Les Croisières à Montréal

Cliquez pour agrandir Photo par Daniel Villeneuve. dvdp.ca
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Photo par Daniel Villeneuve. dvdp.ca

2013 fut une bonne année pour le tourisme à Montréal, 8.4 millions de touristes, le taux d’occupation des chambres en hausse de 2% et malgré une quatrième position canadienne, l’aéroport a eu un nombre record de passagers. Malgré ces bons chiffres, il y a toujours place pour de l’amélioration, plusieurs hôtels ont fermé leurs portes au cours de la dernière année supprimant plus de 1200 chambres au centre-ville et il y a eu cette tempête dans l’administration de Tourisme Montréal.

Nous pouvons quand même dire que le tourisme est en plutôt bonne santé. En plus de remplir les magazines internationaux de propagande pro-montréalaise sur notre esprit européen, notre gastronomie, la vie LGBT ou notre « ville souterraine » comme on peux lire déjà partout, Montréal a un atout important qui reste malheureusement trop souvent silencieux, nous sommes dans une ville portuaire. C’est-à-dire qu’en plus d’arriver par la route, par le rail ou par les airs, il est aussi possible de s’y rendre par la plus belle autoroute maritime de la planète, le Fleuve St-Laurent (take that Calgary!). Ce n’est pas le soleil des Caraïbes je vous l’accorde, mais imaginez une croisière de la côte est de l’Amérique du nord. Après avoir démarré de grandes villes comme New-York et Boston, continuer avec la beauté naturelle des provinces maritimes, de la Gaspésie et du Fjord-du-Saguenay, visiter la ville historique de Québec et terminer ça à Montréal dans le vieux port à moins de 15 minutes de tous les grands hôtels ou des hôtels boutiques du vieux où il est possible d’y rester une ou deux journées supplémentaires après son arrivée. Avec une scène touristique à saveur mondiale, un aéroport international qui est à moins de 30 minutes du centre-ville pour vous connecter au monde netier et finalement un multiculturalisme important et une joie de vivre unique. Montréal n’est pas juste une escale, Montréal est un port d’embarquement et ce genre de désignation apporte beaucoup.

Il y a plusieurs obstacles qui nous empêchent de recevoir les plus gros navires qui jettent l’ancre dans le Port de Québec. Certaines de ces difficultés sont négociables et peuvent être corrigées, d’autres moins. Mais Montréal en est encore à ces débuts, à l’exception des AIDABella de 2500 passagers qui se pointe en ville à trois reprises dans les installations de la gare maritime Iberville et d’un habitué, le Maasdam de 1266 passagers, les autres navires sont de 650 passagers ou moins.Il vous est possible de voir l’horaire exacte des navires qui utiliserons nos installations en visitant le site web dédié entièrement aux croisières.

Premièrement, hors de notre contrôle, il y a la demande pour ces croisières sur la côte nord-est de l’Amérique du nord qui ne compte que pour une très petite partie de la demande par les croisièristes, les croisières sur la méditerranée et dans les Caraïbes sont les plus populaires se partageant la moitié du marché entre ces deux régions. Pendant que notre région nordique attire à peine 2% à 3% (chiffres de 2010) des nuitées mondiales. Il est donc plus profitables pour les compagnies à offrir des navires de 650 passagers pleins que des navires de 2500 passagers avec 500 places vides, c’est d’une logique économique indéniablement difficile à contredire.

Pont Laviolette, Trois-Rivières. Photo par BruBMédia.com
Pont Laviolette, Trois-Rivières.
Photo par BruBMédia.com

Un obstacle incontournable à l’arrivée de plus gros navire est sûrement les structures enjambant les rives du fleuve. Il y a les ponts routiers ou ferroviaires comme les Pont de Québec, Pierre-Laporte (Québec), Laviolette (Trois-Rivières) et Jacqques-Cartier (Montréal) mais il y a aussi les câbles d’Hydro-Québec à la hauteur de Boucherville et de Trois-Rivières qui selon une annonce faite à la fin de 2013 seront tendus et surélevés de cinq mètres au cours de l’année pour permettre d’augmenter l’espace de dégagement des navires à 52 mètres.

Gare maritime Iberville. Photo; Port de Montréal
Gare maritime Iberville.
Photo; Port de Montréal

Obstacle finale et probablement la plus importante, nos installations. Notre ville à tellement à offrir, sauf qu’en tourisme comme en amour il n’y a qu’une seule chance de faire une bonne première impression. Le Port de Montréal a gagné plusieurs prix pour son efficacité et ces façons de faire, alors, loin de moi l’idée de critiquer les gens qui se donnent à 100% pour souhaiter la bienvenue aux propriétaires des navires, aux équipages ainsi qu’à leurs passagers. La gare maritime Iberville sur la Jetée Alexandra du Port de Montréal pourrait recevoir un peu plus d’amour. Malgré que la gare maritime à un âge avancé, il ne faut pas oublier que c’est quand même un ancien hangar à grain! Quoique très efficace et tout récemment rafraîchit, nous avons l’impression d’arriver dans un terminus d’autobus et le public cibler n’ont pas tout à fait payé leurs billets le même prix. Montréal est maintenant une ville illuminée par des artistes comme Alex Morgenthaler (S.A.T., Aéroport de Montréal) et Moment Factory (2-22, Quartier des Spectacles), Montréal est une ville de design Unesco et une ville de cirque. Elle se doit de pouvoir impressionner ces touristes et leur montrer qu’ils sont rendus à l’endroit où ils ont toujours voulu aller.

Gare maritime Iberville Photo; Port de Montréal
Gare maritime Iberville
Photo; Port de Montréal

Tous ces petits inconvénients réglés pourrait apporter de 5000 à 6000 passagers de plus à la fin de la saison. Si on prend en considération qu’en moyenne, un passager dans un port d’embarquement dépense entre 175$ et 185$ par jour. C’est plus d’un million de dollars dans les coffres de l’industrie touristique de la ville, en plus des frais d’amarrage de 0,0615$ par tonneau de jauge (2.8 mètres cubes environ) pour une période de 24h demandé par le Port de Montréal. Les retombés de 14 millions de dollars annoncé par le Port de Montréal ne sont pas vraiment difficile à croire.

Bien sûr, un peu d’histoire, comme j’aime souvent le dire, avant d’être un vieux-port, le Vieux-Port était juste… le port. Bien que le port est à cet endroit depuis la fondation de la ville, les activités industrielles elles se sont déplacées vers le nord de l’île (où vers l’est si vous êtes montréalais) suite à l’ouverture de la voir maritime en 1959. Dans les années 70 à 80, le vieux port et même, le vieux Montréal, sont loin d’être le coin rassembleur et touristique qu’ils le sont aujourd’hui, les silos à grain et les entrepôts règnent encore sur les terrains aujourd’hui pleins de verdure. Ce n’est pas avant 1992, pour le 350e anniversaire de la ville, que l’on inaugurera le « vieux-port » tel qu’on le connait aujourd’hui. Mais puisque nous ne parlons pas aujourd’hui du vieux-port, mais bien de croisières et de tourisme, nous allons concentrer notre histoire à la gare maritime Iberville qui sert de port d’attache à nos paquebots de passagers.

cliquez pour agrandir circa 1976 Photo; Archives Montréal
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circa 1976
Photo; Archives Montréal

Construit entre 1899 et 1901, le Quai Alexandra est le deuxième des quais à voir le jour, d’une longueur de 91 mètres originalement, il supporte quatre grands entrepôts et convoyeurs pouvant transporter le grain au bon endroit. Dans les années 20, Montréal est un des ports le plus utilisés sur la planète entière, le quai est alors allongé de 66 mètres entre 1922 et 1926 et il restera ainsi jusqu’au début des années 80. Aujourd’hui, la gare a encore une fonction portuaire importante, possédant encore quatre bâtiments (#3, #4, #5 et #6). La gare maritime Iberville est l’ensemble des hangars #5 et une partie du hangar #6.

En pleine campagne électorale provinciale, la Coalition de Legeault mets le fleuve comme un de ces points les plus important avec son Projet St-Laurent lancé en fin 2013 et juste avant le déclenchement le ministre Bérubé a identifié le secteur des croisières comme l’un des produits prioritaires pour la filière touristique de la mise en valeur d’un plan de tourisme bâtit autour de l’autoroute bleue. Un fleuve qui pourrait s’engorger rapidement si le pétrole devient une priorité du nouveau gouvernement les pétroliers pourraient faire la navette entre Anticosti et Montréal.

Jetée Alexadra photo; Port de Montréal
Jetée Alexadra
photo; Port de Montréal

En tant que port d’embarcation, Montréal ne peux géographiquement pas ccompétitionner avec Vancouver qui est la seule ville canadienne importante à couvrir la côte ouest et Québec qui n’a pas les inconvénients de dégagement des ponts entre les deux villes. Reste que Montréal à sa place dans les ports à prendre en considération pour les opérateurs de flottes voulant offrir les grands lacs et la côte est de l’Amérique du nord.

Écrit par :

Amoureux de Montréal, fasciné par l'histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.