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Héritage Montréal, cuvée 2012

2 Commentaires | Article écrit le 24/02/12 par BruB

Si vous êtes régulier sur ProposMontréal, vous savez que l’histoire de Montréal me tient à coeur. Nous avons une ville riche en architecture et les gens qui peuvent nous raconter sont histoire disparaissent peu à peu. Héritage Montréal est ce groupe qui sert à protéger le patrimoine de la ville, par exemple, ils ont aidé à sauver la pinte de lait de la Guaranteed Pure Milk Co. J’ai un amour mitigé avec cet organisme et voici les raisons.

Depuis quelques années, Héritage Montréal publie une liste de lieux ayant des risques de disparaître, la plupart du temps je suis d’accord avec les choix, beaucoup d’endroits pouvant paraître anodins méritent d’être soulignés. Cette année encore, le groupe dénombre une belle liste de lieux qui mérite une certaine attention. L’Édifice Rodier, rue Notre-Dame Ouest, La Forge Cadieux de la rue St-Paul et le Théâtre Empress sont de superbes exemples de bâtiment à conserver. La où je ne suis pas d’accord, c’est que leurs grands manitous nous proposent toujours quelques endroits qui méritent plus un « Pour quessé faire? »

Forge Cadieux par Martin bérubé

Forge Cadieux Photo: Martin Bérubé

Il faut faire une grande différence entre un édifice et ces souvenirs. Des souvenirs peuvent être vus et admirés dans des musées par ceux qui le veulent bien quand le bâtiment ne mérite pas une sauvegarde et empêche une amélioration. Cette catégorie excelle cette année avec deux de ces lieux que je me demande ce qu’ils ont de si important à garder.

Si vous ne lisez que les blogues et regardez les manchettes francophones, vous n’avez jamais entendu parler de ce lieu qui semble si cher à nos compatriotes de la langue de Mordechai. Le Horse Palace dans Griffintown, selon la description d’Héritage Montréal « s’agit d’une des plus anciennes écuries qui subsistent à Montréal. À ce titre, il est un témoin exceptionnel de l’importante présence du cheval en ville à la révolution industrielle alors qu’il constituait le principal moyen de transport jusque dans les années 1930. » Quoique je sois d’accord avec cet énoncé, le bâtiment lui-même ne mérite aucune sauvegarde sauf de bien documenter son histoire, prendre de belles photos et les afficher dans un musée. Ce n’est pas parce que c’est vieux que ça mérite de prendre un îlot dans un quartier qui, tel un phénix, ressort de ces cendres. Le « Horse Palace » est la preuve que Montréal devrait se doter d’un musée à la Smithsonian où de grandes pièces, comme des maisons entières pourraient être sauvegardées.

Horse Palace Photo: Héritage Montréal

Mon autre point d’interrogation de la liste est l’îlot du Momument National. Ne vous inquiétez pas, le Théâtre lui-même ne s’en va pas nulle part, se sont plus les façades du côté ouest de St-Laurent entre René-Lévesque et Ste-Catherine. Ces bâtiments ont déjà eu une valeur patrimoniale, mais maintenant et ça, depuis déjà plus de 30 ans, elles ne sont que l’ombre de ce qu’elles étaient. Depuis la fin des années du Red Light où la Main était le point d’attraction du « Sin City » canadien, le sud de St-Laurent ne s’en est jamais remis. De nouveau chef-d’oeuvre comme la Société des Arts Technologiques, le nouveau Club Soda et le 2-22 mérite plus d’attention que les façades de briques qui tombent en ruine et qui sont maintenant plus dangereuses qu’intéressante. La sauvegarde aurait dû commencer dans les années 80, en 2012, il est trop tard et je crois tout simplement qu’il est temps de « tirer la plogue » sur ce coin de rue en phase terminale. En même temps, nous aurons la chance de faire disparaître l’atrocité qu’est le Café Cléopâtre.

Voici la liste, à vous de faire votre propre opinion. Fait à noter que la Maison Louis-Hippolyte LaFontaine a été enlevé de la liste et pourtant mérite d’être sauver, surtout au moment où cet îlot est un grand sujet de conversation avec son achat récent par un homme d’affaire voulant y construire une tour de plusieurs dizaines d’étages.

Édifice Rodier
Église Très Saint Nom de Jésus
Griffintown Horse Palace
Hôpital de la Miséricorde
Ilot Saint-Laurent / Monument National
La Forge Cadieux
Maison Redpath
Maisons « Bonheur d’Occasion »
Square Viger / Agora
Théâtre Empress

Cinema Empress

Théâtre Empress Photo: Martin Bérubé

La création d’un quartier

Aucun Commentaire | Article écrit le 03/12/11 par BruB

La revitalisation du quartier Griffintown se fait par-dessus plusieurs décennies d’histoire. Le quartier a connu ces belles années au 19e siècle en tant que quartier ouvrier. Tout comme le Plateau d’aujourd’hui, le Faubourg-des-Récollets était un endroit ou les travailleurs irlandais se retrouvait entre eux, une sorte de ghetto de cols bleus. La rue De la Montagne reste un bel exemple de ce qu’il était possible d’y trouver. L’histoire du quartier n’est pas la raison de ce billet d’aujourd’hui. Mais Griffintown a déjà existé et tel un phoenix, il est sur le point de renaître de ces cendres.

Mais, est-ce possible de créer un quartier de toute pièce ? Montréal a plusieurs exemples d’essais et d’échec de création de quartier. Je vais me permettre de mentionner quelques bons et mauvais modèles.

Le Triangle. CDN-NDG.
Le nom d’un quartier représente souvent les gens et leur histoire. Si je dis “Le village” peut importe d’où vous êtes à Montréal, vous savez que je parle du Village gay. St-Henri n’est pas un arrondissement en lui-même, vous serez quand même capable de me pointer ce secteur sur une carte. Cependant, si je vous demande de me dire où est le Triangle pourrez-vous le faire ?

Le triangle est campé entre les rues Mountain Sights, De La Savane et la voie ferrée du Canadien Pacifique au sud. Vous retrouverez donc ce secteur à l’est de l’hippodrome et de l’autoroute Décarie au coeur de l’arrondissement de Côte-des-Neige et Notre-Dame-de-Grâce.

Le site web officiel vend un développement basé sur le transport en commun (ou TOD, Transit Oriented Development). En étude depuis 2005 et officiellement dévoilé en 2009. Le Triangle se veut un exemple tiré du Plan d’urbanisme de la Ville de Montréal qui malheureusement, aujourd’hui encore, ressemble plus à un « no man’s land » où les édifices à bureaux et les maisons semi-détachées et jumelées, se suivent sans harmonie et sans logique d’urbanisme. Il faut bien croire qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour que la vision que nous avons aujourd’hui du secteur Namur-Jean-Talon ressemble finalement un jour à ce que nous pouvons voir dans ce vidéo d’introduction.

Cité-de-la-Mode. Ahuntsic-Cartierville
Le concept a été lancé au milieu des années 2000 de redorer le blason de l’ancien quartier Chabanel. L’industrie de la mode ayant façonné ce quartier dès les années 30 et ce pendant presque 70 ans. L’ouverture du marché international dans le monde du textile est venu transformer les friperies et les designers de ce coin de la ville. Les édifices très brutalistes et très industriels se sont mis à se vider suite à plusieurs faillites des compagnies de l’industrie.

C’est alors que le plus grand gestionnaire immobilier du coin, Le Groupe Dayan, a décidé de se lancer dans une aventure de 17 millions avec la ville centre pour recréer un espace de création et de design. Trottoirs plus large, un peu plus de verdure et un nouveau mobilier urbain, la rue Chabanel s’est refait une beauté pour attirer les investisseurs et les locataires. Même cet investissement privé ne change pas que nous pouvons voir des cartons et des planches de bois en guise de rideaux dans les façades des bâtiments des rues voisines, le nouveau Chabanel se veut prometteur, néanmoins, les “sweat-shops” restent encore omniprésent. Ce ne sera pas demain que nous reverrons la Semaine de la Mode de Montréal au coin de Chabanel et de l’Esplanade.

Bois-Franc, St-Laurent
Franchement et personnellement, je n’aime pas le quartier Bois-Franc dans l’arrondissement de St-Laurent, c’est tout ce que je n’aime pas dans la banlieue mais, se trouvant en plein sur l’île à quelques minutes du centre-ville. Il est facile de comprendre l’attirance pour ce coin de la ville et c’est pour ça que dans les trois exemples que j’ai donnés dans ce billet de blogue, c’est le plus réussi. Bois-Franc est situé juste au sud du boulevard Henri-Bourassa et juste à l’est de Cavendish ce quartier bâtit de toute pièce n’a aucune historique attirante, aucun cachet, sans personnalité et ne contient pas vraiment d’avantage sauf un terrain de golf et un style de vie qui plait à beaucoup de gens.

Au beau milieu d’un quartier industriel et commercial, les maisons se vendent bien et à des prix pas toujours abordable. Quand vous entrez dans les rues toutes neuves, vous avez l’impression d’être dans un « gated-community » américaine, loin du trafic et des bruits de la ville. Les maisonnettes et les condos ont été tous construit par deux ou trois constructeurs, d’où leur ressemblance. Je ne doute pas qu’il fait bon y vivre et qu’il y a beaucoup d’avantages. Il est presque terminé, les promesses ont été respectées, le quartier apporte beaucoup de nouvel argent en taxes foncières et ayant une valeur immobilière plus élevée que la moyenne, il sert à garder certaines familles à revenue élevé sur l’île. C’est la raison pour laquelle, malgré la tournure sarcastique de mon texte, je considère ce nouveau quartier réussi.

Une partie du Quartier Bois-franc

En conclusion, il est possible de créer des quartiers tout entier, que ce soit la transformation du nouveau Quartier des Spectacles ou encore la nouvelle vision du quartier latin. L’île des Soeurs n’est-elle pas elle-même l’exemple d’un quartier qui, lors de son annexion à la Ville de Verdun en 1956 n’était rien d’autre que des champs. Je ne veux pas m’avancer pourquoi certains comme la cité de la mode ou le triangle tarde à prendre leur envol mais, une chose est certaine, j’aime bien de la façon de la ville se transforme en ce moment et Griffintown est, je l’espère, le début d’un temps nouveau !!!