Sensationnalisme à la une

Tellement de choses à dire aujourd’hui. Les Indignés et la ville qui a perdu patience assez rapidement. L’échangeur Turcot, le match et la défaite du Canadien en après midi de « Thanksgiving » américaine. Pourtant, je suis encore sous le choc de mon réveil brutal. Quand j’étais petit, mon père pour des raisons dont j’ai encore de la misère à comprendre achetait le « Allô Police » et le « Photo Police » à chaque semaine.

Ce matin, en lisant les journaux au bureau, je suis retombé en enfance. En première page du Journal de Montréal et de La Presse vous pouviez voir le corps inanimé et ensanglanté du mafioso Salvatore Montagna assassiné hier à Charlemagne. Ce fait divers digne de Claude Poirier et de ces histoires de chien écrasé avait l’air une manchettes digne des années des cabarets branchés de la Main. J’avoue que la nouvelle est importante, Montréal est depuis longtemps une plaque tournante de la mafia canadienne et sérieusement, ça fait un petit velours de voir quelque chose que Toronto ne fait pas mieux que nous encore. La mafia et les vampires, même combats, on le sait que c’est mauvais et pourtant il y a quelque chose de romantique dans les deux et ça frappe l’imaginaire. Les gangs de rues et les motards c’est de la petite bière à comparer de la Cosa Nostra.

Mais la a mettre le cadavre en première page, je doute énormément du manque de gros bons sens des éditeurs. Les jeunes d’aujourd’hui sont beaucoup moins dupes que nous l’étions au même âge, ils en ont vu d’autre, après tout, je joue aux mêmes jeux vidéos, je regarde les mêmes films et la même télévision, ce n’est pas un corps inanimé le problème. Le problème c’est que ce n’est pas une oeuvre de fiction, c’est la vérité et même si je crois que ces mêmes jeunes sont assez intelligents pour faire la différence entre la fiction et la réalité, nous nous devons d’avouer que la ligne peut être parfois très mince entre les deux.

L’histoire de la mafia Montréalaise entre les clans Rizzuto et Cotroni ou même l’histoire de la famille Dubois est digne des meilleurs Parrain ou Sopranos, mais prière de laisser les faits divers aux faits divers, il y a beaucoup plus important que ça à discuter et qui mériterait une première page, pourquoi pas une bonne nouvelle pour faire changement.


Excusez moi d’avoir embrouillé les détails déplaisantes et répugnantes de la première du Journal de Montréal. pour voir la version non censuré, cliquez sur l’image.

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Amoureux de Montréal, fasciné par l'histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.