Projet pilote de projets pilotes.

Dans le monde du Geek, cela s’appelle une version « bêta », donc une version incomplète avec quelques bogues encore bien présent qui permettent à l’éditeur du logiciel, du jeu ou du site web de « tirer la plogue » quand bon lui semble, de justifier des erreurs et surtout d’amasser les commentaires des usagés. Avant d’être l’outil de courriel le plus populaire sur le web, Gmail de Google est resté en version bêta pendant cinq ans. La gestion de la ville semble avoir embrassé le même format, mais le terme en urbanisme est « projet pilote » et autant que je suis en faveur de cette idée, il ne faut pas galvauder le terme au point où qu’il ne voudra plus rien dire, un peu comme bêta l’est devenu pour Google.

Alors, voilà que Montréal commence à faire le plein de projets-pilotes, prolongement des heures d’ouvertures des bars, deuxième saison de la cuisine de ruee et son ouverture dans Rosemont-Petite-Patrie, art mural, d’économie sociale, de bornes de recharge électrique, de stationnement basé sur la demande, de trottoirs partagés et aujourd’hui même, on annonce un projet-pilote pour la revitalisation de la Rue St-Hubert. Même la STM s’y lance avec les projet-pilotes d’autobus électriques ou de recharge de la carte opus à la maison.

Il faut faire attention de ne pas sur-utiliser le terme. Faire un projet-pilote ne veut pas dire d’essayer n’importe quoi et que si ça tourne au vinaigre, s’en laver les mains en disant que « Ce n’était qu’un projet-pilote ». Il faut faire attention pour que ce terme à la mode en ce moment ne perd pas de sa saveur, ni de sa force. La ligne est mince entre écouter ces citoyens et leur présenter des idées et faire n’importe quoi et souhaiter qu’avec la quantité, certains projets vont fonctionner.

Des articles dans The Gazette et dans La Presse louangent les actions du Maire Coderre depuis son arrivé et je dois l’avouer que je suis agréablement surpris, il lance des idées à qui veulent bien l’entendre, ça parait, il aime sa ville et pour ça seulement, il mérite des félicitations. Ces idées sont quelques fois directement tiré du coeur, directement de ces tripes de Montréaliste et comme mon père me disait quand j’étais jeune, il devrait des fois s’arrêter et penser avant d’agir. Je vais le dire, comme plusieurs l’ont dit avant, il a des airs de Camilien Houde, de Jean Drapeau et dois-je le dire, de Maire Labaume, tout en restant le Coderre que l’on connait.

Ce mot devrait être utilisé quand une idée, répondant à un besoin, que les parties nécessaires ont eu un bon remue-méninges (brainstorming) et que des bases solides ont été établies. Le projet pilote se doit d’être la version bêta d’un règlement municipal où il y aura très peu à changer entre l’essai et le résultat final. Comme je disais en entré de jeu, il semble que la brochette de projets-pilotes que nous avons en ce moment se veut un projet-pilote en lui-même. Ne vous détrompez pas, je suis très content de voir de l’action à l’hôtel de ville, je veux juste vous mettre en garde qu’il faut, des fois, faire attention aux terminologies utilisés et la preuve qu’il est possible de dégrader la valeur d’un terme, j’utilise les mots « projet pilote » 11 fois seulement dans ce court billet.

Écrit par :

Amoureux de Montréal, fasciné par l'histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.