Archive: ‘Histoire’
Dossier: Les Ponts Lachapelle
C’est peut-être moi, mais j’ai l’impression que nous donnons toujours trop de mérite aux ponts dit « de la Rive-Sud ». Nous entendons très souvent parlé de Jacques-Cartier, de Champlain et de Mercier. Même le pont Victoria est souvent mentionné avec erreur comme le premier pont de Montréal, mais il y a aussi des ponts au nord de l’île et c’est là que je continue notre dossier sur les traverses avec le Pont Lachapelle, ou devrais-je dire, les ponts Lachapelle ?
La Rivière-des-Prairies est traversée depuis longtemps par les habitants de Montréal et de l’île Jésus. Plusieurs entrepreneurs opèrent des traversiers tirés par des chevaux entre les deux rives qui sont séparées à plusieurs endroits par moins d’un kilomètre. Un de ces entrepreneurs est Pascal Persillier dit Lachapelle, propriétaire d’une traverse et de moulin du Gros-Sault. Une guerre de moulin avec un dénommé Lambert Dumont pousse les deux hommes à faire des demandes subséquentes pour la construction d’un pont à péage pratiquement aux mêmes endroits, entre l’Abord-à-Plouffe sur l’île Jésus et Cartierville du côté de Montréal. Dumont se voit offert le droit d’y ériger une structure, mais ne construira jamais ce pont, dégoûté par la concurrence déloyale de Lachapelle. Autorisé en 1834, le pont de bois est finalement inauguré le 20 juillet 1836 et a coûté 8300$. Je n’ai pas été capable de le confirmer, mais une seule source parlait d’un pont couvert de type Burr. Dans son édition du 21 juillet 1836, le Journal La Minerve parle d’une grande fête qui, après la bénédiction du pont par le Supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice, Joseph-Vincent Quiblier, s’est étirée jusqu’aux petites heures. La maison de Lachapelle est encore debout au 2084 Boulveard Gouin Est au coin de l’Avenue de Lorimier
En 1860, le pont est vendu par la succession de Lachapelle au Curé du Sault-au-Récollet et est finalement revendu à la Compagnie des chemins et de péage de l’île Jésus. En 1882 le pont de bois fait place à un pont en acier de type « dos de chameau ». L’ouverture en 1923 du Parc Belmont et sa popularité grandissante force les autorités à commander la construction du Pont de Cartierville que l’on connait aujourd’hui. 1930 est une bonne année pour les ponts à Montréal, L’ouverture du Pont du Havre (Jacques-Cartier) en tête de file, mais aussi le Pont Viau et le nouveau Pont Lachapelle. Il y a confusion au sujet du nom du nouveau pont. Dans son édition du 24 mai 1930, The Gazette le nomme le Pont Legault tandis que la plupart des sources le nomme le Pont de Cartierville.
Le pont cantilever est une construction de la Dominion Bridge et sa longueur totale est de 305 mètres. En 1976, le pont est doublé du côté Ouest par l’érection d’une structure métallique à arcs à montants et la circulation devient unidirectionnelle sur les ponts jumelés. Le vieux pont passe de Montréal à Laval tandis que le nouveau pont offre le trajet contraire. Les ponts sont sous la responsabilité de la Ville de Laval, en échange, Montréal est responsable du Pont Viau à Ahuntsic. Plus de 38 000 véhicules y passent quotidiennement.
Le pont de 1930 détient également une grande valeur patrimoniale avec une note de 93 selon la charte d’évaluation du Ministère. En plus d’être le site du plus vieux pont de Montréal, l’endroit a aussi été le théâtre d’un acte de la révolte des patriotes de 1937. Les pilastres aux entrés du pont qui sont plus souvent qu’autrement couvert de graffitis sont aussi importants avec leur style néo-classique et finalement, l’ouvrage est aussi le premier pont majeur au Québec où l’on retrouve le sous-système «Waddell’s A» dans la poutre triangulée et structure construite par la méthode de l’encorbellement. Cette dernière partie est tiré directement, mot pour mot, d’un ouvrage technique, je ne suis pas ingénieur, je vais donc présumer que ça doit être une bonne chose.
Dossier: Le Pont-tunnel Hippolyte-Lafontaine
L’idée du Tunnel sous le Saint-Laurent ne date pas d’hier, le journal illustré L’opinion Publique publiait les 22 avril 1880 et 29 juillet 1880 des images d’un tunnel ferroviaire qui rejoindrait le Village d’Hochelaga à Longueuil sur la rive sud. Il aura donc fallu attendre jusqu’au 11 mars 1967, soit, 87 ans plus tard pour que l’ingénierie rejoigne le rêve de plusieurs à l’époque.
Le Pont-Tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine est un lien en deux parties, soit le tunnel entre Montréal et l’île Charron de 1.5 kilomètres et d’un pont reliant l’île Charron à la Rive-Sud de 457 mètres. Le Pont-Tunnel est aussi un lien important de l’autoroute Trans-Canadienne, une autoroute Fédérale-Provincialle reliant les dix provinces du Canada et faisant plus ou moins 8 000 kilomètres. Lors du tracé de celle-ci, le quartier de Mercier dans l’Est de l’île de Montréal est choisi pour accueillir l’axe routier, les plans furent accepter en 1962 et la construction en 1963.

Quartier de Mercier quelques années avant l'expropriation
Tout comme lors de la construction du Pont Jacques-Cartier, l’autoroute 25 en direction du Pont-Tunnel fit déplacer plusieurs personnes et créa une cicatrice dans le quartier de la Paroisse St-François-d’Assise de la Longue-Pointe. L’expropriation de plus de 300 familles, de terres agricoles et de l’église ayant commencé presque deux ans précédent suite à l’adoption des plans de constructions mit en marche sous Jean Lesage et du Ministère du Transport. La dernière messe de la paroisse fut célébrée le 26 novembre 1963. Une des firmes de génie-conseil ayant mis la main sur le contrat de construction, Lalonde et Valois connu plus tard sous le nom de Lavalin, SNC-Lavalin est aujourd’hui un des plus importants groupes d’ingénierie et de construction au monde.
Les sept sections de 110 mètres de long sur 37 mètres de large et huit mètres de haut en béton précontraint sont fabriquées dans une cale sèche aménagée a même le fleuve et finalement mis en place. Je dois avouer que le concept de construction est beaucoup plus compliqué que ces quelques lignes peuvent raconter. Je m’excuse mais, ce blogue se veut plus historique que technique après tout.
Le pont-tunnel, un des plus grands parcs de la ville, un hôpital psychiatrique et Héritage Montréal semble tant bien que mal à sauver sa demeure de l’îlot Overdale. Mais qui était ce Louis Hippolyte-Lafontaine et pourquoi ce Bouchervillois est-il si important à notre historie que l’on lui dédie les plus grands honneurs ? Un des personnages les plus importants de l’histoire du Canada et Premier ministre du Canada Uni. Il est connu est important à l’histoire des Québécois pour avoir fait le premier discours en français au parlement qui avec l’Acte d’union interdisait la langue de Molière dans la basse chambre du gouvernement. En réponse au député Dunn de Toronto qui contesta le discours de Lafontaine en français, ce dernier répondit avec un des discours les plus connus de l’histoire du Québec.
La construction ayant nécessité 250 000 mètres cube de béton au coût de 75 millions est inauguré le 11 mars 1967, que quelques jours avant l’ouverture de Terre des Hommes et de l’expo universelle. Daniel Johnson, alors premier ministre louangea avec le Maire Jean Drapeau lors de l’inauguration en grandes pompes l’ambition et le génie québécois. « Je ne veux pas dire que nous n’avons plus rien à apprendre, loin de là, mais j’affirme que nos réalisateurs du Québec sont beaucoup plus que des élèves » affirmait-il au journal Le Devoir dans son édition du 13 mars 1967. Malheureusement, il était impossible pour M. Johnson de savoir que quelques années auparavant, ce « génie » québécois avait inauguré des infrastructures comme le Pont Champlain et l’échangeur Turcot qui aujourd’hui, tombe en ruine et font peur aux utilisateurs.
Aujourd’hui, environ 140 000 véhicules par jour utilisent le Pont-Tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine qui est la seule traverse du Fleuve St-Laurent de juridiction provinciale et à ce jour est encore le tunnel sous-marin le plus long au Canada. 42 caméras de sécurité rejoignant un centre de contrôle ayant deux employés en tout temps assures la sécurité 24h, sept jours sur sept en plus de contrôler les niveaux de gaz, les génératrices de service et l’échange d’air dans quatre tours de ventilation, la rumeur veut que les tours soient une représentation symbolique des clochers de l’église de la Paroisse St-François-d’Assise démolie pour la construction du lien routier.
Dossier: Le Pont Jacques-Cartier, Partie 2
L’idée d’un casino sur l’île Ste-Hélène ne date pas d’hier, les rumeurs veulent que le Pont du Havre incorpore une salle de bal et un casino à même son pavillon. Lors de sa construction, un bâtiment art-déco qui se voulait un endroit pour événements a été construit à la hauteur de la rampe pour l’île. L’édifice a finalement été « emprunté » par l’armée à la venue de la guerre et le projet de casino ne s’est jamais concrétisé. L’endroit a également servi d’écurie pour la GRC, d’entrepôt et même de salon pour baigneurs au moment où une plage était disponible prêt du pont. Aujourd’hui, pour des raisons d’assurance, le pavillon reste vide et est nettoyé de temps à autres. Les assureurs, je crois, n’aimaient pas le détail que le toit de la structure est aussi le tablier du pont.

Le Pavillion du Pont. Photo par 3.3.0.
Originalement, le pont avait trois voies de circulation, les voies extérieures, équipé de rails, devaient accueillir le tramway, mais les rails n’ayant jamais servie furent retirées pour faire place à de nouvelles voies de circulation. La quatrième voies apparue en 1956 et la cinquième en 1959. Parmi les autres altérations survenue depuis sa construction, la rampe en aval a été ajoutée en 1961 pour l’Expo67 mais, plus important encore, en 1958 et 1959, le pont fut rehaussé de 40′ à 120′ entre les piles #9 et #10 pour faire place à la voie maritime alors en construction. Vous reconnaîtrez cette exploit d’ingénierie par la structure qui est au-dessus du tablier au lieu d’être en dessus.

Modifications de 1958-59
L’expropriation que Montréal a connus lors de sa croissance fulgurante serait presque inhumain aujourd’hui en 2011, seulement déplacer quelques familles pour l’échangeur Turcot fait un tollé médiatique. Les lois étaient quand même différentes et malgré plus de 170 familles de classe ouvrière déplacées du quartier Ste-Marie (aussi connu sous le nom de Faubourg à m’lasse) un homme et son usine de la rue De Lorimier fit changer les plans du pont et les lois concernant l’expropriation.
Hector Barsalou, co-propriétaire de la compagnie Les Savons Barsalou refusa catégoriquement les offres de la société responsable de la construction et les ingénieurs durent utiliser leur imagination et plusieurs millions de dollars pour modifier les plans de construction. L’accès au pont devait être originalement rue Bordeaux et fut déplacé, ce qui causa la « Courbe de la mort » et lui donna également le surnom de « Pont Croche ». L’usine situé aujourd’hui au 1600 De Lorimier est toujours debout et donne un pied de nez quotidien à tous les automobilistes qui empruntent le pont.
Une légende veut que les quatre tourelles de 13′ de haut et pesant plus de six tonnes au sommet de la structure soit un don de la France. La rumeur vient tout simplement qu’elles sont plus ou moins en forme de Tour Eiffel mais, elles ont toujours été sur les plans originaux et n’ont jamais eu aucune connexion à la mère patrie.
Le pont en chiffre; a coûté 23 millions à construire dont trois pour les frais d’expropriation. Il est long de 3,4 km et a nécessité 33 267 tonnes d’acier, 103 367 mètres cube de béton, 38 642 litres de peinture et quatre millions de rivets. Plus de 43 000 000 véhicules le traverse par année ce qui donne une moyenne d’un peu plus de 122 000 par jour. Le pont est fermé sur une base régulière pour les événements tels que le Marathon de Montréal et le concours international des Feux d’artifice de La ronde, Sans compter le nombre de gens qui veulent attirer l’attention en grimpant dans la super structure. Qui ne se rappel pas des événements de Fathers-4-Justice ?
À la saveur du moment, le Pont Jacques-Cartier a également son propre compte Twitter. Le pont Jacques-Cartier est le pont le plus photographié à Montréal et a surement sa place dans l’imaginaire des Montréalais pour les bonnes et les mauvaises raisons. Le prochain billet portera sur un rêve qui prit presque 90 ans à se réaliser. Le tunnel sous le St-Laurent.
Une traversée du Pont.
Dossier: Le Pont Jacques-Cartier, Partie 1
Contrairement à d’autres ponts de l’île, Le pont Jacques-Cartier n’a pas beaucoup de secret pour les Montréalais. Qui n’a jamais emprunté ce lien pour se rendre à l’île Ste-Hélène et Notre-Dame ou encore, l’utiliser comme point de vue pour les feux d’artifices annuels. Le pont Jacques-Cartier que vous l’aimiez ou non, est probablement une icône à la ville au même titre que la Place Ville-Marie et le Stade Olympique. De plus, je ne vous apprendrais rien sur sa toponymie qui vient de l’explorateur Jacques Cartier, premier européen à remonter le Fleuve St-Laurent jusqu’à Montréal. Je m’attendais donc à un court article, mais au fil de mes recherches, je trouvais de plus en plus de matériel, j’ai donc dû couper mon billet en deux. En voici donc la première partie.
L’histoire du pont est déjà assez connue, elle est disponible sur le site de la société des Ponts Jacques-Cartier et Champlain Incorporé. En résumé, dès le tournant du siècle, un nouveau lien devient nécessaire, vers 1920, Montréal compte un peu plus de 600 000 habitants et la nouvelle automobile d’Henry Ford est tellement peu dispendieuse, que la quantité de véhicule augmente à une vitesse fulgurante. Le feu de 1921 sur le Pont Victoria et les files d’attentes pour les traversiers rendent ce besoin encore plus évident. La première pierre sera donc posé en 1926 à quelque part au coin des rues Notre-Dame et Craig (St-Antoine aujourd’hui) face à l’ancienne prison du Pied-du-Courant. Cette pierre qui aujourd’hui, est une parmi tant d’autres, contient 59 objets du moment. Ça va de copies de journaux, des billets de banque ou des photographies de Montréal. (liste complète)
Il est important de noter qu’à ce moment dans l’histoire, le vieux port de Montréal est tout simplement connu sous le nom de… port de Montréal (il n’était pas vieux encore) et est un centre névralgique de l’industrie Montréalaise. Le Pont Victoria se situe juste à l’ouest de ce dernier, il est donc logique de boucler le chemin entre la rive-sud et le centre-ville de Montréal en installant le pont à l’est du port, créant une cicatrice au beau milieu du « Faubourg à m’lasse ». La construction du pont fût un des premiers événements d’expropriation dans ce cartier défavorisé entièrement disparu de la carte de la ville quelques décennies plus tard lors de la construction de la Maison Radio-Canada dans les années 50 et 60.

Source: Inconnue
L’inauguration du lien que l’on nomme Pont du Havre à ce moment est tiré directement de la science fiction quand le Premier Ministre William Mackenzie King (Le gars sur le billet de 50 $), après un discourt téléphonique, appuya sur un bouton directement de son bureau Ottawa pour faire tomber un Union-Jack découvrant la plaque commémorative à Montréal. À son ouverture, le pont est alors payant, par exemple, 15 cents pour un piéton ou un cycliste, 25 cents par automobile et 15 cents pour chaque passager additionnel et jusqu’à 1,50$ pour un véhicule lourd. Il restera payant jusqu’à l’abolition du péage en 1962. Le bâtiment de péage peut encore être vu à l’entrée du pont côté rive-sud, il sert aujourd’hui au personnel de l’entretien.
Suite à une pétition lancée par le journal Le Devoir, le Pont du Havre change officiellement de nom en 1934 pour Pont Jacques-Cartier en commémoration du 400e de la découverte du Canada par Ti-Jacques lui-même. Le buste de bronze de l’explorateur offert par la France et dévoilé en grande pompe, peut-être admiré aujourd’hui sur le tablier du pont à la sortie de l’île Ste-Hélène.
Le pont à aussi eu une mauvaise réputation, pendant une très grande partie de sa vie, le pont est reconnu comme un pont à suicide. Avant l’installation de la barrière en 2004, le pont est bon deuxième en Amérique du nord. Dans les années 80, 90 et 2000, nous pouvions compter jusqu’à une dizaine de suicides par année avec des dizaines de tentatives, un compte plutôt triste qui n’était battu que par le mythique Golden Gate Bridge à San Francisco. Depuis l’installation de la clôture que nous voyons encore aujourd’hui, cette moyenne a réduit énormément et ne compte que 2-3 réussites par année sur seulement une douzaine de tentatives. Sa victime la plus célèbre fut sûrement le cinéaste Claude Jutra (Mon Oncle Antoine, Kamouraska) qui, diagnostiqué de la maladie d’Alzheimer pris la décision de s’enlever la vie le 5 novembre 1986 en sautant du Pont Jacques-Cartier.
Le pont est rempli de légendes urbaines et de petits détails uniques, seulement ces recherches ce sont avérés fascinantes et ce sera la deuxième partie de cet article sur le Pont Jacques-Cartier.
Dossier: Le Pont Victoria
Les coups de canons annoncent l’arrivée du Prince, qui, avec sa suite, grimpant les marches de la plateforme pour s’incliner modestement à la foule immense qui l’acclamait vigoureusement. Il ne fut là que quelques minutes lorsque Joshua Hodges, ingénieur en chef de la construction, lui remit une truelle d’argent et lui demanda de procéder à l’inauguration. Avec un regard interrogateur, le Prince rempli sa truelle de mortier à partir d’un seau à proximité et très soigneusement et consciencieusement se mit à étendre le long de l’espace et avec un regard intéressé, vu l’abaissement en place de l’immense pierre. Ceci étant fait, il emprunta de la main d’un préposé, un maillet de bois, qui pour la foule avait l’air d’un meilleur outil et frappa trois coups consécutifs sur le bloc de granit et la cérémonie pris fin. Sans parole, sans cavalerie sans coup de canon et aucun affichage de tout genre, il me semble que cette cérémonie qui a officiellement conclu un des plus beaux monuments de compétence en science mécanique et d’ingénierie disponible sur la planète était loin d’être solennelle et imposante tel que cela aurait dû l’être. Anxieux et voulant donner à Albert Edward tout le crédit qui lui revient, je suis contraint de dire que, étant donné l’ampleur de l’occasion, les procédures ont été beaucoup trop brève, trop peu impressionnante et très très loin de ce que l’importance de cette entreprise méritait.
Ce paragraphe traduit de l’immense article paru dans le New-York Time le 27 août 1860 présente la courte cérémonie d’inauguration du Pont alors nommé Victoria par le Prince de Galles, Albert Edward qui fut envoyé par sa mère, la Reine Victoria elle-même qui refusa l’invitation. Le Prince devint plus tard Roi d’Angleterre de 1901 à 1910 sous le nom d’Edward VII.
Alors un pont tubulaire, à son ouverture en 1859 le Pont Victoria était le plus long pont du monde avec 2km environ. Financé par la Grand Trunk Railroad et construit en Angleterre, le pont devient le premier lien permanent entre l’île et la terre ferme, si nous ne comptons pas le petit pont de bois qui traverse vers l’île Jésus à la hauteur de Cartierville dans le nord de la ville, pont que nous parlerons plus tard et aujourd’hui connu sous le nom de Pont Lachapelle.
Exclusivement pour le train jusqu’en 1898 quand le tube fut remplacé, sans être fermé à la circulation ferroviaire, par le pont à charpente d’acier que nous connaissons encore aujourd’hui. Le pont fut alors rebaptisé Pont Victoria Jubilee Bridge pour finalement revenir à Pont Victoria en 1978 par la commission de toponymie du Québec. Lors de la construction de la voie maritime, le pont vît une nouvelle section vers St-Lambert s’ajouter à ce qui était déjà présent. Fait à noter que presque 153 ans plus tard les piliers sont plus ou moins restés inchangés depuis sa construction originale.
Aujourd’hui, le pont est opéré et entretenu par le C.N. et est utilisé par ces trains de marchandise mais également par Via Rail et Amtrak pour les passagers. Sur les voies routières de chaque côté du chemin de fer à sens unique deux fois par jour, l’achalandage est estimé à près de 9000 véhicules aux heures de pointe.
Le 22 août 1920, un feu ferme le pont à la circulation routière pour une période de presque huit jours, huit jours de calvaire où les files interminables au traversier naval de Longueuil poussa les autorités de la période à penser sérieusement à un nouveau lien traversant le fleuve vers la rive-sud de Montréal. En 1924 les fonds nécessaires à la construction d’un nouveau pont sont libérés.
Prochain arrêt, le Pont Jacques-Cartier.
Lien intéressant:
Musée McCord: Le Pont Victoria










