Grévin-Montréal ou l’art du Vrai-semblant

Grévin-Montréal

L’histoire des musées de cire Montréalais entrera dans un nouveau chapitre en avril 2013 avec l’ouverture de l’aile Québécoise du très populaire Musée Grévin de Paris. Annoncée en début 2012, l’équipe du Musée de Paris et de Montréal s’était réunie dans la future entrée principale du Musée. La senteur de peinture et de plâtre présent dans l’air donnait l’ambiance de projet en pleine construction à la présentation de la directrice de Grévin International. Mme Béatrice de Reyniès et ces invités prenant aussi part au projet soit les responsables de la scénographie Dick Walsh et Julien Bertevas. L’équipe de Moment Factory, responsable de déstabiliser les visiteurs lors du “préspectacle” du tour. Le Chef Jérôme Ferrer qui aura la tâche de nous terminer la visite dans le Café Grévin comme il l’a fait au Café Birks avec son partenaire d’affaire Francis Reddy lors de l’ouverture de la mezzanine du célèbre joaillier montréalais pour en faire un resto-boutique. Se trouvait également les gens de Montréal international, organisme qui est voué à l’essor économique de la métropole Québécoise qui ont eu une part importante pour attirer cette institution.

Pour y avoir mis les pieds moi-même, je fus surpris de cette statistique, le musée de cire parisien attire un peu plus de 800 000 visiteurs par année. À titre comparatif, notre Jardin botanique de Montréal, près de 1.7 million sur une base annuelle. Le Musée d’Art contemporain, 185 000 visiteurs, le Musée des Beaux-Arts, un peu plus de 600 000 pendant qu’au Musée du Louvre, ils reçoivent plus de 8.5 millions de visiteurs annuellement.

Michel Drucker dans les studio de Grévin-Paris
Michel Drucker dans les studio de Grévin-Paris

Contrairement à l’autre grand musée de cire très connu, celui de Madame Tussaud qui compte 14 “succursales” dans le monde et qui se veulent toutes plus ou moins une copie de l’original. Le Grévin de Montréal aura sa propre identité avec des tableaux sur la Nouvelle-France, le lien Québec-France, une section sur nos sportifs avec en prédominance, le hockey bien sûr. Il y aura aussi une petite touche Montréalo-Britannique avec les personnages de Square Enix créés par leur studio local Eidos-Montréal qui nous plongera dans l’univers de son populaire jeu Deux Ex: Human Revolution (dont nous avions parlé ici même). La relation entre Square Enix et Grévin n’étant pas nouvelle avec la présence d’une autre de leur personnage bien connu dans l’exposition à Paris, la plantureuse exploratrice, Lara Croft

Montréal n’en est pas à son premier musée de cire et Grévin n’en est pas à sa première expérience montréalaise. En 1892 l’importateur de statues et de décorations religieuses Raymond Beullac ouvre le Musée de La Salle, situé sur la rue Notre-Dame et comportant 13 différents tableaux créés entre autres par des artistes modeleurs du jeune Musée Grévin de Paris. Le Musée de La Salle ouvrit ses portes le 22 décembre 1892 et les referma presque aussi vite 15 mois plus tard, soit le 15 mars 1894 quand son format de financement qui consistait à faire payer des riches Montréalais pour créer des sculptures d’eux-mêmes n’a tout simplement pas eu la popularité escomptée. Les personnages de cire comme Jeanne d’Arc, Cartier et Frontenac furent déménagés dans le bâtiment de Monument National, rue St-Laurent et jumelé à la collection du Musée Eden. Nous avions mentionné ce dernier lors de son utilisation comme arrière-plan romancé dans la télésérie de Radio-Canada du même nom.

Originalement ouvert en 1891, le Musée Eden rouvrira ses portes le 9 juillet 1894 sur la rue Saint-Laurent avec plusieurs scènes de crimes populaires ajoutés à l’ancienne collection de Beullac. Vous pouviez y retrouver des scènes très populaires comme le meurtre de Saint-Canut ou encore le massacre de Rawdon, mais, aussi le Géant Beaupré, Montcalm et Wolfe. Vous pouviez y voir une réplique d’un salon d’opium ou bien la cuisine de Satan. Le Musée Eden fermera en 1940 quand le propriétaire de l’établissement, La Société Saint-Jean-Baptise ne renouvellent tout simplement pas le bail du musée.

Scène du Musée Eden. Photo: Bibliothèque et Archives Nationales
Scène du Musée Eden. Photo: Bibliothèque et Archives Nationales

Également en 1891, le Gaiety Museum and Theatorium possédait une salle des curiosités, soit essentiellement des personnages de cire. Peu de renseignement sur ce « musée » sauf le fait qu’il a été rebaptisé le Cinématographe Lumière en 1896 pour faire place à la première projection de film à Montréal.

Même le nom de Tussaud a déjà eu pignon sur la rue Ste-Catherine. Le Musée de cire Ville-Marie de Josephine Tussaud descendante de Marie Tussaud avait même une vignette de Maurice Richard comptant son 500e but contre les Blackhawks. Malheureusement, tout comme le Gaiety Museum, très peu d’information est disponible sur le Musée Tussaud.

Maurice "The Wax-Rocket" Richard chez Tussaud
Maurice « The Wax-Rocket » Richard chez Tussaud

Le Musée Historique Canadien (Lien vidéo) situé près de l’Oratoire Saint-Joseph au 3715 Queen-Mary, coin Côte-des-Neiges et ouvre aux visiteurs en 1935, aujourd’hui vous y retrouverez une pharmacie. Fondés par deux sculpteurs du Musée Grévin de Paris, ils présentent 24 scènes pour la plupart religieuses, représentant la vie des premiers chrétiens avec un étage dédié à l’histoire du Canada. Le musée attirera environ 300 000 visiteurs par année et comptera plus de 200 personnages grandeur nature qui furent rachetés par le Musée des Civilisations de Québec lors de sa fermeture en 1989.

Photo: Studio Pluche
Photo: Studio Pluche

En 2013, si vous avez bien compté, sera un troisième lien Grévin-Montréal et cette fois-ci, elle est officielle. Le musée sera situé au 5e niveau du Centre Eaton, au même endroit où des expositions populaires comme Bodies (2009) et Titanic (2008-2009) ont eu lieu. Je dois avouer que le choix de l’endroit me surprend, selon Mme De Reyniès, l’endroit est parfait avec un accès directement au Montréal sous terrain qui semble faire rêver tant de Français avec un accès par le Métro McGill. En plus de 26 millions de personnes qui passent par ce centre commercial chaque année, l’endroit aura certainement une belle visibilité malgré qu’il semble être éloigné des endroits typiquement touristiques où j’aurais imaginé son adresse.

Vous y retrouverez des vedettes comme Robert Charlebois, Céline Dion, Gille Vigneault, Jean-Pierre Ferland, Ginette Reno ou Aznavour, mais, aussi des surprises comme Marie-Mai ou Véronique DiCaire (sérieusement?). Du côté sportif vous pouvez vous attendre à voir les Maurices Richard et Guy Lafleur, mais également de belles surprises comme Chantal Petitclerc (une de mes « cruches » personnelles) et l’astronaute Julie Payette parmi les 120 personnages.

Véronique Dicaire avec en arrière plan, Mme Beatrice de Reynies
Véronique Dicaire avec en arrière plan, Mme Beatrice de Reynies

Si le mot se passe et s’ils jouent les bonnes cartes, je crois que Grévin-Montréal aura sa place dans les incontournables Montréalais. Malgré la qualité du travail et le grand talent de ces artistes, voici un musée de type « populaire » où vous pouvez vous faire photographier avec vos vedettes préférées et où tous visiteurs comprennent ce qu’ils regardent. Grévin est un nom reconnu partout sur la planète tourisme, ils se sont entourés de talents locaux avec eux aussi, de très bons noms reconnus et reconnaissables du grand public, touristes et Québécois y trouveront leur compte. Ouvert sept jours semaine et au coût de 17,50$ par adulte, ce n’est pas trop dispendieux et c’est une belle opportunité de « rencontrer » des gens connus.

Grévin est une marque appartenant à la Compagnie des Alpes, aussi propriétaire de multiples centres de ski, mais aussi de plusieurs parcs d’attractions comptant entre autres le parc Astérix, France Miniature et de plusieurs Zoos dans quelques pays Européens. Souhaitons qu’ils prennent goût au Québec, je veux un Parc Astérix ici!

Photo: Ville de Montréal.
Photo: Ville de Montréal.

J’ai malheureusement oublié de demander si la statue du Maire Tremblay avait été sauvegardée.

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Amoureux de Montréal, fasciné par l’histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.