Le Sneckdown.

Malgré ce que les gens aiment se faire croire, Montréal est vraiment une ville nord-américaine et où la voiture est reine de la route. Même si ce n’est pas nécessairement aussi négatif que certains maires d’arrondissements laissent croire, il y a quand même plusieurs façons d’apaiser la circulation et rendre la vie des piétons et des cyclistes plus facile et ce, sans rendre la vie des automobilistes plus difficile. Nos rues ne sont pas des autoroutes, les limites de vitesse varient entre 30km/h et 50km/h et franchement, ces limites peuvent être très difficiles à respecter. Moi-même automobiliste, je me vois souvent dépasser de 10km/h à 20km/h cette limite. Pourtant, je fais attention, je ne suis pas un fou du volant, vedette de Fast and Furious, je suis le flot de la circulation et je me surprends à vouloir accélérer au lieu de ralentir. C’est à cause de cette mentalité que les arrondissements et les villes cherchent des façons pour ralentir la circulation. Dos d’ânes, arrêts aux quatre coins, sens uniques, ces méthodes fonctionnent, mais ruinent la fluidité de la circulation importante au bon rendement d’une métropole en santé.

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Avec un tel nom, le « sneckdown » phonétiquement sonne comme le nouveau sport à la mode ou encore la suite logique du « planking » et du « selfie ». Le « sneckdown » est un terme non officiel utilisé en urbanisme pour décrire les chemins empruntés par les véhicules et les piétons dans les rues nouvellement enneigées d’une ville. Un genre de papier à tracer pouvant guider les urbanistes à voir le chemin utilisé par les usagers de la route. C’est un jeu de mots anglophones avec les mots « Snow » (neige) et « Neckdown » (avancée de trottoir), qui semble avoir ses sources sur le très bon blogue Streetfilms.org qui se spécialise dans la création de vidéos sur l’utilisation intelligente de la rue. Pendant que nous y sommes, je vous suggère fortement de vous abonner à ce site.

Le « sneckdown » peut aider à trouver cette solution à l’apaisement de la circulation sans nuire au flot de véhicules. Suite à une nouvelle neige, allez-vous placer sur un coin de rue et regarder le chemin emprunté par les différents usagers de la route. Vous serez surpris du peu d’espace que l’automobile a vraiment besoin en comparaison à l’espace qu’on lui donne. Si une section de rue n’a pas de trace de mouvement, c’est à se demander si cet espace ne pourrait pas être utilisé pour agrandir le trottoir, placer du mobilier urbain ou tout simplement y mettre un peu de verdure.

Coin des rues Gilford et St-Denis
Coin des rues Gilford et St-Denis

Vous remarquerez que plusieurs arrondissements prennent le chemin du « neckdown » de trottoirs de grandes artères. Le « neckdown » (sans S.) est l’approche qui consiste à allonger les coins de rue, créant une saillie, réduisant ainsi la largeur du chemin passant pour les véhicules. Les points positifs sont grands, premièrement, du point de vue de l’automobiliste en moi, ces saillies me permettent de traverser une intersection en ayant un regard plus sécuritaire sur la circulation de la rue perpendiculaire que je tente de croiser. Il n’est pas nécessaire d’avancer dans la voie de manière dangereuse pour voir si un véhicule s’en vient, caché par les véhicules stationnés. Pour le piéton, le trottoir est une barrière imaginaire entre l’auto et lui, offrant un esprit de sécurité à la personne voulant traverser la rue. Si je prends l’exemple de la Rue Ontario dans Hochelaga qui a tout récemment ajouté une série d’apaisements de la circulation, incluant des trottoirs élargis sur la Promenade. Un piéton peut maintenant traverser sur 8 mètres au lieu de 12m. Ces quatre mètres de différence à pied, peuvent faire la différence sur la sécurité de ce dernier à se rendre de l’autre côté. Bien sûr, il y a quelques points négatifs, les véhicules d’urgences aussi sont ralentis et ça supprime quatre places de stationnement au minimum sur chaque coin.

Les nouveaux trottoirs de la Promenade Ontario. Un exemple de
Les nouveaux trottoirs de la Promenade Ontario. Un exemple de neckdown et une sécurité accrue pour les piétons

Toronto et New York ont tous de belles communautés de « Sneckdowneux », blogues, pages Facebook, hashtags sur Twitter. Montréal est un peu en queue de peloton. Des citoyens de ces grandes villes ont utilisés leurs découvertes pour faire changer les règles en s’improvisent urbanistes. Ils ont réussi à faire comprendre que les piétons doivent avoir plus de place, pour le bien-être et la santé de la ville et pour la sécurité de tous ceux et celles qui utilisent la rue, qu’ils soient à pied, à vélo ou en auto. La neige permet de redessiner la rue de manière efficace et unique.

 

Alors, allez-vous garder un oeil sur la rue lors de la prochaine bordée de neige?
Croyez-vous que le « Sneckdown » est une bonne façon pour guider les urbanistes?

 

 

L’Équipe de Streetfilms.org est passée à Montréal et semble avoir apprécié leur visite.

Écrit par :

Amoureux de Montréal, fasciné par l'histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.

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