Les toponymes universitaires.

À la fin des années 80 et début 90 , les sports étaient une grande partie de la vie de tous les jours pour un garçon de mon âge et cela allait jusqu’à se refléter dans ma garde de robe d’adolescent. Mes vêtements portaient les logos des Canadiens, des Expos, des Alouettes, de la Manic et même de la Machine. Pour ceux qui n’ont aucune idée de ce que je parle, je vous invite à lire ce très vieil article du blogue pour découvrir les équipes disparues de Montréal. Revenons à notre sujet, ces logos représentaient aussi plusieurs équipes américaines, on parle des grandes années des Raiders ou des Redskins de la NFL ou bien les A’s du baseball majeur. On pouvait aussi y retrouver des équipes universitaires comme les Hoyas de Georgetown ou bien les Fighting Irish de Notre-Dame. Juste à jeter un coup d’œil sur les vidéos clips, surtout hip-hop, de ces années pour y voir l’influence de mode.

Simplement dit, porter des vêtements à l’effigie d’équipes universitaires américaines n’était pas hors de l’ordinaire. Duke, Notre-Dame, Georgetown, Ohio States se retrouvaient partout dans nos écoles. J’ai allumé à mon entrée à l’université ici à Montréal, je me suis demandé la question suivante; pourquoi voit-on rarement de la marchandise des clubs locaux? Encore aujourd’hui, si vous croisez un chandail des Redmen de McGill, c’est probablement un étudiant de ladite université et non un admirateur de l’équipe. Même si le football universitaire a la côte au Québec, les matchs de hockey ne sont même pas télévisés, le HOCKEY!!!

À Montréal, nous sommes chanceux, nous avons quatre universités majeures ayant des volets athlétiques. Puisqu’un des sujets de prédilections de ce blogue est la toponymie, je prends l’initiative de vous présenter nos clubs sportifs universitaires en vous racontant un peu plus d’historique derrière les noms de ceux-ci. Si le sport ne vous dit rien peut-être que la fierté montréalaise et un peu d’histoire vous feront acheter de cette marchandise à saveurs locales. Après tout, la plupart des profits servent à ces étudiants qui ont les talents d’amalgamer sport et étude.

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Les Redmen et les Martlets de l’Université McGill.
Couleurs: Rouge et blanc

En 1874, le tout premier match de football américain avec règles se passait entre les « Red Men » de McGill et l’équipe de Harvard. McGill est aussi une des premières équipes de hockey organisée du monde et James Naismith, un « alumni » du département sportif de l’université, est reconnu comme n’étant rien de moins que l’inventeur du basketball. Dire que le sport est dans l’ADN de l’université est certainement un euphémisme.

Les clubs masculins de l’école portent tous le nom des Redmen (hommes rouges) et avant que vous criiez aux politiquement incorrectes, ça n’a rien à voir avec le surnom donné aux amérindiens et n’a aucune connotation raciale. Malgré ce détail, le logo de l’équipe est pour une courte période des années 50, une tête d’autochtone. Deux différentes sources nous expliquent la désignation de ce nom. Les couleurs de l’université, par conséquent, des uniformes en rouges sont probablement la raison la plus évidente. Par contre, une autre théorie viendrait du nom donné aux écossais de l’époque qui arboraient des cheveux roux. La corrélation est que James McGill, fondateur du collège était un natif de Glasgow en Écosse

Les équipes féminines portent le nom des Martlets depuis 1976, le nom de l’oiseau qui se retrouve sur le blason de l’université. La merlette est un oiseau imaginaire stylisé ressemblant à une alouette ou un merle qui se veut strictement un meuble héraldique britannique. Il est toujours représenté de côté et habituellement sans pattes. La première équipe de hockey féminine de l’université remonte jusqu’à 1896.

Match de football, Harvard contre McGill en 1875. Photo: Musée McCord, II-21494
Match de football, Harvard contre McGill en 1875.
Photo: Musée McCord, II-21494
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Les Carabins de l’Université de Montréal.
Couleurs: Bleu royal, blanc, noir.

Les équipes masculines et féminines de l’université portent toutes le nom des Carabins. Si au début le terme est strictement militaire, il y a une connexion à son utilisation sportive montréalaise avec la présence de l’important bataillon des Carabiniers Mont-Royal. En France, la désignation du carabin remonte à l’époque où on appelait ainsi les étudiants en médecine chez les militaires. Avec le temps, ce qualificatif est venu à représenter tous les étudiants en médecine, militaire ou non. L’Université de Montréal à la création de son programme sportif en 1922 est surtout reconnue pour ses facultés en sciences médicales, facultés qui font encore aujourd’hui la renommée et la fierté de l’école.

Si le sport universitaire organisé est en grande partie mis de côté au début des années 70 par les organisations étudiantes, il refait surface en grande au début du 21e siècle. Les petits clubs sportifs ayant survécu se joignent alors aux circuits provinciaux et la création des équipes de soccers masculins et féminins et le retour de l’équipe de football en 2002 marquent le renouveau des Carabins dans la sphère universitaire. Depuis 2008, les carabins c’est aussi une équipe de hockey féminin et une quinzaine de programmes différents.

L'Équipe de hockey des Carabins de 1956-1957. Photo: Division de la gestion de documents et des archives de l'Université de Montréal.
L’Équipe de hockey des Carabins de 1956-1957.
Photo: Division de la gestion de documents et des archives de l’Université de Montréal.
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Les Stingers de l’Université Concordia
Couleurs: Rouge-marron, blanc et or

En 1974, l’Université Sir Georges Williams du YMCA et le Loyola College des Jésuites joignent leurs forces. Cette fusion mènera à la création de l’université Concordia et l’union s’étalera aussi à leurs clubs athlétiques respectifs. Il faudra attendre en 1975 pour une fusion des Georgians et des Warriors pour donner naissance à une nouvelle équipe, les Stingers. Elle adoptera les couleurs des deux défuntes équipes, soit l’or, le blanc et le rouge-marron. Notons que l’équipe portera aussi le nom de The Concordians une seule saison avant de passer à la désignation actuelle des Stingers.

Au moment de la fusion, le directeur sportif de Loyola, ancien de la CFL, Ed Enos, prend le rôle de directeur sportif de la nouvelle entité. Pour ce qui est de l’origine du nom, même le responsable au média des sports de l’établissement n’a été en mesure de me dire pourquoi l’école a choisi le nom d’insectes qui piquent! Un concours, un choix personnel ou bien une raison perdue dans la courte histoire.

L'équipe de hockey du Collège Loyola.  Photo:  Musée McCord, Wm. Notman & Son, 1899, II-128617
L’équipe de hockey du Collège Loyola.
Photo: Musée McCord, Wm. Notman & Son, 1899, II-128617
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Les Citadins de l’Université du Québec à Montréal.
Couleurs: Bleu marin, bleue ciel et blanc

Probablement les équipes les moins connues, les Citadins représentent l’UQAM dans quelques sports, dont le soccer, le basketball ou le volleyball. À sa création en 1969, l’établissement public a même des équipes en Football et en hockey. À la fin des années 70, tout comme à l’U de M, le sport prend le siège arrière. En 1997, on inaugure un centre sportif ce qui donne un regain aux sports universitaires, certains clubs comme ceux de natation et de ski alpin seront des échecs pendant que des sports d’équipe comme le Basketball et le soccer prendront finalement racine.

Comme les Stingers, peu d’histoire est disponible sur les Citadins. Comme son nom l’indique, L’UQAM fait partie du réseau Université du Québec et les noms des programmes sportifs représentent plus ou moins chacun des établissements. Par exemple nous pouvons compter sur les Patriotes de Trois-Rivière (UQTR) ou les Torrents d’Outaouais (UQO). Il est donc de bonne guerre que l’équipe de la Cité de Montréal se nomme les Citadins. Je dois dire que malgré son manque d’originalité, le nom est quand même bien choisi.

Érika pilon, Soccer Féminin, Citadins. Photo Andrew Dobrowolskyj photo
Érika pilon, Soccer Féminin, Citadins.
Photo Andrew Dobrowolskyj photo

Vous en savez maintenant un peu plus sur les équipes de nos grandes universités montréalaises. Il serait intéressant que les boutiques aux détails de matériel sportifs encouragent nos établissements locaux. Il serait la bienvenue de voir les petites boutiques de centre d’achat qui vendent des casquettes et des tee-shirts aux logos de grandes ligues ou bien de la NCAA penser à une petite place sur leurs tablettes pour les équipes des ligues du Sport interuniversitaire canadien ou bien du Réseau du sport étudiant du Québec. Malheureusement, s’il n’y a pas de demandes, il n’y aura pas d’offres.

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Amoureux de Montréal, fasciné par l'histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.