Jacques-Cartier en photos.

Un lecteur anonyme du blogue me contacte par courriel voilà quelques semaines déjà et me dit qu’il a des photos qui pourraient m’intéresser.

Je possède des photos numériques de la construction du pont Jacques-Cartier datant de 1926 (provenance inconnue, droits d’auteurs inconnus). Seriez-vous intéressé par ces photos?

Je dois avouer que curieux, il y a échange de courriels et de politesses durant une journée ou deux et finalement, mon nouvel ami anonyme virtuel m’envoie des photos jamais vues sur les médias. Pendant qu’en amont, les premières piles du nouveau pont Champlain commencent à sortir de l’eau et comme je suis de personnalité généreuse, j’ai décidé de partager ces photos avec vous.

La construction du pont du Havre comme il était connu à sa construction est tout de même très bien documentée. Beaucoup d’images sont disponibles pour ceux qui veulent en voir la construction. Il est donc plutôt rare de voir des photos inédites surgir de nulle part ainsi. Elles ne sont pas toutes belles, mais elles sont toutes plutôt uniques. Voici ces photos finalement sur le web avec un peu d’explications de ce que nous pouvons y voir, du moins, au meilleur de mes connaissances.

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Dans cette image, vous regardez vers la Rive-Sud vers le pilier sous la travée principale de type cantilever. En arrière-plan, le Fort de l’île Sainte-Hélène. Vous pourrez aussi remarquer dans les autres photos qu’aujourd’hui le bois a réellement disparu de nos chantiers. Cette fois-ci, les roulottes mobiles ont remplacées les cabanes de bois aux côtés du pilier. Finalement, en arrière-arrière-plan, la travée qui passera au-dessus de la voie maritime lors de sa construction dans les années 50.

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Entre l’île de Montréal et l’île Ste-Hélène avant l’arrivée de la structure, un support temporaire entre les piles permet l’érection du tablier du pont. Fait inusité, nous pouvons voir à droite du pont une tache blanche qui ressemble au phare de l’île Ste-Hélène. Or, je croyais que ce phare était beaucoup plus récent que 1926-1927. Il faut croire que je me trompais.

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Quand je parlais de bois plus haut dans ce texte, voici de ce que je parlais. Nous sommes très très loin des « Tonkas géants » à la fine pointe de la technologie actuellement utilisés lors de la construction du nouveau Champlain. Il est fascinant de voir ce qui au moment de prendre cette photo, cette grue avec cabine en bois devait être du jamais vu et totalement unique.

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Il est possible de voir la moitié de la travée principale au-dessus du chemin de fer, pas trop loin de la Brasserie Molson. Ce type de photo est fréquente sur la construction du pont, mais je trouvais le point de vue maritime très intéressant.

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J’ai gardé le meilleur pour la fin. À partir de 1926, plusieurs expropriations déciment le quartier ouvrier de Sainte-Marie. On commence même à construire dans les cours des résidences expropriées, mais non démolies. Cette photo, malheureusement un peu inclinée, nous permet vraiment de voir l’urgence à laquelle se faisait l’érection de la structure. Je crois fortement que c’est la rue de Montigny à l’avant-plan avec la voiture et le cheval. Cette rue aujourd’hui est le Boulevard de Maisonneuve.

Il y a quelque chose d’amusant de voir ce genre de photos, les analyser et essayer de voir où on se retrouve, quels immeubles existent encore ou ont disparus. Même si vous n’êtes pas un amateur d’histoire, il est difficile de ne pas se prêter au jeu. Si la construction du pont Jacques-Cartier vous intéresse, je vous invite à lire notre série de billets sur ce sujet même. (1re partie, 2e partie)

Je tiens à remercier notre donateur anonyme d’avoir communiqué avec nous et partager ce petit trésor. Si vous avez des photos anciennes que vous aimeriez voir dans le domaine public, partagé à nos lecteurs et analysé sur le blogue, communiquez avec nous, ce sera avec plaisir de faire de ce type de billet une occurrence régulière sur le site.

tiens, une dernière…

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Écrit par :

Amoureux de Montréal, fasciné par l'histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.

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