Bienvenue M. Coderre, mais…

En 2009, je vous écrivais le lendemain des élections municipales que Montréal se réveillait avec la gueule de bois, un lendemain-de-veille un peu difficile à digéré avec un Maire Tremblay qui avait eu une dernière chance. On se demandait un peu ce qui s’était passé, un peu comme quand on se réveille dans une chambre à coucher d’une inconnue et qu’on ne se rappelle pas où on a enlevé son pantalon. En d’autres mots, on s’était fait f*****r.

En rétrospective, nous avions raison puisque quelque mois plus tard, les scandales commencèrent à faire les manchettes et depuis, cela a coûté l’emploi à 2 maire. En 2009, nous nous sommes fait avoir, mais, en 2013, on savait exactement dans quoi on s’embarquait. Les sondages avaient déjà nommé le Maire Coderre, une étoile montante (et peut-être filante) vole la vedette et le chef de Projet Montréal n’a toujours pas trouvé sa place sur la marche principale du podium…. ah oui j’oubliais et Marcel Côté. Ce lundi matin, Montréal se réveille donc entièrement en connaissance du résultat.

Les Montréalais criaient aux changements et pourtant, j’ai l’impression d’être retombé dans le même créneau. Le québécois moyen est une race plutôt bizarre, il crie haut et fort qu’il veut un renouveau, du changement et va réélire sept anciens maires d’Union Montréal (Anjou, Lachine, Lasalle, MTL-Nord, Outremont, St-Laurent, St-Léonard). Sur 19 arrondissements, c’est quand même près du tiers de la population qui n’ont tout simplement pas compris ce qui s’était passé dans les deux dernières années. Je sais, il ne faut pas trouver coupable par association, mais tout de même, faut avoir un peu la tête dans les nuages. Il ne faut même pas être surpris, que « Le Parrain » Vaillancourt aurait probablement été réélu sur l’île Jésus. Du même coup, parlons quelques lignes sur le faible taux de participation des électeurs. Le maire d’une ville de 1.65 millions de citoyen a été élu avec seulement 149 467 votes en sa faveur. c’est-à-dire que c’est moins de 11% de la population qui auront voté pour la personne qui prendra les décisions affectant le plus directement leur vie au quotidien, si c’est cela la démocratie, il est grand temps de mettre le vote obligatoire.

Monsieur le Maire vaut mettre et ce rapidement, un contrôle anticorruption et à ça je dis Bravo, mais malgré ce que les nouvelles TVA essaient de vous faire croire, il n’y a pas que la corruption à Montréal. Il y a le transport, l »analphabétisme, la propreté, les taxes, les nids-de-poule, les fonds de pension des cols de la ville et Coderre n’a pas beaucoup de temps pour faire le ménage dans tout ça. Oui il a quatre ans, mais les gens n’auront pas la patience d’attendre et ne donnerons pas une minute de répit au nouvel arrivé.

Il n’aura pas la vie facile n’ont plus et devra jouer ces cartes en conséquence. Les équipes de Côté, Joly et Bergeron auront quand même fait élire plusieurs de leurs membres et la ligne de partie devra plaire à tous et à toutes. Montréal ce sont des arrondissements tout aussi différents l’un des autres. Admettons sans mentir que Outremont et Hochelaga n’ont pas tout à fait la même clientèle et que le Plateau et que Pierrefonds-Roxboro n’ont pas la même vision de l’automobile. Je l’avoue, j’étais de ceux qui auraient préféré ne pas voir Denis Coderre dans cette position, mais maintenant qu’il est bien en selle, j’accepte l’arrivée de notre bon Maire, mais comme plusieurs éditorialistes ont déjà mentionnés. Les 103 élus devront laver plus blanc que blanc, être plus transparent que Casper le fantôme et plus ouvert à la discussion entre eux.

C’est une nouvelle aire qui débute et de toute façon, je ne crois pas que nous pouvons aller plus bas. M. Jean Drapeau a déclaré dans les années 70 quand Toronto a dépassé Montréal en population et comme capitale financière du Canada, « Laissez Toronto devenir Milan, Montréal sera toujours Rome ». Aujourd’hui, en 2013, il est temps de s’assurer que l’on ne devient pas Venice et que l’on ne coule plus!

Écrit par :

Amoureux de Montréal, fasciné par l'histoire de la ville, son urbanisme et sa toponymie, ni historien ni spécialiste du sujet. Martin aime trouver des réponses aux questions qui sont posées. Les billets que vous lisez ne sont que les résultats de la quête vers des réponses et le besoin de partager.