Le FFM est-il à l’agonie ?

Connaissez-vous l’expression anglaise « Jumping the Shark ». L’expression dénote le moment où une série télévisée ou de films passe le moment où il est possible de visiblement voir une baisse importante de la qualité du produit. Selon mon opinion et mon opinion seulement, je crois que le Festival des Films du Monde de Montréal a définitivement passé ce point de non-retour, je m’explique.

Nous sommes présentement cinq jours après le début du FFM et le buzz dans la ville est au néant complet. Je ne parle pas de gens de l’industrie, je parle de monsieur-madame-tout-le-monde. C’est un cercle vicieux, nos grands médias n’en parlent pas assez, donc les gens ne savent pas ce qui se passe, si les gens ne sont pas intéressés, les médias ne voient pas la raison d’en parler. Les festivals Montréalais les plus visités comme les Francos, le Jazz et Juste pour Rire et les plus petits comme Fantasia, Nuits d’Afrique ou même Complètement Cirque semble faire bouger plus de foules. Oui le FFM est un festival pour les gens de l’industrie, pour les gens « in » du milieu et les « Who’s who », mais ce n’est pas en donnant des billets gratuits au bottin de l’Union des Artistes que tu fais tes frais.

Serge Losique, président du FFM
Serge Losique, Président du FFM

Le président, M. Serge Losique s’amuse depuis plusieurs années à blâmer différentes raisons pour le déclin, cette année, la grève des employés canadiens dans les consulats qui rend difficile l’acquisition de visas de visite pour les artisans internationaux et le festival ne vient que commencer. Selon l’homme qui en est à sa 37e édition, Montréal se place avec les plus grands comme Cannes ou Berlin. Faudrait peut-être lui dire que ce n’est pas le cas. Le FFM ne se passe que dans trois salles, le Théâtre Maisonneuve, le Cinéma Impérial et l’Odeon Quartier Latin. Pourtant, tellement de salles pourraient accueillir des créations pour la compétition officielle ou un genre de « off » festivals. L’excentris, le Cinéma du Parc et le Cinéma Beaubien me viennent en tête rapidement. La participation d’endroit stratégique comme la Boîte Noire serait également la bienvenue. J’aimerais au moins dire qu’il offre une belle vitrine au cinéma Québécois mais même cet argument commence à manquer de poids quand un film comme « Les 4 Soldats » de Robert Morin préfère être la tête d’affiche du Festival Fantasia ou des cinéastes comme Xavier Dolan ou Denis Villeneuve préfèrent se lancer dans le ROC au lieu de faire profiter ceux qui en fin de compte, iront voir leur foutu film, c’est un signe.

Pour le grand public, le FFM s’empare de la Place des Festivals en présentant à la belle étoile quelques grands films ayant pour but d’attirer l’attention des cinéphile, pourtant, ce n’est pas des films comme Skyfall, Omertà ou Chariots of Fire qui vont faire courir les foules. Autre signe des temps, étant originalement graphiste de carrière, je peux vous dire que les affiches du FFM ont toujours été des chefs-d’oeuvre du métier d’affichiste, mais cette année, même l’affiche semble nous avoir laissé tomber. À vous de juger.

affiches du FFM

Le cinéma en général est un art qui a beaucoup de misère à attirer les foules et ce depuis quelques années déjà, En regardant le fil de photo du compte Instagram du festival, il est facile de voir que les têtes sont plutôt grises et n’utilisent surement pas …. Instagram. Et c’est là le problème, LE FMM manque de « cool », il manque de jeunesse et il manque d’inspiration. M. Losique mentionne souvent de ne pas comparer le FFM et le TIFF, mais il est difficile de ne pas le faire, le Toronto International Film Festival s’est refait une image en 2009 et depuis ce temps. Le TIFF a pris sa place dans la tournée des festivals et se compare au plus grand. Montréal est peut-être encore la capitale de la culture du Canada, mais ce n’est surement pas en offrant ce type de festival à la planète cinéma que nous allons le rester.

Vous pouvez aussi allez lire notre billet sur le FFM de 2010

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Amoureux de Montréal, fasciné par l’histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.