Rencontre PM: LARPs, la Série.

Dans l'ordre: Jonathan Silver ("Arthur"),  Elizabeth Neale ("Shane"), Jon Verrall ("Evan"), Charlotte Roger ("Brittany") et Scott Humphrey ("Will")
Dans l’ordre: Jonathan Silver (« Arthur »), Elizabeth Neale (« Shane »), Jon Verrall (« Evan »), Charlotte Roger (« Brittany ») et Scott Humphrey (« Will »)

Le concept de série web est encore relativement sous-représenté en français au Québec, les plus populaires sont souvent des productions poussées par des médias traditionnels. Que l’on pense à « En audition avec Simon » en 2010 jusqu’à la nouvelle série « 7$ par jour » qui vient d’être lancée, les deux poussées par Radio-Canada et sa plateforme Tou.tv. C’est pareil du côté de Télé-Métropole avec La Brigadière et l’Entraîneur. Les séries privées se font plus rare, Urbania et Les Millionnaires et Les Presqu’Histoires me viennent à l’idée même si nous n’avons vu que des pilotes pour le moment. Je parle de vraies séries indépendantes, créé par une bande d’amis, souvent avec de petits budgets. Le Fond Indépendant de Production fait sa part en offrant des subventions pour démarrer sa série dramatique, humoristique où même animée. Reste qu’en français, ce ne soit pas si facile à trouver, oui il y a eu les Têtes à Claques qui ont remporté un très grand succès, mais pouvez-vous m’en nommer d’autres?

Ce n’est ni le talent, ni l’inspiration qui manque et pourtant, ce genre de série est un peu plus populaire en anglais, je ne sais pas vraiment pourquoi et ne me demandez pas de l’expliquer, ce n’est pas ma spécialité. Mais ce que je sais, c’est qu’à l’exception des événements en direct, comme le sport, ma télé est rarement utilisée pour autres choses que des émissions en ligne ou YouTube et Vimeo. Une des chaînes que j’écoute, Geek and Sundry offre de petites émissions, certaines scriptées, d’autres non qui comme son nom l’indique, tourne autour de la culture geek avec en tête d’affiche la comédienne Felicia Day (Buffy; the vampire slayer et Dr. Horrible) ainsi que Wil Wheaton (Star Trek; The Next Generation, Stand by Me). Pendant que je regardais les nouvelles émissions de cette chaîne, je suis tombé sur une série. LARPs: The Series raconte l’histoire de cinq amis qui se retrouvent pour jouer leurs personnages de jeu de rôle grandeur nature. Un peu comme les gens que l’on peut apercevoir les fins de semaine sur le Mont-Royal et non, je ne parle pas des Tam-tams. Je parle ici d’adultes ou de tous âges, en armure et leurs armes de styromousse se prendre pour leurs alter ego tirés directement de Donjons et Dragons. Dans cette série, je commence à reconnaître des recoins, à mon grand étonnement, cette série est tournée à Montréal. J’ai donc décidé de rejoindre l’équipe de production pour savoir si je pouvais leur poser quelques questions et partager cette série avec mes lecteurs. Ce qu’ils ont accepté, c’est Elizabeth Neale et Charlottes Rogers, les deux héroïnes de la série, qu’ils ont envoyée au bâton pour répondre à mes questions ce qu’elles ont fait avec plaisir. Alors, pour ce nouvel épisode des Rencontres PM, je vous présente, LARPs: The Series

ProposMontréal: Qui est derrière la série LARPs?
Elizabeth Neale: Conçue par Julian Stamboulieh et planifiant d’écrire lui-même la série, il a ultimement décidé de donner cette tâche à Jon Verrall qui avait à son actif plusieurs années d’expérience dans le genre en tant que joueur et maître de jeu. La première saison fut produite par Benjamin Warner et Julian par leur boîte de production, Beanduck Productions.

PM: Êtes-vous une bande de geeks où la série est basée sur des expériences personnelles?
Elizabeth: Julian est arrivé à cette idée parce qu’il voulait regarder vers les alter ego, donnez l’occasion d’être quelqu’un que vous n’êtes pas. Les personnages sont légèrement basés sur lui et ses frères. Plus de personnages furent ajoutés au moment où Jon a pris l’écriture en charge, les comédiens furent sélectionnés et les personnages prirent une évolution selon leur propre interprétation. Dans l’équipe, Jon est celui avec le plus d’expérience en jeux de rôles, mais nous sommes tous geeks et pour la plupart, aussi des gamers.
Charlotte Rogers: Jon a 15 ans d’expérience en jeu grandeur nature avec Scott Humphrey qui y a participé à quelques reprises. Après avoir terminé la première saison, nous avons tous commencé une partie de Donjons et Dragons, question de continuer de prendre de l’expérience et nous amuser dans la culture du jeu.

PM: Pour les gens qui ne connaissent pas le concept, expliquez-moi ce qu’est le jeu grandeur nature? (LARP)
Elizabeth: Tu crées un personnage en sélectionnant ces forces, faiblesses et ces différentes habiletés et tu dois jouer le personnage, ou la créature de ton choix. Il y a plusieurs types de LARP avec différents concepts et différents mondes; Steampunk, cyberpunk, vampire ou moyen âge. Un maître de jeu donne une direction au jeu et aux participants, il guide l’histoire vers différentes situations, certaines ont des combats, d’autres impliquent des centaines de joueurs. Ce qui est bien du LARP c’est que c’est assez ajustable, selon le groupe, l’histoire et les situations en générales.

PM: Dans l’équipe, est-ce qu’il y avait des comédiens qui n’avaient aucune idée sur ce qu’était cette culture?
Charlotte: Personnellement, je ne connaissais absolument rien du jeu grandeur nature quand je fus approché pour travailler sur le projet. C’était une toute nouvelle expérience d’apprendre ce qui est un passe-temps pour autant d’enthousiastes partout dans le monde.

LARPs-pose

PM: Comment les acteurs ont-ils été choisis, des amis ou au travers d’un système d’audition traditionnel?
Charlotte: Nous sommes tous des amis, nous étions à Concordia. Le directeur, Julian, a envoyé une annonce pour un petit groupe d’amis voulant auditionner pour la série, nous avons tous auditionné pour quelques-uns des rôles et nous avons eu les postes plus tard dans la journée.

PM: Quelle(s) série(s) web ou télévisée peuvent avoir inspiré l’idée à Julian et Jon?
Elizabeth: Jon s’est assuré de ne pas regarder la série de Felicia Day, The Guild, avant d’avoir terminé l’écriture parce qu’il ne voulait pas être influencé par une autre série. Beaucoup de son inspiration lui est venu d’expériences personnelles.

PM: Cette série était déjà sur Youtbe avant, comment Geek and Sundry vous ont-ils approché?
Elizabeth: Originalement lancé en mars 2014 et après que tous les épisodes soient sur YouTube, Felicia est tombée dessus par chance et a trouvée que ce serait un match parfait pour sa chaîne. Ils nous ont donc approchés pour relancer la série pour les plus d’un million d’abonnés de Geek and Sundry en plus de nous aider dans la production de la 2e saison. Il est assez facile de deviner que nous avons accepté.

PM: Pour des raisons, disons purement scientifiques, avez-vous rencontré Felicia et sent-elle bon?
Elizabeth: Nous n’avons pas encore eu la chance de la rencontrer, j’imagine, par contre qu’elle doit sentir comme un cupcake et des licornes.

PM: Si ce n’est pas trop indiscret, combien peut avoir coûté la première saison et comment fut-elle financée?
Elizabeth: La première saison fut entièrement financée par Beanduck Productions et beaucoup de bénévolat de notre part. Le budget était serré, environ 15 000$ et les journées furent longues. L’équipe extraordinaire a supporté le projet. Les armes et armures furent prêtées par la compagnie Les Artisans d’Azure

PM: La saison 2 sera plus facile à financer avec le support de la chaîne?
Elizabeth: Nous avons quelques ressources, Geek and Sundry bien sûr et notre campagne de sociofinancement Indiegogo. Le budget est encore bas, mais cette fois-ci, l’équipe est payée et l’horaire sera plus facile à gérer pour tous.

PM: Justement, en parlant de la 2e saison, qu’est-ce qui nous attend?
Charlotte: Nous sommes vraiment excités, cette saison sera meilleure et plus grandiose, et ça, grâce à tous les amateurs. Nous avons très hâte de commencer le tournage.
Elizabeth: Nous commençons le tournage cette semaine, les scènes intérieures en avril et les scènes extérieures en mai. Les spectateurs peuvent s’attendre à des épisodes plus longs (11 minutes et le double pour la finale) plus de personnages, des scènes de bagarres plus bad-ass. Ce ne sera rien de moins qu’ÉPIQUE.

PM: Est-il possible de voir les comédiens dans d’autres projets?
Charlotte: Bien sûr. Jonathon Silver a récemment fait un peu de travail pour l’émission « Saving Hope » and pour le jeu « Assassin’s Creed ». Elizabeth Neale est au théâtre avec « Trout Stanley » et « Fuddy Meers« . Scott Humphrey participe aussi à « Fuddy Meers » en plus de se mettre à l’écriture. Quant à moi, je suis aussi dans une pièce de Geordie Productions appelé « Chloe’s Choice » en plus de quelques projets cet été. Jon Verral est assez occupé avec la saison 2 et participe, grâce à son expertise en chorégraphie de combat dans différentes productions au théâtre indépendant.

PM: Maintenant, passons à Montréal, où la série est-elle filmée?
Elizabeth: A Montréal surtout dans nos propres résidences et dans quelques cafés, Cho’cola sur Monkland et Myriade sur Mackay. Les scènes extérieures sont filmées à St-Donat.

PM: Il y a quelques petits signes de Montréal dans les vidéos, par exemple la mention de Schwartz’s. Avez-vous d’autres exemples?
Charlotte: Juste Schwartz’s dans la saison 1. Jesse Sherman dans une scène de café, accueille les personnages avec un « Bonjour, Hi! » pour ajouter la touche bilingue que nous rencontrons à tous les jours à Montréal. Un sous-titrage en français-québécois est aussi disponible pour tous les épisodes.

PM: C’est quoi Montréal pour vous?
Elizabeth: Montréal pour moi et un mélange de langues et de cultures. Les plus beaux moments c’est quand les gens sortent de leur zone de confort et se laisse surprendre par la ville.
Charlotte: Mhm… probablement pour moi, Montréal c’est la maison, j’adore habiter ici et sa communauté d’acteurs. L’environnement local pour une actrice offre extrêmement de support et est très positive. Je ne peux pas assez dire à quel point c’est formidable. Les Montréalais sont assez spectaculaires et les comédiens phénoménaux.

LARPs

PM: Qu’est-ce que vous aimeriez améliorer dans notre ville?
Elizabeth: Si je pouvais cliquer des doigts et réparer toutes les rues, je le ferais, ces nids-de-poule sont assez durs pour ma pauvre voiture.
Charlotte: Oh! J’apporterais tous les tournages pour le cinéma et la télé à Montréal et tous les talents de la ville pourraient toujours avoir du boulot. Ce n’est pas trop demander non?!

PM: Comment peut-on encourager la série?
Charlotte: Partagez, aimez et commentez tous les épisodes et les vidéos sur la chaîne, un petit geste qui aide énormément. Il est aussi possible de nous encourager un participant à notre campagne Indiegogo (il ne reste que deux jours, dépêchez-vous!!) et passez le mot à vos amis si vous aimez la série.

Elizabeth me faisait remarquer qu’elle avait aussi été approchée par le très populaire blogue L’antre du Geek qui lui ont aussi posé quelques questions, je vous invite à vous rendre sur leur très bon site pour lire leur entrevue au sujet de la série. L’Équipe a aussi eu un petit topo du côté de CBC et des articles dans The Gazette, Cult MTL et The Main.

J’aimerais voir ce genre de série vivre aussi en français, mais du contenu montréalais, ça reste que c’est du talent local et peu importe la langue d’une série, si ça donne du travail aux artisans d’ici et que le produit est de qualité, ça mérite la mention et ça mérite d’être découvert. Connaissez-vous des séries web locales que je ne connais pas, que vous aimeriez partager, faites-le, et si ça pique ma curiosité, je me ferais un plaisir de le partager.

Je tiens à remercier Elizabeth et Charlotte pour le temps qu’elles m’ont offert pour répondre à mes questions. J’espère franchement que je vous aurai fait découvrir quelque chose de nouveau et que vous partagerez peut-être mon enthousiasme envers les séries en lignes. On ne sait jamais, peut-être même que vous aurez le goût d’en créer une vous-même!

Pour suivre LARPs sur Geek and Sundry, visitez la liste de lecture et suivez les extras sur leur chaîne personnelle.

Écrit par :

Amoureux de Montréal, fasciné par l'histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.

Un commentaire

Les commentaires sont fermés.