Publicités roulantes, oui ou non?

Montréal a un problème de circulation, ce n’est pas un secret. Je ne parle pas de ponts lors du retour à la maison, je parle de la ville centre, le noyau de la ville. Quand ce n’est pas les cônes orange qui sont dans le chemin, c’est un accident ou une manifestation. Je prends même en considération les événements spéciaux et les rues piétonnières temporaires.

Plusieurs idées sont sur la table pour essayer de contrer cette circulation. Ça commence par entretenir les rues bien sûr et convaincre les gens d’utiliser le transport en commun. Mais d’autres idées pourraient aider, par exemple, empêcher les camions durant certaines heures ou être plus sévères envers les gens stationnés en double. Ceci étant dit, il n’y a pas de petit pas vers la fluidité urbaine, voilà quelques années sur ce blogue, j’avais lancé la suggestion suivante. Avoir des places de stationnements spécifiques pour les camions de livraison, oui le livreur aura peut-être à marcher un coin de rue, mais il ne sera pas stationné en double sur St-Laurent à 9h le matin! Mais j’ai une autre suggestion et vous verrez, ça ne fera pas qu’aider la circulation, je vais aussi sauver une certaine pollution visuelle et environnementale.

Peut-être que ça ne changera pas la circulation, j’exagère un peu, mais voici mon histoire et vous comprendrez la raison de ma frustration et la raison de ce texte aujourd’hui. Je suis dans mon auto, roulant, tranquillement, sur Ste-Catherine et mon but de tourner à gauche sur la rue University qui est à quelques coins de moi. Si vous avez déjà essayé de tourner de cette façon, vous savez très bien que ça peut prendre quelques lumières pour effectuer cette manœuvre. Par contre, je sais très bien que cette fois-ci, le tournant risque de me prendre quelques minutes de plus. Devant moi se trouve un camion cube avec des écrans DEL tout le tour et son rôle, sa seule raison d’être, s’est d’être vu, d’être regardé par le plus de gens possibles, la seule raison que ce camion se retrouve dans la rue la plus occupée du Québec à une heure ou la circulation roule à la vitesse de la tortue est pour faire de la publicité pour un centre commercial.

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Nous sommes bombardés par la publicité que ce soit sur internet, dans les rues, dans les transports en commun, à la radio ou à la télé. Il est pratiquement impossible de se sauver de la pub tellement que le consommateur moyen en est blasé. Il est donc nécessaire pour les boîtes de communication de trouver de nouveaux médiums pour faire passer le message, parce que le « lady’s night » du Beach club est vraiment importante à publiciser sur la rue Ste-Catherine. Alors, un génie a donc eu l’idée que faire rouler un camion diesel dans un Montréal déjà congestionné serait une excellente idée. On nous vante l’utilisation du transport collectif, du vélo et de l’énergie verte. Les autorités nous demandent de moins faire appel à nos véhicules, écologique bien sûr, mais aussi pour des raisons économiques. La congestion coûte des millions par année à des entreprises qui pour une raison ou une autre peuvent décider de s’installer dans prochain « lifestyle cener » à la Dix30 au lieu du centre-ville.

Pourquoi la ville ne légifère pas sur ce type de véhicule complètement inutile sur nos rues? Le plan d’urbanisme de l’arrondissement de Ville-Marie (où la majorité de ces camions se retrouvent) avait la règle suivante « 531. Une enseigne publicitaire est interdite sur un véhicule, sauf sur un autobus où elle est autorisée sans limites ». Or, en raison de complexités juridiques (??), cette loi a été abrogée en mai 2013. Depuis, il n’y a aucune réglementation sur l’utilisation de véhicules pour les seules raisons d’être publicitaire. Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’arrondissement, par l’entremise du 311, n’a jamais eu aucune plainte à ce sujet, zéro, nada, rien, nothing, zip! Vous allez quand même pas me dire que je suis le seul à remarquer l’absurdité de l’utilisation d’un camion diesel qui ne servira qu’à rouler sans autre raison.

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Je n’ai rien contre une utilisation intelligente de ce type de véhicules publicitaires. Par exemple, stationné à la sortie d’un concert ou d’un match de hockey au centre Bell. C’est 25 000 personnes qui potentiellement pourraient voir votre message. Dans un stationnement de centre d’achat quand une boutique veut publiciser une vente, un camion stationné peut être une bonne enseigne éphémère. Il est aussi important de noter que ce véhicule doit être éteint et certain, comme ceux à écrans D.E.L. fonctionnent avec des génératrices beaucoup moins polluantes pour éviter que le véhicule tourne au ralenti. Un règlement municipal interdit aux automobilistes de laisser fonctionner le moteur « idle » alors que le véhicule immobilisé pour plus de trois minutes. Le coût de cette infraction est de 50$, plus les frais bien sûr.

La plupart des compagnies faisant la promotion de ce type de pub mentionnent que leurs véhicules sont écologiques. Oui le diesel est de plus en plus écologique avec l’utilisation de système d’urée pour répondre aux normes d’antipollution pour tous les moteurs qui utilisent ce carburant. Mais reste qu’un camion dans les rues de Montréal, c’est un camion de trop. Mais pour moi, le meilleur argument derrière leur plan d’affaires est le suivant; aucun arbre n’a été coupé pour faire leur pub, sérieusement?

Un dernier argument en faveur de la disparition de ce type de pub. On nous empêche d’utiliser des écrans lors de la conduite, je ne peux pas croire que ce genre de camion n’est pas un risque d’accident, on parle d’un écran géant et roulant, surtout quand c’est une publicité de “Victoria Secret” Je ne suis pas entièrement contre ce type de pub, l’idée du camion est intéressante. Je crois simplement que les écrans devraient être éteints si le véhicule se rend du point A vers le point B où les écrans sont rallumés quand le véhicule est stationné.

Que pensez-vous de ce type de publicité, pour ou contre? Devrait-elle être contrôlée, réglementée, limitée ou complètement bannie?

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Écrit par :

Amoureux de Montréal, fasciné par l’histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.