L’avenue Gary-Carter

Gary « The Kid » Carter mérite-t-il son espace public à Montréal? Il semble que beaucoup de gens, incluant la régie des installations olympiques (RIO) et la ville de Montréal. Franchement, je suis d’accord que Carter était un joueur qui a marqué l’histoire du sport à Montréal, mais au point de renommer une rue, une station de métro ou le stade lui-même, je ne suis pas chaud à cette idée.

Gary Carter a été « Montréalais » pendant plus ou moins 11 ans, soit de 1974 à 1984 et une dernière saison en 1992. Contrairement à d’autres personnalités sportives, il n’a pas d’attache à Montréal autre que de bons souvenirs. Tout comme mon opinion sur les choix d’Héritage Montréal où il faut faire la différence entre les souvenirs et les bâtiments, pour Carter, il faut faire la différence entre les légendes et les souvenirs. Je vais taire mes détracteurs sur un sujet, oui je suis assez âgé pour l’avoir vu jouer au Stade Olympique, mais franchement, j’étais plus un admirateur de Tim Wallach.

Une règle importante selon le bureau de la toponymie de Montréal est qu’il faut attendre au moins un après le décès d’une personne pour faire la demande, ce que la ville s’empresse de faire que quelques semaines après le départ du #8. Où je suis le plus en question avec cette démarche d’absolument trouver quelque chose où y apposer une plaque est que Gary Carter se sentait-il aussi Montréalais que les gens aimeraient le croire ?

Carter est au temple de la renommée du baseball majeur depuis 2003, Intronisé à titre d’Expos, il a fait un lobby envers les décideurs à Cooperstown pour être coiffé de la casquette des Mets de New-York où il a gagné la Série Mondiale et joué pendant seulement quatre saisons. Voyez-vous, ce sont les gens du temple de la renommée qui décide quelle casquette votre effigie portera sur sa tête. Cette histoire s’est répété lors de l’intronisation d’Andre Dawson. Les Expos n’existent plus et probablement que nous ne les reverrons jamais, nos anciennes vedettes, qui ont été joués sous d’autres cieux préfèrent se voir avec des équipes qui sont encore dans les grandes ligues et Montréal n’est pas un choix. Dennis Martinez sera probablement le prochain ex-Expos à entrer dans l’histoire et logiquement, devrait être habillé du bleu-blanc-rouge de nos amours et j’ai bien peur que le même débat réapparaisse.

Alors, l’avenue Gary-Carter ou le Parc Gary-Carter? Je suis tout à fait d’accord que nous devons rendre à Carter ce qui appartient à Carter, « The Kid » a fait vibrer le stade à plus d’une reprise et il mérite à part entière de se faire honnorer pour ces souvenirs. Mais, une statue à l’entrée du Stade Olympique pour moi serait suffisant et en guise d’accommodement raisonnable, peut-être qu’on pourrait lui mettre une casquette des Mets pour lui faire plaisir.

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Amoureux de Montréal, fasciné par l'histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.