La radio Montréalaise est une prostitué

Je vais commencer ce billet avec deux affirmations, la première, je n’écoute pas la radio commerciale de type « Top 40 », je suis un fervent admirateur de la scène locale et même si j’écoute de la musique pendant un minimum de 10 heures par jour, je suis sur les radios universitaires, communautaires et une belle et grande collection de baladodiffusions. Deuxième affirmation, ce billet est purement mon point de vue personnel et ne représente aucun autre auteur sur PM.

Fagstein en parle plus longuement sur son blogue, CHOM change de logo et se refait une image, le « classic rock » fait tout simplement place au rock en général. Peut-être qu’Astral vient tout simplement de se rendre compte que ces « baby boomers » ne sont peut-être pas de si grand consommateur de nostalgie que ça. Vendredi passé, Corus annonçait très silencieusement, la fermeture de ces stations Info690 et de am940 qui ont rendu l’âme le soir même. Sans compter tous les démissions, déménagements et mises à pied des derniers mois dans les « morning men/women » des chaînes anglophones.

Maintenant ajouter à cela Astral Média qui décide de changer les noms de certaines de ces stations les plus connus. Énergie est devenue NRJ et Mix96 est devenu Virgin Radio. Deux « branding » européens dont Astral possède les droits au Canada. Je comprends le changement pour Virgin, question d’harmoniser avec les stations soeurs du reste du Canada, mais le changement vers NRJ me laisse encore un peu perplexe. Pourquoi aller chercher une marque qui n’a absolument aucun impact Québécois? Oui NRJ est LA radio en France, vous savez celle qui aime parler la moitié du temps en anglais pour faire « cool », vous savez celle qui est venue chercher Anthony Cavagna dans le temps qu’il était Québécois. LA radio tellement « hot » qu’elle a ses propres prix, Les « NRJ Music Awards » (Il faut prononcer avec l’accent d’un Français qui parle anglais »

Allons un peu plus dans le vif du sujet, à l’exception de quelques noms, Pierre Pagé et Denis Fortin me viennent à l’idée, la plupart des animateurs aux heures de grande écoute, c’est-à-dire, matin, midi et retour à la maison sont pour la plupart que des noms, des noms pour attirer du public et je ne parle qu’en français, les stations anglaises ont pour la plupart des gens de radio. Je vais aussi donner le crédit à des gens comme Brathwaite et Morency qui sont à la radio depuis tellement longtemps qu’ils ont le mérite d’être devenus maintenant des gens de radio et non simplement une bande de comédiens et d’humoristes qui se cherchent de l’emploi parce que leurs billets se vendent pas.

La radio Montréalaise manque tellement d’originalité qu’ils doivent même retourner chercher des pseudo-humoristes qui avaient quitté, comme les Grandes Gueules avec leur humour de 450 pour plaire à ceux qui quitte l’île en fin de journée pour retourner dans leur Bungalow de Brossard en chialant contre le trafic sur le Pont Champlain. Les décideurs se demandent pourquoi ils perdent des parts de marché aux stations comme 99,9 The Buzz, pourquoi la vente de musique francophone est en recul et pourquoi ils sont obligés de faire des changements de noms et de logos.

Peut-être que ces décideurs vont comprendre bientôt, je l’espère, que le problème n’est pas le contenant, mais le contenu. Quand un animateur me lance au micro qu’il adore la dernière chanson Tik Tok de Kesha, je le sais qu’il me ment, je sais qu’un homme de 43 ans qui se respecte ne peut pas aimer cette chanson, alors pourquoi ne dit-il pas tout simplement la vérité. (Voix de Radio) « Ouais, vous venez d’entendre la dernière sensation des petites filles de 14 ans que mes boss me force à faire tourner en boucle à toutes les 20 minutes, FMMM »

Yann Perreau,
, Martin Léon, Malajube ce n’est pas juste bon à 22h48 quand plus personne n’écoute la radio et pour remplir votre quota de musique francophone. Arcade Fire, Beast, Creature, Melissa Auf Der Maur sont tous des artistes, qui malgré le fait qu’ils chantent en anglais, sont TOUS Québécois et mérite grandement d’être plus joués sur les ondes d’ici dans des radios et des heures de grande écoute.

La radio commerciale de Montréal est probablement le médium où il manque le plus de fierté locale, où la prostitution médiatique est la plus grande et où malheureusement, a une influence directe sur la consommation de la musique d’ici. Ce n’est pas un changement de logo qui fera vendre plus de produits de la musique d’ici.

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Écrit par :

Amoureux de Montréal, fasciné par l’histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.