouais mais, né Josh Dolgin à Ottawa, personne n’est parfait.
Le HipHop-Yiddish que nous offre SoCalled est un mélange intelligent de Leonard Cohen, DJ Champion et Theodore Bikel. Chantant aussi en Français et en anglais il est facile de reconnaitre ce son typique d’ici qui est une importation facile. L’ONF lancera sous peu ici un documentaire déjà lancé depuis quelques jours seulement en parallèle à la conférence « South by South West » sur YouTube et aux États-Unis seulement qui nous éclairera sur l’esprit de création de l’artiste.
En attendant que ce documentaire se pointe sur nos écrans d’ordinateurs, je me permets de vous faire découvrir SoCalled avec deux clips vidéo. Le premier est une superbe création tirée de son album de 2005 et qui est encore à ce jour, un de mes vidéos préférés. Le 2e clip est la bande annonce du documentaire de l’ONF, question de vous donner un aperçu sur cet artiste qui ne restera pas obscur pour très longtemps.
SoCalled – You Are Never Alone
SoCalled – The Movie (Bande Annonce)
La radio Montréalaise est une prostitué
Je vais commencer ce billet avec deux affirmations, la première, je n’écoute pas la radio commerciale de type « Top 40″, je suis un fervent admirateur de la scène locale et même si j’écoute de la musique pendant un minimum de 10 heures par jour, je suis sur les radios universitaires, communautaires et une belle et grande collection de baladodiffusions. Deuxième affirmation, ce billet est purement mon point de vue personnel et ne représente aucun autre auteur sur PM.
Fagstein en parle plus longuement sur son blogue, CHOM change de logo et se refait une image, le « classic rock » fait tout simplement place au rock en général. Peut-être qu’Astral vient tout simplement de se rendre compte que ces « baby boomers » ne sont peut-être pas de si grand consommateur de nostalgie que ça. Vendredi passé, Corus annonçait très silencieusement, la fermeture de ces stations Info690 et de am940 qui ont rendu l’âme le soir même. Sans compter tous les démissions, déménagements et mises à pied des derniers mois dans les « morning men/women » des chaînes anglophones.
Maintenant ajouter à cela Astral Média qui décide de changer les noms de certaines de ces stations les plus connus. Énergie est devenue NRJ et Mix96 est devenu Virgin Radio. Deux « branding » européens dont Astral possède les droits au Canada. Je comprends le changement pour Virgin, question d’harmoniser avec les stations soeurs du reste du Canada, mais le changement vers NRJ me laisse encore un peu perplexe. Pourquoi aller chercher une marque qui n’a absolument aucun impact Québécois? Oui NRJ est LA radio en France, vous savez celle qui aime parler la moitié du temps en anglais pour faire « cool », vous savez celle qui est venue chercher Anthony Cavagna dans le temps qu’il était Québécois. LA radio tellement « hot » qu’elle a ses propres prix, Les « NRJ Music Awards » (Il faut prononcer avec l’accent d’un Français qui parle anglais »
Allons un peu plus dans le vif du sujet, à l’exception de quelques noms, Pierre Pagé et Denis Fortin me viennent à l’idée, la plupart des animateurs aux heures de grande écoute, c’est-à-dire, matin, midi et retour à la maison sont pour la plupart que des noms, des noms pour attirer du public et je ne parle qu’en français, les stations anglaises ont pour la plupart des gens de radio. Je vais aussi donner le crédit à des gens comme Brathwaite et Morency qui sont à la radio depuis tellement longtemps qu’ils ont le mérite d’être devenus maintenant des gens de radio et non simplement une bande de comédiens et d’humoristes qui se cherchent de l’emploi parce que leurs billets se vendent pas.
La radio Montréalaise manque tellement d’originalité qu’ils doivent même retourner chercher des pseudo-humoristes qui avaient quitté, comme les Grandes Gueules avec leur humour de 450 pour plaire à ceux qui quitte l’île en fin de journée pour retourner dans leur Bungalow de Brossard en chialant contre le trafic sur le Pont Champlain. Les décideurs se demandent pourquoi ils perdent des parts de marché aux stations comme 99,9 The Buzz, pourquoi la vente de musique francophone est en recul et pourquoi ils sont obligés de faire des changements de noms et de logos.
Peut-être que ces décideurs vont comprendre bientôt, je l’espère, que le problème n’est pas le contenant, mais le contenu. Quand un animateur me lance au micro qu’il adore la dernière chanson Tik Tok de Kesha, je le sais qu’il me ment, je sais qu’un homme de 43 ans qui se respecte ne peut pas aimer cette chanson, alors pourquoi ne dit-il pas tout simplement la vérité. (Voix de Radio) « Ouais, vous venez d’entendre la dernière sensation des petites filles de 14 ans que mes boss me force à faire tourner en boucle à toutes les 20 minutes, FMMM »
Yann Perreau,, Martin Léon, Malajube ce n’est pas juste bon à 22h48 quand plus personne n’écoute la radio et pour remplir votre quota de musique francophone. Arcade Fire, Beast, Creature, Melissa Auf Der Maur sont tous des artistes, qui malgré le fait qu’ils chantent en anglais, sont TOUS Québécois et mérite grandement d’être plus joués sur les ondes d’ici dans des radios et des heures de grande écoute.
La radio commerciale de Montréal est probablement le médium où il manque le plus de fierté locale, où la prostitution médiatique est la plus grande et où malheureusement, a une influence directe sur la consommation de la musique d’ici. Ce n’est pas un changement de logo qui fera vendre plus de produits de la musique d’ici.
8e année de Pop Montréal
Pop Montréal pour ceux qui ne le savent pas encore est un festival de musique, d’art (Art Pop) et de cinéma (Film Pop) à saveur indépendante qui nous présente une quantité toujours impressionnante d’artistes qui souvent, méritent de sortir de l’ombre. Des artistes pas nécessairement indie tels que Beck, Franz Ferdinand et Arcade Fire sont passés par les scènes de Pop.
Le festival prend possession de plus de 50 salles de spectacle et de cinéma, de la nouvelle Astral en passant par Il Motore, même la Maison Radio-Canada, le Musée Juste pour Rire et le Musée d’art contemporain reçoivent leur part du gâteau. Pop Montréal c’est un festival éclectique qui vous permet, peu importe votre style de musique, de trouver quelque chose à voir. Le Festival de Jazz et le Piknic Electronik font leur part en présentant de leurs artistes sur les scènes de Pop Montréal.
Même en commençant sa 8e mouture aujourd’hui même, Pop reste un festival des moins connus du grand public, c’est certain qu’il n’a pas le budget d’un Jazz ou d’un juste pour rire. Mais avec deux ingrédients forts que les Montréalais adorent, la musique et un autre festival, Pop Montréal est une autre raison de se ramasser ensemble et peut-être que d’ici quelques années, nous parlerons de Pop Montréal comme on parle du festival South by Southwest.


