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Dossier: Le Pont Jacques-Cartier, Partie 1

Article écrit le 08/11/11 par Martin

Contrairement à d’autres ponts de l’île, Le pont Jacques-Cartier n’a pas beaucoup de secret pour les Montréalais. Qui n’a jamais emprunté ce lien pour se rendre à l’île Ste-Hélène et Notre-Dame ou encore, l’utiliser comme point de vue pour les feux d’artifices annuels. Le pont Jacques-Cartier que vous l’aimiez ou non, est probablement une icône à la ville au même titre que la Place Ville-Marie et le Stade Olympique. De plus, je ne vous apprendrais rien sur sa toponymie qui vient de l’explorateur Jacques Cartier, premier européen à remonter le Fleuve St-Laurent jusqu’à Montréal. Je m’attendais donc à un court article, mais au fil de mes recherches, je trouvais de plus en plus de matériel, j’ai donc dû couper mon billet en deux. En voici donc la première partie.

L’histoire du pont est déjà assez connue, elle est disponible sur le site de la société des Ponts Jacques-Cartier et Champlain Incorporé. En résumé, dès le tournant du siècle, un nouveau lien devient nécessaire, vers 1920, Montréal compte un peu plus de 600 000 habitants et la nouvelle automobile d’Henry Ford est tellement peu dispendieuse, que la quantité de véhicule augmente à une vitesse fulgurante. Le feu de 1921 sur le Pont Victoria et les files d’attentes pour les traversiers rendent ce besoin encore plus évident. La première pierre sera donc posé en 1926 à quelque part au coin des rues Notre-Dame et Craig (St-Antoine aujourd’hui) face à l’ancienne prison du Pied-du-Courant. Cette pierre qui aujourd’hui, est une parmi tant d’autres, contient 59 objets du moment. Ça va de copies de journaux, des billets de banque ou des photographies de Montréal. (liste complète)

Construction Pont Jacques Cartier

Construction 1927. Source Benoit Brouillette (Flickr)

Il est important de noter qu’à ce moment dans l’histoire, le vieux port de Montréal est tout simplement connu sous le nom de… port de Montréal (il n’était pas vieux encore) et est un centre névralgique de l’industrie Montréalaise. Le Pont Victoria se situe juste à l’ouest de ce dernier, il est donc logique de boucler le chemin entre la rive-sud et le centre-ville de Montréal en installant le pont à l’est du port, créant une cicatrice au beau milieu du « Faubourg à m’lasse ». La construction du pont fût un des premiers événements d’expropriation dans ce cartier défavorisé entièrement disparu de la carte de la ville quelques décennies plus tard lors de la construction de la Maison Radio-Canada dans les années 50 et 60.

Source: Inconnue

L’inauguration du lien que l’on nomme Pont du Havre à ce moment est tiré directement de la science fiction quand le Premier Ministre William Mackenzie King (Le gars sur le billet de 50 $), après un discourt téléphonique, appuya sur un bouton directement de son bureau Ottawa pour faire tomber un Union-Jack découvrant la plaque commémorative à Montréal. À son ouverture, le pont est alors payant, par exemple, 15 cents pour un piéton ou un cycliste, 25 cents par automobile et 15 cents pour chaque passager additionnel et jusqu’à 1,50$ pour un véhicule lourd. Il restera payant jusqu’à l’abolition du péage en 1962. Le bâtiment de péage peut encore être vu à l’entrée du pont côté rive-sud, il sert aujourd’hui au personnel de l’entretien.

Suite à une pétition lancée par le journal Le Devoir, le Pont du Havre change officiellement de nom en 1934 pour Pont Jacques-Cartier en commémoration du 400e de la découverte du Canada par Ti-Jacques lui-même. Le buste de bronze de l’explorateur offert par la France et dévoilé en grande pompe, peut-être admiré aujourd’hui sur le tablier du pont à la sortie de l’île Ste-Hélène.

Le pont à aussi eu une mauvaise réputation, pendant une très grande partie de sa vie, le pont est reconnu comme un pont à suicide. Avant l’installation de la barrière en 2004, le pont est bon deuxième en Amérique du nord. Dans les années 80, 90 et 2000, nous pouvions compter jusqu’à une dizaine de suicides par année avec des dizaines de tentatives, un compte plutôt triste qui n’était battu que par le mythique Golden Gate Bridge à San Francisco. Depuis l’installation de la clôture que nous voyons encore aujourd’hui, cette moyenne a réduit énormément et ne compte que 2-3 réussites par année sur seulement une douzaine de tentatives. Sa victime la plus célèbre fut sûrement le cinéaste Claude Jutra (Mon Oncle Antoine, Kamouraska) qui, diagnostiqué de la maladie d’Alzheimer pris la décision de s’enlever la vie le 5 novembre 1986 en sautant du Pont Jacques-Cartier.

Le pont est rempli de légendes urbaines et de petits détails uniques, seulement ces recherches ce sont avérés fascinantes et ce sera la deuxième partie de cet article sur le Pont Jacques-Cartier.

Pont vu du Quai Victoria

Source: Fonds William-Henry-Atherton, Université de Montréal



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