Archive: ‘Urbanisme’
Héritage Montréal, cuvée 2012
Si vous êtes régulier sur ProposMontréal, vous savez que l’histoire de Montréal me tient à coeur. Nous avons une ville riche en architecture et les gens qui peuvent nous raconter sont histoire disparaissent peu à peu. Héritage Montréal est ce groupe qui sert à protéger le patrimoine de la ville, par exemple, ils ont aidé à sauver la pinte de lait de la Guaranteed Pure Milk Co. J’ai un amour mitigé avec cet organisme et voici les raisons.
Depuis quelques années, Héritage Montréal publie une liste de lieux ayant des risques de disparaître, la plupart du temps je suis d’accord avec les choix, beaucoup d’endroits pouvant paraître anodins méritent d’être soulignés. Cette année encore, le groupe dénombre une belle liste de lieux qui mérite une certaine attention. L’Édifice Rodier, rue Notre-Dame Ouest, La Forge Cadieux de la rue St-Paul et le Théâtre Empress sont de superbes exemples de bâtiment à conserver. La où je ne suis pas d’accord, c’est que leurs grands manitous nous proposent toujours quelques endroits qui méritent plus un « Pour quessé faire? »
Il faut faire une grande différence entre un édifice et ces souvenirs. Des souvenirs peuvent être vus et admirés dans des musées par ceux qui le veulent bien quand le bâtiment ne mérite pas une sauvegarde et empêche une amélioration. Cette catégorie excelle cette année avec deux de ces lieux que je me demande ce qu’ils ont de si important à garder.
Si vous ne lisez que les blogues et regardez les manchettes francophones, vous n’avez jamais entendu parler de ce lieu qui semble si cher à nos compatriotes de la langue de Mordechai. Le Horse Palace dans Griffintown, selon la description d’Héritage Montréal « s’agit d’une des plus anciennes écuries qui subsistent à Montréal. À ce titre, il est un témoin exceptionnel de l’importante présence du cheval en ville à la révolution industrielle alors qu’il constituait le principal moyen de transport jusque dans les années 1930. » Quoique je sois d’accord avec cet énoncé, le bâtiment lui-même ne mérite aucune sauvegarde sauf de bien documenter son histoire, prendre de belles photos et les afficher dans un musée. Ce n’est pas parce que c’est vieux que ça mérite de prendre un îlot dans un quartier qui, tel un phénix, ressort de ces cendres. Le « Horse Palace » est la preuve que Montréal devrait se doter d’un musée à la Smithsonian où de grandes pièces, comme des maisons entières pourraient être sauvegardées.
Mon autre point d’interrogation de la liste est l’îlot du Momument National. Ne vous inquiétez pas, le Théâtre lui-même ne s’en va pas nulle part, se sont plus les façades du côté ouest de St-Laurent entre René-Lévesque et Ste-Catherine. Ces bâtiments ont déjà eu une valeur patrimoniale, mais maintenant et ça, depuis déjà plus de 30 ans, elles ne sont que l’ombre de ce qu’elles étaient. Depuis la fin des années du Red Light où la Main était le point d’attraction du « Sin City » canadien, le sud de St-Laurent ne s’en est jamais remis. De nouveau chef-d’oeuvre comme la Société des Arts Technologiques, le nouveau Club Soda et le 2-22 mérite plus d’attention que les façades de briques qui tombent en ruine et qui sont maintenant plus dangereuses qu’intéressante. La sauvegarde aurait dû commencer dans les années 80, en 2012, il est trop tard et je crois tout simplement qu’il est temps de « tirer la plogue » sur ce coin de rue en phase terminale. En même temps, nous aurons la chance de faire disparaître l’atrocité qu’est le Café Cléopâtre.
Voici la liste, à vous de faire votre propre opinion. Fait à noter que la Maison Louis-Hippolyte LaFontaine a été enlevé de la liste et pourtant mérite d’être sauver, surtout au moment où cet îlot est un grand sujet de conversation avec son achat récent par un homme d’affaire voulant y construire une tour de plusieurs dizaines d’étages.
Édifice Rodier
Église Très Saint Nom de Jésus
Griffintown Horse Palace
Hôpital de la Miséricorde
Ilot Saint-Laurent / Monument National
La Forge Cadieux
Maison Redpath
Maisons « Bonheur d’Occasion »
Square Viger / Agora
Théâtre Empress
Radars photo
Si vous êtes automobiliste, vous avez surement entendu la manchettes aujourd’hui nous avisant que les radars photos du Ministère des Transports étaient sur nos routes pour y rester. En plus des 15 déjà installés, 25 nouveaux appareils feront leur apparition et à ça je dis…. meh!
Comme d’habitude, un peu d’explication à mon raisonnement et à mes points de vue. Je suis automobiliste aguerri, j’adore ma voiture sport et je vais avouer, au grand dam de ma conjointe, avoir le pied pesant avec une vitesse moyenne un peu plus élevé que la vitesse suggérée sur les panneaux. Je croise sur une base très régulière un radar photo standard, un au feu rouge et finalement, le radar mobile de la Rue Notre-Dame et je ne me suis jamais fait prendre jusqu’à maintenant. Pourquoi me demanderez-vous? Puisqu’il y a tellement de panneaux indicateurs vous avisant de la proximité d’un de ces machins qu’il faut être complètement épais et dans la lune pour le manquer, a priori vous ne devriez même pas être derrière le volant. Mais ce n’est que mon opinion.
Maintenant, appelons un chat un chat. Le MTQ a beau nous dire que c’est pour le bien de la sécurité, le Ministre Norman MacMillan sur différentes tribunes aujourd’hui nous a répété à plusieurs reprises que les cinémomètres photographiques ne sont pas des « trappes-à-ticket » ou des « machines à imprimer de l’argent » mais entre vous et moi, elles le sont et à ça je dis…meh! Elles SONT des machines à revenus et c’est tant mieux ainsi, c’est le plus bel exemple d’utilisateur-payeur, tu violes la loi, on te donne un billet, les limites de vitesse ne sont pas des suggestions après tout. M. McMillan, arrêtez de nous faire à croire que ce n’est pas des revenus supplémentaires. Au contraire, dites le haut et fort, cet argent amassé par des gens qui ont brisé les règles de la route servira à indemniser les victimes et leur famille de chauffard avec les facultés affaiblies, dans un fond de sécurité routière qui a déjà un surplus de 5 millions. Ainsi, leur installation n’aura pas l’impression d’avoir l’air de taxes cachées, mettez cartes sur table et vous gagnerez un peu plus de respect.
Mon deuxième argument est aussi simple. Avez-vous déjà eu une contravention? Si oui, vous vous êtes surement dis la phrase suivante « Pourquoi y’é pas en train de pogner des vrais criminels au lieu de moi qui roulait rien qu’un peu trop vite en retard pour mon rendez-vous? ». Avouez le, nous l’avons tous dit un jour ou l’autre. Et bien vos voeux son exaucés. Avec l’installation des appareils photos, nos hommes et femmes de la force policière pourront passer plus de temps avec de vrais criminels. Plus besoin d’affecter un policier et une voiture à faire le pied de grue avec son séchoir à cheveux sur le bord de l’autoroute, quelques enseignes vertes vous avisant de sourire pendant que l’on prend votre photo et le tour est joué, vous avez été pris au piège, sans avoir eu à payer un salaire de plus.
Mon dernier argument est pour contredire ceux et celles qui crient à qui veulent bien les entendre que ça brime leur vie privée. La prochaine fois que vous êtes dans votre véhicule regardez bien autour de vous, grâce à des panneaux vitrés entièrement transparents, vous pouvez voir à l’extérieur ce qui vous permettra de voir la route et les alentours. Je répète, vous êtes entouré de vitres, ce n’est donc pas un espace privé, c’est un espace personnel que vous devez partager avec tous et chacun autour de vous dans le trafic, avec les piétons et vos voisins de stationnement. Alors, si vous ne voulez pas être vu avec quelqu’un en particulier ou vous ne voulez pas que l’appareil vous capture en train de faire des recherches nasales, être entouré de vitres n’est pas la meilleure place.
Que je sois d’accord avec lui ou non, le Maire a ces réserves au projet de radars photo et les partis d’oppositions sont d’accord avec lui, puisque c’est quelque chose qui se passe très, très, très rarement, je vais lui donner le crédit de se lever pour sa ville. Habituellement, je ne suis pas du genre à rire Monsieur le Maire que je respecte quand même malgré ces défauts, mais cette fois-ci, il a dit une phrase qui va complètement passer inaperçue et qui m’a énormément fait rire. Au sujet des panneaux de signalisation qui sont installés nous avertissant qu’un radar photo approche, il a simplement répondu. « La signalisation à Montréal est assez compliquée comme ça »! M. Tremblay, si vous trouvez que votre propre signalisation est trop compliquée, peut-être est-il temps de trouver la solution à ce problème avant de blâmer le MTQ de vouloir en installer de nouveaux?
Nouvelle salle de spectacle à Verdun
Ayant grandi à Verdun dans les années 80, un jeune homme de ma trempe dans cette décennie se devait de jouer au hockey. Verdun était doté à ce moment de trois patinoires dans deux arénas, l’Auditorium et son annexe ainsi que l’aréna Guy-Gagnon et laissez-moi vous dire qu’elles étaient achalandées. Au cours des années 90, une diminution du nombre de jeunes familles, mais aussi une baisse du nombre d’inscription à l’Association du Hockey Mineure de Verdun a poussé la ville à fermer Guy-Gagnon. L’aréna fut en 1996 offert à l’École de Cirque de Verdun sous le nom d’édifice Guy-Gagnon. Un brin d’histoire. Guy Gagnon était le Directeur Général de la ville de Verdun au cours des années 60.
En 2009, la ville a donné le feu vert aux demandes de dossier pour l’ouverture d’une salle de spectacle, un projet important du Maire d’arrondissement Claude Trudel. À la fin d’octobre de 2011, la ville de Montréal avec l’appui de l’arrondissement de Verdun et Le Bureau de Design de Montréal lance un concours de création dans le but d’aménager un centre de diffusion culturelle dans l’édifice Guy-Gagnon. Aux fins du concours d’architecture le coût du projet est évalué à 11 473 758 $ dans son ensemble dont une somme de 8 361 255 $ pour le lieu de diffusion culturelle et de 3 112 503 $ pour le réaménagement des locaux de l’École de cirque de Verdun. À ces montants s’ajoutent les coûts de l’aménagement paysager, du stationnement, des équipements scéniques et de l’oeuvre d’art estimés globalement à 3 964 002 $.
Verdun a toujours eu un manque de salle de spectacle et l’École de Cirque a pris du gallon depuis ces débuts en 1988 dans un gymnase d’école. Il était donc censé de promouvoir ce côté de l’arrondissement tout en créant un nouvel espace culturel. Le lauréat du concours, Les Architectes FABG ont donc créé un espace pouvant offrir de 368 à 444 places en plus d’agrandir l’édifice et de le rendre plutôt attrayant si on le compare au bâtiment beige d’antan.

Lauréat, Les architectes FABG

Projet finaliste - Manon Asselin et Jodoin Lamarre Pratte et associés

Projet finaliste - Saucier + Perrotte, Architectes

Projet finaliste - Dan S. Hanganu, Architectes
Le résultat de ce concours m’ouvre donc grandement la porte à deux sujets de discussion sur Verdun qui me tiennent à coeur. J’y ai passé 26 ans de ma vie et franchement, je ne vois pas pourquoi je n’y retournerais pas un jour, la ville devenue arrondissement a beaucoup à offrir à une jeune famille.
Première réflexion, l’Auditorium. L’aréna et son annexe en plus d’offrir ces patinoires au hockey mineur a également dans le passé eu plusieurs équipes de hockey Junior au sein de la LHJMQ, dont le « junior de Verdun » qui a vu des grands comme Pat LaFontaine et un certain Denis Savard. Mais, l’édifice a également eu de mémorables concerts, malheureusement, le son est terrible et à l’exception du métal ou du punk, pas grand-chose pouvait bien sonner dans cette boite de béton. Montréal, la ville centre, est en manque de salles de spectacle, le Centre Bell est utilisé presque au maximum et l’auditorium offrirait surement une belle occasion pour Evenko d’avoir une autre salle d’envergure. Nommez-moi une autre salle à Montréal qui peut facilement recevoir des spectacles de 4000 à 5000 personnes, un accès par le métro De L’église et un stationnement payant qui pourrait rapporter gros. Ce serait un endroit parfait pour des spectacles, mais aussi des compétitions de patinage de vitesse courte-piste ou de patinage artistique avec ces 4100 places assises permanentes. Il s’agirait tout simplement de trouver le bon investisseur avec de la vision pour transformer l’endroit qui sonne « conserve » en quelque chose de très, très utile pour la ville entière.
Ma deuxième réflexion est basé sur les Berges du fleuve entre le vieux-port et Lachine. Ce parc linéaire de plus ou moins 20 kilomètres offre probablement la plus belle piste cyclables de l’île en plus de donner un accès direct au joyau qu’est le Fleuve Saint-Laurent. Beaucoup d’attention ont été donnés par Parc Canada au parc et la piste du Canal Lachine qui a complètement transformé l’endroit en un espace vert où il fait bon être. de l’autre côté, beaucoup d’attention sont offertes au Parc de la Falaise St-Jacques qui risque de disparaître avec les nouvelles constructions de l’échangeur Turcot. Mais très beau de temps et d’énergie sont dépensés sur les Berges de Verdun. Le courant d’eau est assez rapide et peu profond, il est donc difficile d’y voir une marina d’envergure s’y installer mais l’endroit a tellement de potentiel qu’il est triste de ne pas avoir vu grand-chose changer dans les dix ou quinze dernières années.
Surement que la nouvelle salle qui verra le jour en 2013 ne nuira pas à l’aménagement des Berges de Verdun et peut-être, donner un petit coup de pied à ceux qui voient la force que pourrait avoir ce coin de verdure de l’île mais qui manque de volonté pour faire avancer un projet positif. Tant qu’à moi, toujours Verdunois dans l’âme où plusieurs de mes amis et famille y habitent encore, je vois d’un oeil très positif la venue de ce renouveau au coin du Boulevard Lasalle et de Démarchais.
Ça bouge pour le Nouveau Pont Champlain
Comme vous le savez, j’ai une fixation sur les ponts de la ville et maintenant que c’est officiel, les études vont commencés sur notre nouveau Pont Champlain qui commencera à prendre forme d’ici quelques années. Le Ministre des Transports, Denis Lebel a officiellement lancé la phase de l’évaluation environnementale fédérale du projet de construction du nouveau pont le plus utilisé du Canada. Suis-je excité à l’idée de voir le nouveau lien, oui, suis-je inquiet, mets-en !
Un petit avertissement à tenir compte lors de la lecture de mon texte, je ne suis pas le public cible, j’utilise le Pont Champlain qu’environ 3 ou 4 fois par année et souvent en route vers les États-Unis ou vers les Cantons-de-l’Est mais, ce pont est un et sera un symbole important et me rappelant qu’il est de juridiction fédéral, me donne des frissons. Voyez-vous, Montréal est une île et ces points routiers d’entrées sont relativement importants, c’est souvent la première impression d’une ville. Par exemple, en direction de Trois-Rivières, le superbe Pont Laviolette nous montre le chemin et que vous arriviez de la 20 ou de la 40, vous ne pouvez pas le manquer. On peut dire de même des Ponts Champlain et Jacques-Cartier, c’est à ce moment que mon inquiétude commence.
De la façon dont Harper rit de nous dernièrement, j’ai peur que le pont ait un nom qui ne représente pas sa situation géopolitique. Imaginez-vous traverser le Pont Queen-Elizabeth-II ou le Pont Mackenzie-King ? Comme le tout dernier né des liens Montréalais (le pont de l’A25), nous pourrions simplement le nommer le Pont de l’autoroute 10 et à cela je dis non, non, NON! Il nous faut un lien qui nous ressemble, Le Pont Félix-Leclerc a déjà été mentionné dans quelques médias mais pourquoi pas le Pont Maurice-Richard, Viger, Molson, Drapeau, Dandurand et autre grand Montréalais, pourquoi pas tout simplement, le Pont Champlain ?
Maintenant que l’histoire du nom est réglée, pensons au péage. J’ai mentionné que je n’étais pas le public cible, alors payer quelques dollars pour traverser le lien n’est pas un problème pour moi. Mais j’imagine le refonte du budget familial que des résidents de la Rive-Sud devront faire pour traverser leur deux véhicules jour après jour. Pour le petit calcul mathématique et en prenant les tarifs du Pont A25, c’est prêt 100 $ par mois, par automobile. Ajoutez à ça les frais d’une place de stationnement en ville qui peuvent osciller autour des 200 $ ou 300 $ mensuellement selon où vous travaillez. Je ne suis ni pour, ni contre, je ne fais que mentionner ces faits, Cela ajoutera beaucoup de circulation au Pont Jacques-Cartier qui tient bon, mais aussi beaucoup aux Pont Mercier qui est déjà mal-en-point et au Pont Victoria, qui a plus de 150 ans.
Il y a ensuite le côté environnemental de cette étude. je répète que nous parlons de plus de 200 000 véhicules par jour, ne retardons pas sa construction pour une ou deux familles d’amphibien. J’espère qu’aucune vie ne sera mises en danger à cause de quelques « branleux de pancartes » et de « pas-dans-ma-cours » qui chialerait contre le projet. Je suis très conscient qu’une nouvelle construction ne doit pas changer la structure biologique important qu’est le Saint-Laurent mais je tiens à rappeler à tout le monde qu’un pont s’y trouve déjà, ce n’est pas de la grande nouveauté et de l’inconnue quand même. Je suis d’accord de faire une grande place au transports en commun avec des voies réservé en permanence pour les autobus mais s.v.p., ne me parlez pas de train léger, vous ne me convaincrais jamais. Jacques-Cartier avait des rails pour les tramways mais il n’y ont jamais roulés et 80 ans plus tard, je n’y crois toujours pas
Finalement, le point le plus important pour moi, sera son architecture. Le lien doit être majestueux et rien de moins. Je ne veux pas de Pont Lachapelle plat et sans personnalité, je veux un pont digne de la Métropole du Québec, la deuxième plus grande ville du Pays qui représente bien les 3.6 millions d’habitants de la région métropolitaine. Nous savons que le pont sera haut, il doit traverser la voie maritime après tout, mais il doit impressionner comme la silhouette de la ville impressionne quand vous arrivez sur l’île à partir de ce lien. Imaginez le Golden-Gate de San-Francisco, Le Fehmarn Belt Bridge entre l’Allemagne et le Danemark ou le Zakim Bridge de Boston.
Le pont actuel est beau, un bel exemple de l’art de l’acier des années 50 et 60 et fait un beau groupe avec ces trois voisins immédiats (Mercier, Victoria et Cartier) mais son temps est passé, pour des raisons que je m’explique mal d’ailleurs, ce pont est presque neuf en comparaison à d’autres liens de la ville. Mais bon, arrêtons de penser aux erreurs du passé et assurons nous de ne pas les refaire ! Un pont qui représente notre grandeur avec un nom que l’on sera fier de crier haut et fort. Pas comme l’aéroport…. Trudeau !
La création d’un quartier
La revitalisation du quartier Griffintown se fait par-dessus plusieurs décennies d’histoire. Le quartier a connu ces belles années au 19e siècle en tant que quartier ouvrier. Tout comme le Plateau d’aujourd’hui, le Faubourg-des-Récollets était un endroit ou les travailleurs irlandais se retrouvait entre eux, une sorte de ghetto de cols bleus. La rue De la Montagne reste un bel exemple de ce qu’il était possible d’y trouver. L’histoire du quartier n’est pas la raison de ce billet d’aujourd’hui. Mais Griffintown a déjà existé et tel un phoenix, il est sur le point de renaître de ces cendres.
Mais, est-ce possible de créer un quartier de toute pièce ? Montréal a plusieurs exemples d’essais et d’échec de création de quartier. Je vais me permettre de mentionner quelques bons et mauvais modèles.
Le Triangle. CDN-NDG.
Le nom d’un quartier représente souvent les gens et leur histoire. Si je dis “Le village” peut importe d’où vous êtes à Montréal, vous savez que je parle du Village gay. St-Henri n’est pas un arrondissement en lui-même, vous serez quand même capable de me pointer ce secteur sur une carte. Cependant, si je vous demande de me dire où est le Triangle pourrez-vous le faire ?
Le triangle est campé entre les rues Mountain Sights, De La Savane et la voie ferrée du Canadien Pacifique au sud. Vous retrouverez donc ce secteur à l’est de l’hippodrome et de l’autoroute Décarie au coeur de l’arrondissement de Côte-des-Neige et Notre-Dame-de-Grâce.
Le site web officiel vend un développement basé sur le transport en commun (ou TOD, Transit Oriented Development). En étude depuis 2005 et officiellement dévoilé en 2009. Le Triangle se veut un exemple tiré du Plan d’urbanisme de la Ville de Montréal qui malheureusement, aujourd’hui encore, ressemble plus à un « no man’s land » où les édifices à bureaux et les maisons semi-détachées et jumelées, se suivent sans harmonie et sans logique d’urbanisme. Il faut bien croire qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour que la vision que nous avons aujourd’hui du secteur Namur-Jean-Talon ressemble finalement un jour à ce que nous pouvons voir dans ce vidéo d’introduction.
Cité-de-la-Mode. Ahuntsic-Cartierville
Le concept a été lancé au milieu des années 2000 de redorer le blason de l’ancien quartier Chabanel. L’industrie de la mode ayant façonné ce quartier dès les années 30 et ce pendant presque 70 ans. L’ouverture du marché international dans le monde du textile est venu transformer les friperies et les designers de ce coin de la ville. Les édifices très brutalistes et très industriels se sont mis à se vider suite à plusieurs faillites des compagnies de l’industrie.
C’est alors que le plus grand gestionnaire immobilier du coin, Le Groupe Dayan, a décidé de se lancer dans une aventure de 17 millions avec la ville centre pour recréer un espace de création et de design. Trottoirs plus large, un peu plus de verdure et un nouveau mobilier urbain, la rue Chabanel s’est refait une beauté pour attirer les investisseurs et les locataires. Même cet investissement privé ne change pas que nous pouvons voir des cartons et des planches de bois en guise de rideaux dans les façades des bâtiments des rues voisines, le nouveau Chabanel se veut prometteur, néanmoins, les “sweat-shops” restent encore omniprésent. Ce ne sera pas demain que nous reverrons la Semaine de la Mode de Montréal au coin de Chabanel et de l’Esplanade.
Bois-Franc, St-Laurent
Franchement et personnellement, je n’aime pas le quartier Bois-Franc dans l’arrondissement de St-Laurent, c’est tout ce que je n’aime pas dans la banlieue mais, se trouvant en plein sur l’île à quelques minutes du centre-ville. Il est facile de comprendre l’attirance pour ce coin de la ville et c’est pour ça que dans les trois exemples que j’ai donnés dans ce billet de blogue, c’est le plus réussi. Bois-Franc est situé juste au sud du boulevard Henri-Bourassa et juste à l’est de Cavendish ce quartier bâtit de toute pièce n’a aucune historique attirante, aucun cachet, sans personnalité et ne contient pas vraiment d’avantage sauf un terrain de golf et un style de vie qui plait à beaucoup de gens.
Au beau milieu d’un quartier industriel et commercial, les maisons se vendent bien et à des prix pas toujours abordable. Quand vous entrez dans les rues toutes neuves, vous avez l’impression d’être dans un « gated-community » américaine, loin du trafic et des bruits de la ville. Les maisonnettes et les condos ont été tous construit par deux ou trois constructeurs, d’où leur ressemblance. Je ne doute pas qu’il fait bon y vivre et qu’il y a beaucoup d’avantages. Il est presque terminé, les promesses ont été respectées, le quartier apporte beaucoup de nouvel argent en taxes foncières et ayant une valeur immobilière plus élevée que la moyenne, il sert à garder certaines familles à revenue élevé sur l’île. C’est la raison pour laquelle, malgré la tournure sarcastique de mon texte, je considère ce nouveau quartier réussi.
En conclusion, il est possible de créer des quartiers tout entier, que ce soit la transformation du nouveau Quartier des Spectacles ou encore la nouvelle vision du quartier latin. L’île des Soeurs n’est-elle pas elle-même l’exemple d’un quartier qui, lors de son annexion à la Ville de Verdun en 1956 n’était rien d’autre que des champs. Je ne veux pas m’avancer pourquoi certains comme la cité de la mode ou le triangle tarde à prendre leur envol mais, une chose est certaine, j’aime bien de la façon de la ville se transforme en ce moment et Griffintown est, je l’espère, le début d’un temps nouveau !!!









